Opportunité du projet d’extension du réseau de chaleur urbain ?

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Rémi Hervé
Rémi Hervé

Lors du Conseil communautaire de Brest métropole océane  le 21 novembre dernier, Rémi HERVE,  élu du groupe Rassemblement Pour Brest  est intervenu sur le   projet d’extension du réseau de chaleur urbain sur le territoire de BMO.

A l’occasion de l’examen d’une délibération sur le sujet Rémi HERVE  a  ainsi déclaré :

« Cette délibération invite le groupe Rassemblement Pour Brest à s’interroger sur l’opportunité du projet d’extension du réseau de chaleur urbain

Il est annoncé que la quantité de chaleur produite par l’incinérateur du Spernot ne sera pas suffisante pour alimenter le réseau après extension. La production sera donc renforcée par la réalisation d’une nouvelle usine qui tirera la chaleur de la combustion de la biomasse.

Cette usine est censée produire une énergie renouvelable, mais le pourra-t-elle réellement ? L’approvisionnement – 75 000 T/an – devrait se faire sur la ressource biomasse locale, forestière notamment. Or aujourd’hui un certain nombre d’acteurs de la région brestoise – entreprises, collectivités locales, particuliers – prélèvent déjà sur cette biomasse. Les besoins pour l’alimentation de la centrale seront-ils soutenables ? Peut-on assurer que le caractère durable de la ressource locale sera préservé ?

Par ailleurs, nos concitoyens améliorent chaque année le tri de leurs déchets. On ne peut que s’en réjouir. Compte-tenu de la politique nationale environnementale qui vise à court terme à un renforcement du tri, la quantité de déchets ménagers résiduels devrait fortement baisser dans les prochaines années.

Or ces déchets sont le combustible principal de l’incinérateur du Spernot. Faut-il donc s’attendre à une diminution de la quantité de chaleur produite par celui-ci ? Dans ce cas, l’usine biomasse servirait probablement à compenser ce déficit de production de chaleur. Mais qui dit plus de production de l’usine biomasse, dit plus de prélèvement sur la ressource locale. Cela a-t-il été pris en compte ?

En termes de prix, vous dites aujourd’hui qu’il est plus économique de recourir au chauffage urbain qu’aux autres modes. Des cas particuliers brestois portés à notre connaissance, nous font douter de cette affirmation. Admettons cependant que cela soit globalement le cas.

Dans les prochaines années,  qu’adviendra-t-il du prix de vente de la chaleur au particulier lorsque la totalité des besoins de financement liés à l’extension du réseau et à la réalisation de la centrale biomasse aura été prise en compte – 45 millions d’euros pour ces deux projets cumulés – ?

De même, la part de la centrale biomasse dans la production de chaleur devant aller en augmentant, sachant que la chaleur produite par la centrale sera vendue au concessionnaire deux fois plus cher que celle produite par l’incinérateur (40 euros/MWh contre 21 euros/MWh), le chauffage urbain sera-t-il toujours compétitif dans quelques années ?

Ces interrogations sur la préservation de la ressource biomasse locale et la compétitivité du chauffage urbain nous amènent à douter de l’opportunité du projet d’extension du réseau.

Nous nous abstiendrons donc sur cette délibération. »