Dernier conseil municipal de la mandature

Publié le Publié dans Elections municipales de 2014

11 février 2014 – Intervention de Brigitte Hû

Monsieur le Maire,

Ce conseil municipal est donc le dernier de votre deuxième mandature.
On peut dire qu’il symbolise en quelque sorte la fin des 13 années que vous avez passées à la tête de notre ville.

Votre équipe vient de nous faire une présentation du budget de la Ville de Brest qui est devenue, il faut bien le dire, une coquille vide au bénéfice de BMO et malgré une certaine santé financière apparente, le reste ne suit pas et je crois que les Brestois ont fait le tour du socialisme municipal.

Sur le critère très parlant de la démographie, constatons simplement qu’en 25 ans beaucoup d’habitants sont partis sous d’autres cieux. 9 000 sous votre seul mandat. On peut en déduire que vous n’êtes pas un maire aphrodisiaque comme Monsieur DELANOE.

Peut-être ces Brestois ont-ils été exaspérés de constater le mépris avec lequel vous les traitiez ? Quand en 1990 à plus de 80 % – chiffre significatif s’il en est – ils rejetaient le Tramway et que vous le leur imposiez malgré tout quelques années plus tard !
Cette fameuse première ligne de Tramway, vous nous l’aviez vendue en promettant qu’elle changerait la ville. Sur ce point au moins vous ne vous êtes pas trompé, le résultat est éloquent : un centre-ville déboussolé, vidé de ses promeneurs et de ses clients, qui privilégient désormais les zones péri-urbaines au commerce de proximité.
Oui, le Tramway est un bel outil, très cher aussi.
Pourtant la catastrophe que représente le haut de Jaurès symbolise à elle seule le flop de ce projet.
Un TCSP n’est pas une infrastructure capable, d’un coup de baguette magique, de modifier la dynamique de tout un territoire. Il faut l’accompagner avec une politique volontariste, notamment en direction de ceux qui créent de l’activité. Au risque, sinon, d’en faire un luxueux tortillard qui tourne à vide.

Évidemment, encore faut-il pour cela savoir respecter les commerçants, ouvrir le dialogue avec eux, chercher à comprendre quelles sont leurs attentes et leurs besoins.
Et à cet égard, il suffit d’écouter les attaques verbales répétées de votre directeur de campagne, Alain Masson, pour saisir tout le mépris de votre majorité à leur égard.
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Autre aspect qui explique cette perte de 9 000 habitants sur vos deux mandats : votre incapacité à susciter la création d’emplois plus ou moins qualifiés pour les jeunes Brestois.
Là encore, les possibilités ne manquent pourtant pas, que ce soit dans le cadre d’une politique active pour attirer des entreprises extérieures ou par le biais du levier fiscal. Dans un territoire excentré, souffrant d’un lourd handicap géographique, il faut savoir impulser des politiques innovantes en direction de ceux qui créent de l’emploi d’abord.
Ce sujet doit être la priorité des priorités pour les prochaines années.
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Il ne suffit pas, Monsieur le Maire, de faire sortir de terre des projets pharaoniques pour marquer une ville de son empreinte. Comme vos patrons visent à « déconstruire les répères sexués » (E. Veugnol. Ecrivain), vous visez à déconstruire l’identité de Brest depuis des années et vous plumez le centre ville de ses atouts.  A la place vous nous promettez des téléphériques qui se balancerons au gré du vent.
Les Brestois, préoccupés par la situation de l’emploi, par l’avenir de leurs enfants, et les problèmes d’insécurité grandissants ont un peu le sentiment que vous les délaissez au profit d’un jouet spectaculaire et couteux.

Et que dire de vos fêtes onéreuses et cache misère qui sont dans la vie de vos concitoyens autant de pétards mouillés.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que votre communication sur ce dossier ne passe pas.
On ne gouverne pas contre le peuple mais avec lui et pour lui.  Saurez-vous entendre, sur ce dossier, ses inquiétudes ?
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L’insécurité, parlons-en. En 25 ans, le bilan est clairement catastrophique.
Les chiffres le confirment mais est-il vraiment besoin des chiffres pour constater ce que chacun peut observer de visu ? Incivilités, agressions verbales et physiques, dégradations, vols et trafics en tous genres.
Le symbole le plus parlant c’est évidemment le commerce de drogue à ciel ouvert qui se déploie sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, à quelques mètres d’ici.
Combien de fois avons-nous pris le temps de vous mettre en garde et de vous demander d’agir pour faire cesser ces situations inacceptables ?
Combien de fois avons-nous demandé que vous utilisiez enfin, de façon forte, votre pouvoir de police pour impulser une politique anti-criminalité d’autant plus nécessaire que la situation n’est pas encore désespérée ?
La hausse de 38 % des vols avec violence, la nuit, sur l’axe Jaurès-Siam ne vous semble-t-elle pas suffisante ? Attendez-vous qu’elle passe à 100 % avant de réagir ?
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Monsieur le Maire, vous disposez de tous les leviers pour agir. De tous les soutiens, dans un département de gauche, dans une région de gauche, dans un pays géré par la gauche.
Vous n’avez donc pas d’excuses pour justifier vos échecs en matière de criminalité galopante, de pertes d’emplois ou de commerces malmenés.

Gageons que les Brestois sauront exprimer dans les urnes leur volonté de changement, salutaire pour notre ville autant que pour une majorité socialiste usée jusqu’à la corde.

Je vous remercie.