Un budget prévisionnel 2014 en trompe l’oeil !

Publié le Publié dans Elections municipales de 2014

Marc Berthelot, équipier de Bernadette Malgorn pour les prochaines élections municipales,  s’est exprimé en ces termes lors du Conseil municipal du  11 février 2014:

Monsieur le Maire,
Chers Collègues,

Le BP qui nous est présenté ce soir est un budget logique en période électorale, un budget qui se veut de transition, sans aspérité.
En réalité derrières les satisfécits que vous vous octroyez, ce budget m’arrive plus à masquer les réalités des Brestois et l’impasse financière dans laquelle vous nous avez conduit.

Non vraiment il n’y a pas de quoi se réjouir.
Que constate-t-on ?

 1. CONCERNANT LA SITUATION FINANCIERE : SECTION FONCTIONNEMENT

1/ Que les recettes croissent moins vite (+ 1,4 %) que les dépenses (+ 3,6 %)
Quelles en sont les conséquences ?

a) une très forte dégradation des soldes intermédiaires de gestion, donc de notre épargne :
l’Epargne de gestion : – 13,7 %
l’Epargne brute : – 14 %
l’Epargne nette : – 10 %
Brest s’appauvrit et n’a cessé de s’appauvrir au cours de votre mandat.

b) dans le même temps, et consécutivement, l’encours de la dette ne baisse plus : variation prévue de – 1 M€. Voila encore un sujet d’inquiétude pour l’avenir car, et vous le savez, ce phénomène n’est pas conjoncturel…. et la
situation ne va faire que s’aggraver.
Le budget 2015 connaîtra les mêmes difficultés (diminution de la DGF du même ordre), avec, si nous
n’y apportons
  pas   rapidement et énergiquement remède, les mêmes conséquences.

2/ Que constate-t-on encore ? Un fort accroissement, la poursuite devrais-je dire, de la pression fiscale.

a/ Le produit des impôts et taxes 84,5 M€ soit + 2,3 %, alors que l’inflation est aujourd’hui de 0,8 % en rythme annuel.
b/ Le produit de la fiscalité directe (Habitation, foncier bâti, foncier non bâti) 75,1 M€ soit +1,5 %, alors que l’inflation est, encore un fois, aujourd’hui de 0,8 % en rythme annuel.
De 2008 à 2013, Monsieur le Maire, sur la durée de votre mandat, la pression fiscale aura augmenté de 23 % alors que l’inflation n’aura été que de 10 %… soit une pression réelle pour les foyers fiscaux de 13 %.

Décidemment, vous ne vous arrêterez donc jamais !!! Sauf si on ne vous arrête.
Je sais, je sais, sur ce sujet comme sur d’autre (la sécurité notamment) ce n’est pas de votre faute… ce n’est jamais de votre faute… ici ceux sont les bases d’imposition qui augmentent.

Et vous n’y pourriez rien ? Pourquoi ne pas avoir tout simplement consenti une baisse des taux pour au moins stabiliser la pression fiscale sur le contribuable ?

3/ mais si c’était tout !

Hélas il est illusoire de penser que les taux d’intérêt ne vont pas remonter et par conséquent le poids du financement de la dette (qui ne baisse plus) va encore s’alourdir mécaniquement.

Bien gouverner c’est prévoir… et vous n’avez pas prévu…
D’autant que l’on doit encore déplorer une autre réalité…..

2  SITUATION FINANCIÈRE SECTION INVESTISSEMENT

….L’équilibre financier de la section d’investissement est obtenu par un recourt accru à l’emprunt de 5,8 M€ en 2014 contre 1,5 M€ en 2013.
Il n’y a aurait donc pas d’alternative, soit les impôts et les emprunts augmentent, soit ce sont les investissements qu’il faut supprimer.
Il faut que notre collègue Jean Luc POLARD soit, il l’est en vérité, un bon acteur pour afficher l’optimisme qui est le sien…

3 ENGAGEMENTS HORS BILAN

Car la réalité de la situation de la ville, et il en va de même à BMO, n’est en réalité pas celle que vous annoncez et là encore vous le savez très bien.

L’encours de dette de la ville est ainsi que vous l’annoncez de 59,9 M€, c’est vrai…. mais ce que vous omettez de dire c’est que le montant des garanties d’emprunts accordés par Brest est de 166,9 M€….. Soit trois fois le montant de l’encours de la dette de la ville.
Le montant global réel des engagements financiers de la Ville est donc en réalité de 246 M€ soit quatre fois le montant de l’encours de dette de la ville.

Dans le contexte économique actuel, quand on regarde la structure et la solidité de certaines des structures garanties, le risque financier, directement et uniquement porté par le ville, donc par chaque brestois, est réel.
Il y a urgence à reconsidérer aussi cette politique de la garantie d’emprunt systématique qui conduit à une telle prise de risques financiers pour la Ville et donc pour chacun des Brestois !

On est donc loin, bien loin, d’une gestion prudente !!!
Vous nous avez mis au fond du sac et vous n’avez aucune solution pour nous en sortir.
Bel héritage en vérité que vous nous avez préparé là.

La situation, pour ce que nous en percevons est en vérité des plus préoccupantes et il est de notre responsabilité de le faire savoir aux Brestois… seul un audit sérieux pourra nous en confirmer l’ampleur.
Ce n’est que par une gestion rigoureuse, en maîtrisant les budgets, en supprimant les dépenses inutiles ou disproportionnées (un, et maintenant deux téléphériques par exemple), que nous rétablirons une situation saine, assurant le maintien des services à la population, tout en stoppant la hausse des impôts.

Je vous remercie.