Téléphérique : un investissement gadget

Publié le Publié dans Cadre de vie, Développement économique et attractivité
rémi Hervé, Philippine d'Avout, Bernadette Malgorn, Véronique Bourbigot, Claudine Péron et Bruno Sifantus, élus du Rassemblement Pour Brest
rémi Hervé, Philippine d’Avout, Bernadette Malgorn, Véronique Bourbigot, Claudine Péron et Bruno Sifantus, élus du Rassemblement Pour Brest

Les élus du Rassemblement Pour Brest tenaient un point-presse  vendredi 14 novembre sur le projet du téléphérique. Une occasion de rappeler l’opposition des élus  à cet investissement gadget, à un moment où les finances publiques sont de plus en plus contraintes.

Bernadette MALGORN, présidente du groupe entourée de Bruno SIFANTUS, Claudine PERON, Rémi HERVE, Véronique BOURBIGOT et Philippine d’AVOUT  ont démontré   à nouveau l’inutilité d’un tel projet pour Brest, qui ne répond en rien à l’attente et aux besoins des Brestois.

Le Bureau communautaire du 14 novembre 2014 devait  examiner puis se prononcer sur la délibération autorisant le Président de Brest métropole océane à signer le marché de conception-réalisation du téléphérique urbain pour un montant de 15 468 374,30 euros TTC.

Ainsi, les élus issus des urnes en mars 2014 n’ont pas eu à en débattre publiquement ni en conseil municipal ni en conseil communautaire. Le maire de Brest a refusé ce débat public lors du dernier conseil de la Ville, le 6 novembre dernier. C’est donc dans la seule enceinte du Bureau communautaire, loin de la majorité des élus, de nos concitoyens et de la presse que ce débat aura lieu à huis clos pour un projet essentiel pour Brest et les Brestois.

Ce projet méritait pourtant un vrai débat démocratique avec l’ensemble des conseillers communautaires des huit communes qui composent BMO et en tout cas – compte tenu des sommes en jeu – un autre traitement que celui retenu par M. Cuillandre.

Le récent colloque « Transport par câble en milieu urbain » du Groupement des Autorités Responsables de Transport (GART) qui s’est tenu à Brest le 4 novembre dernier au Quartz a montré que plus que des réponses apportées ce sont des questions qui sont posées sur ce dossier.

Les différents intervenants ont mis en exergue les nombreuses interrogations que suscite encore aujourd’hui ce mode de transport :

– le cadre juridique qui n’est pas adapté et devra faire l’objet d’une réglementation avec un temps administratif qui n’est pas celui du projet ;

– la maintenance et l’exploitation où tout est à concevoir en fonction du modèle retenu ;

– les questions liées aux arrêts techniques, aux aléas climatiques et aux coûts induits ;

– les questions de sécurité (évacuation par corde/nacelle) ;

– les coûts de fonctionnement ne peuvent être actuellement véritablement chiffrés mais qui s’inscrivent dans un contexte budgétaire contraint.

L’estimation première était de 15 millions d’euros. Aujourd’hui cette enveloppe s’élève  à hauteur de 19 millions d’euros. Quid demain ?

–          De plus, et ce n’est pas la moindre des interrogations, le financement de l’investissement lui-même n’est pas assuré, puisque les subventions ne sont pas accordées à ce jour et leur montant reste hypothétique.

les élus RPB lors du petit-déjeuner presse du 14 novembre 2014
les élus RPB lors du petit-déjeuner presse du 14 novembre 2014

Pour les élus du Rassemblement Pour Brest , trois axes d’interrogation sont posés :

 1/ Le besoin de desserte aérienne du Plateau des Capucins ?

