Conseil municipal : une vision étriquée de la démocratie

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La séance du conseil municipal du 6 novembre 2014 a donné lieu  à un exercice « tronqué »  en matière de dialogue démocratique à Brest.
 
Alors que la moitié des délibérations (douze sur vingt-quatre) soumises au vote des conseillers municipaux  portait sur des dossiers conjoints entre la Ville de Brest et Brest métropole océane, M. Cuillandre a refusé que l’on évoque dans l’enceinte municipale deux dossiers majeurs (le projet TGV et le projet du téléphérique ) qui intéressent pourtant au premier chef  les Brestoises et les Brestois, au motif que ces dossiers sont d’intérêt communautaire !
 
Vision étriquée et  très contestable d’une démocratie municipale, celle où les  nouveaux  élus brestois,  issus des urnes en mars 2014,  n’ont pas le droit de débattre en Conseil des sujets qui dérangent le maire-président et ses amis.  Par contre, ces mêmes  élus de gauche accorderont un droit aux Brestois sur le téléphérique – mais ce sera le  seul –  celui de payer ce  projet pharaonique  !
 
Eh bien NON,  M. le maire  vous ne ferez pas taire les élus du Rassemblement Pour Brest, qui représentent près de la moitié des électeurs de notre ville et qui  portent une autre vision pour l’avenir de Brest et de BMO. 
Bernadette MALGORN, présidente des élus du Rassemblement Pour Brest et Claudine PERON, conseillère municipale sont intervenues  pour faire entendre, malgré tout,   la voix  de celles et ceux qui ont une autre vision pour l’avenir de Brest et de BMO.
 
Car en fait, sur le projet du téléphérique la manoeuvre  de l’équipe Cuillandre c’est le passage en catimini, en  évitant que l’on en parle en conseil municipal et si possible  en conseil de BMO…, le plus loin possible des élus,  plus loin encore des citoyens et de la presse. 
Ce sera donc  à huis clos, dans le cadre feutré  du Bureau communautaire du 14 octobre 2014, – instance où ne siège que les vice-présidents, les maires  et quelques élus de BMO  (dont heureusement  la présence de  Bernadette MALGORN, Bruno SIFANTUS et Rémi HERVE, élus  du RPB) – que le président de BMO s’apprête à engager  le marché de conception réalisation  du téléphérique  pour un premier  montant de  15,4 Millions d’euros  !
 
15,4 Millions d’euros  et pas  le droit d’en débattre ?  
 
Voici dont la teneur des propos de Bernadette MALGORN et Claudine PERON  que les Brestoises les Brestois sont en droit de connaître et qu’ils n’ont pas eu la possibilité de consulter dans la presse.
 
S’agissant du projet de contribution de Brest au débat public ferroviaire Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire ( LNOBPL), pour Bernadette MALGORN  la Grande Vitesse ferroviaire reste la priorité pour Brest
 
Bernadette MALGORN et les élus du Rassemblement Pour Brest considèrent que le projet de mettre la pointe bretonne à trois heures de Paris ne peut se résumer en une analyse comptable de minutes gagnées au regard de l’investissement effectué, mais qu’il s’agit bien d’un projet qui engage l’avenir économique de toute une région et notoirement de Brest.
 
DSC_3421Depuis le mois de septembre se déroule en Bretagne le débat public sur le projet de création de lignes nouvelles LNOBPL. Officiellement si l’objectif de mettre Brest et Quimper à trois heures de Paris n’est pas remis en cause, le dossier du maître d’ouvrage présente de nombreuses ambiguïtés et contradictions.
D’abord sur les délais. Le site internet de la CNDP laisse croire à une mise en service des lignes nouvelles à l’horizon 2030. La lecture du dossier nous donne une toute autre version.Dans la synthèse du dossier page 6, avec un petit astérisque, et ils sont nombreux et importants dans ce document, on lit « à la suite des conclusions de la Commission mobilité 21, le projet LNOBPL a été confirmé par le Premier ministre lors de sa présentation du plan Investir pour la France le 9 juillet 2013 et programmé en seconde priorité (projets à engager après 2030) ». La programmation est bien renvoyée après 2030 pour une mise en service entre 2040 et 2050.

Par ailleurs, le maître d’ouvrage révèle dans le rapport complet page 60 : « que le réseau ferroviaire sera plus performant, à l’horizon 2020 mais que son potentiel d’évolution n’en demeurera pas moins limité. En effet celui-ci sera au maximum de ses performances ». Concrètement, dans cinq ans le réseau ferroviaire breton sera saturé et il faudra attendre 20 ans voire 30 ans avant que des travaux soient envisagés pour atteindre Paris en trois heures au départ de Brest et Quimper.

Ensuite, sur la nature des travaux envisagés. Le dossier du maître d’ouvrage annonce sur la période 2015/2030 « un grand plan de modernisation du réseau ». Or, on nous dit depuis 2012, à la suite de l’étude RFF/SETEC que la modernisation du réseau ne permettra pas de nouveaux gains de temps significatifs. Quels sont ces travaux annoncés ? Alors que la phase 1+ est en voie d’achèvement, comme vous l’annoncez dans vos orientations budgétaires, quelles sont vos intentions ?carte TGV  bleu

Par ailleurs, nous nous interrogeons une nouvelle fois sur la méthode retenue pour réaliser les bilans socio-économiques du projet. Quant aux études d’accessibilité, qui au-delà des minutes gagnées, mettent en perspective le bénéfice de la grande vitesse sur l’ensemble du territoire, pourquoi ne sont-elles pas annexées au document mis en débat public ?

Le Rassemblement Pour Brest  demande, comme  l’a fait Bernadette MALGORN  lors du débat public  à Brest le 17  septembre dernier, d’obtenir la jonction de ce document au débat.

Enfin, Bernadette MALGORN se déclare favorable  à ce que Brest  verse un cahier d’acteur au débat public pour affirmer les ambitions de Brest et au delà de l’ensemble du Pays de Brest en matière ferroviaire, en recherchant le plus large consensus possible des acteurs politiques et économiques  sur le projet LNOBPL.  Les élus du  Pour Brest  sont prêts à y apporter leur contribution.

 S’agissant du projet du Téléphérique  pour Claudine PERON « Brest va essuyer les plâtres » !
photo 2 (1)En propos liminaires, l’évocation d’un dossier qui n’est pas à l’ordre du jour du conseil municipal mais qui est d’actualité puisqu’il a fait l’objet d’un colloque cette semaine à Brest. Il s’agit du transport aérien par câble en milieu urbain.Le Conseil municipal n’a pas le pouvoir de décision sur ce sujet, néanmoins il concerne directement les Brestoises et  les Brestois. Le choix du constructeur est prévu le 14 novembre en Bureau du conseil communautaire. Déjà nous vous interrogeons : pourquoi en réunion de Bureau et pas en Conseil métropolitain, compte tenu de l’importance du sujet ?Certes sur le papier la présentation du téléphérique apparaît sympathique : l’aspect ludique des cabines agréablement « désignées » survolant un paysage remarquable est séduisant.Mais la concrétisation de ce dispositif est beaucoup plus complexe et aléatoire que la présentation qui en est faite.En effet, lors du Colloque sur les transports par câble aérien en milieu urbain les différents intervenants ont mis en exergue les nombreuses interrogations que suscite encore aujourd’hui ce mode de transport :

  • Actuellement le cadre juridique n’est pas adapté et devra faire l’objet d’une réglementation avec un temps administratif qui n’est pas celui du projet ;
  • Pour la maintenance et l’exploitation tout est à concevoir en fonction du modèle retenu ;
  • Se posent également les questions liées aux arrêts techniques, aux aléas climatiques et aux coûts induits ;
  • Les questions de sécurité sont à préciser (évacuation par corde/nacelle) ;
  • Les coûts de fonctionnement ne peuvent être actuellement véritablement chiffrés (selon l’un des participants 99,9 % des municipalités découvrent !).

Est-il besoin de rappeler que ces coûts de fonctionnement s’inscrivent dans un contexte de restriction budgétaire drastique.

Votre estimation première était de 15 millions d’euros. Aujourd’hui vous annoncez une enveloppe à hauteur de 19 millions d’euros. Quid demain ?

  • De plus, et ce n’est pas la moindre des interrogations, le financement de l’investissement lui-même n’est pas assuré, puisque les subventions ne sont pas accordées à ce jour et leur montant reste hypothétique.

Par ailleurs le succès d’un tel projet repose sur plusieurs critères. Ceci est clairement évoqué par plusieurs personnes à l’occasion de cette journée de réflexion :

  • Il faut qu’il n’y ait pas d’autre alternative ;
  • Il faut une fréquentation des usagers, quotidienne et nombreuse ;
  • Il faut aussi que ce soit un succès sur le long terme. Le choix de votre projet sera-t-il encore d’actualité dans quelques années lorsque La Penfeld sera devenue plus accessible, permettant un accès facilité au Plateau des capucins ?
  • Il faut que la population soit impliquée et pour le vérifier il existe des moyens légaux.
  • Et il y a nécessité d’un consensus politique. Sur ce point nous avons déjà exprimé nos réserves dans le cadre de notre programme pour les élections municipales et aujourd’hui à l’éclairage de ce Colloque nous sommes encore plus opposés à ce projet.

« Brest va essuyer les plâtres »

Notre ville va connaitre les aléas dus à l’installation et à la mise en service d’un matériel, d’une maintenance et de coûts de fonctionnement mal maîtrisés et sous-évalués.

Vous prenez un pari, mais vous faites prendre le risque au Brestoises et aux Brestois et ce sont eux qui paieront.

 

STOPTRES CHER TELEPHERIQUE  ( fiche synthèse du programme municipal  de Bernadette Malgorn  – mars 2014)

Un projet complexe : difficile à mettre au point dont « tous les aspects, notamment techniques, ne sont pas définis » relève l’Autorité Environnementale le 30 décembre 2013

Inopportun : Aujourd’hui le tramway dessert déjà le quartier des Capucins, relié en 6 mn ; les 675.000 passagers annuels annoncés relèvent de la plus grande fantaisie.

Un projet mal étudié : « L’Autorité environnementale recommande de compléter l’étude d’impact afin de pouvoir compléter les impacts de l’ensemble du programme de travaux sur l’environnement. Il convient de noter par ailleurs que, ses avis n’étant pas conclusifs, il est abusif de qualifier l’avis qu’elle a rendu sur le projet de réalisation de la ZAC des Capucins, le 20 janvier 2011, de « favorable.» (page 13 de l’étude d’impact).

Très cher : son prix est passé « officiellement » de 15 millions d’Euros (le 6 juillet 2012) à 16,5 millions d’Euros le 25 septembre 2012 et atteindre aujourd’hui, avant tout commencement de travaux 20 millions d’€uros… auxquels s’ajoutent les coûts de maintenance : 600.000 € par an déjà avoués. Ce sont les entreprises, déjà lourdement taxées, qui le financeront par le biais du versement transport… et des subventions qui restent hypothétiques.

L’étude d’impact précise que la réalisation de la station »Siam-Centre-Ville » va générer l’excavation de 8.000 m3 de terre (la partie enterrée correspond à une hauteur de 10m environ sous le niveau actuel de la voirie) qui seront utilisés dans la mesure du possible, sachant qu’une grande partie sera impropre à la réutilisation. » (Autorité environnementale).