  • Le besoin de liaison aérienne n’est pas avéré dans l’immédiat. La solution proposée par Brest métropole océane ne transporte que des piétons (mono mode). Il s’avère plus à vocation touristique qu’utilitaire.
  • Répond-t-il au besoin, réel lui, de fluidification des échanges courants entre rive gauche et rive droite, tous modes concernés ?
  • Ce mode de transport aurait dû être comparé avec des solutions répondant au même besoin.
  • Un propriétaire unique (Mindef – Ministère de la Défense) mais pas d’examen partagé approfondi du contexte (avenir Penfeld) – (mêmes règles à ce stade que lors de la guerre froide !)
  • Une exigence de tirant d’air exorbitante (plus de 50m, et un pylône de 85m).
  • Un ministère de la Défense confronté à de sérieuses difficultés budgétaires, et qui aura des difficultés majeures avec l’entretien de ses infrastructures, dans un contexte de surcapacité de bassins à Brest.
  • Un changement de donne en Juin (désaffectation d’une voie ferrée) qui a obligé à un nouvel appel d’offres : quid si cela était survenu après le choix d’un concepteur réalisateur ? Quid si un nouveau changement survient ?
  • Pas d’urgence de fait compte tenu de la lenteur du projet des Capucins, et des incertitudes sur le rythme de commercialisation (retard multiplexe…, mise en service annoncée pour automne 2015, puis mi-2016, puis… ?).

 2 / Complexité technique et sécurité ?

  • « Une importante complexité technique » avec le choix d’une solution « prototype », à laquelle s’applique effectivement la procédure choisie (conception-réalisation)
  • Le volet aérien sélectionné n’est pas le plus éprouvé (passage des cabines dans le pylône support, conséquence des limites de vent – 108 km/h – sur le service ?)
  • l’Autorité environnementale le 30 Décembre 2013 (consultez  l’Avis ICI) avait clairement posé des restrictions et des réserves auxquelles peu de réponses ont été apportées (connaissance du sous-sol compte tenu de  « réseaux humides structurants » notamment, impact…) Les références de vent des études deviennent anciennes.
  • Des exigences de sécurité, de contrôles et de maintenance lourdes au regard du service rendu. Pas ou peu de références en milieu urbain en Europe (Coblence ?). La solution aérienne renforce les préventions.

 3/ Un financement hasardeux.

  • Les sources de financement sont particulièrement fragilisées dans le contexte de finances publiques particulièrement contraint (versement transport, subventions de l’Union Européenne (?), 3ème appel à projets de gouvernement réactivé l’Etat pour 3,5 M€ (?), le Conseil régional et le Conseil général du Finistère pour 2 à 3 M€ chacun ?, et des emprunts…) :
  • Le versement transport est déjà à un niveau élevé (1,8%).
  • La baisse de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF), amplifiée par les baisses induites des subventions des autres échelons territoriaux, entraîne une forte baisse de la capacité à investir qui touche déjà les collectivités (en moyenne consolidée, -30% à -35% sur le mandat en cours ; ralentissement sensible dès 2013, moins du tiers des années antérieures même en fin de cycle).

Cet investissement se fera-t-il donc au détriment des autres communes de BMO ?

  • Il reste l’emprunt, dans un contexte de dette déjà jugé peu prudent, surtout en cas de retournement de la politique de taux bas de la BCE ? Comment réaliser l’objectif de BMO de « stabiliser le stock de sa dette » ?
  • Ce mode de transport est cher en fonctionnement (environ 600 k€/an) avec un bilan d’exploitation négatif en régime courant annoncé à -175 M€. Ce déficit devrait être très supérieur pendant la longue phase transitoire de mise en place du quartier des Capucins (une dizaine d’années ?), et l’atteinte d’objectifs de fréquentation qui semblent très ambitieux dans le contexte du tourisme de l’agglomération (650 pax/h et par voie – 650 000 pax par an).

La position des élus du Rassemblement Pour Brest :

Le groupe des élus du Rassemblement Pour Brest considèrent que le projet reste inopportun, mal adapté et risqué pour Brest.

Les élus RPB formulent les demandes suivantes :

  • La mise en place d’un moratoire sur le projet la solution étant inadaptée à une réelle fluidification des échanges rive gauche, rive droite.
  • L’analyse au fond du besoin réel de fluidification de ces échanges (tous modes).
  • Le lancement d’une réflexion approfondie et prospective sur avenir du domaine militaire de La Penfeld à10 ans (2025) avant d’envisager de nouvelles solutions.

 Presse 15 novembre 2014  les élus Rassemblement Pour Brest  et le  téléphérique

 

BM France3 Bernadette MALGORN répondait également aux questions des journalistes  de France 3 Bretagne sur ce projet du téléphérique.

Vous pouvez visionner son intervention sur l’antenne  de France 3 Bretagne ICI