Bernadette MALGORN entretient la mémoire de Philippe SEGUIN

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Séguin

Durant de nombreuses années Bernadette MALGORN fut la collaboratrice de Phillipe SEGUIN  (Ministère du travail et de l’emploi puis à l’Assemblée Nationale où elle dirige le  cabinet du président). Elle s’inscrit dans la lignée du gaullisme social de ce grand serviteur de l’Etat.

Cinq après la disparition de l’homme d’Etat salué unanimement par  la République, Bernadette MALGORN a tenu à honorer sa mémoire. Cette tribune  devait paraître initialement  le 7 janvier dernier, jour tragique de deuil pour l’ensemble des Français après les attentats odieux.

Nous publions ci-après cet hommage de même que celui de janvier 2010.

« Il y a cinq ans, Philippe SEGUIN disparaissait. Plus que jamais l’actualité européenne nous montre à quel point il avait été visionnaire en s’opposant au traité de Maastricht.

Philippe Séguin avait une certaine idée de l’Europe : une Europe des nations et des peuples et non une Europe des marchés et de la technocratie. Pour lui, il s’agissait d’une exigence républicaine et démocratique. Avec la montée des partis extrêmes, on voit aujourd’hui les conséquences du déficit démocratique dans le fonctionnement de l’Union que Philippe SEGUIN sentait déjà monter.

Quant à la création de l’euro, Philippe SEGUIN a dénoncé avec vigueur la création d’une monnaie unique gérée par une banque qui n’a d’autres objectifs que de lutter contre l’inflation et non pour l’emploi. Pour lui, le préalable à toute création d’une monnaie unique reposait sur trois principes : une politique économique centrée sur la croissance et l’emploi, une convergence fiscale et une harmonisation des modèles sociaux par le haut. Philippe SEGUIN rêvait d’une Europe au service des nations et des peuples et non pas arcboutée sur le dogme édicté par la banque centrale d’un euro fort et d’une lutte contre l’inflation. La crise que traverse l’Europe depuis 2008 et dont elle peine à sortir donne raison à ce grand gaulliste social qu’était Philippe SEGUIN. »

Hommage de Bernadette Malgorn, publié le 7 janvier 2010

« Je perds avant tout un ami auprès duquel j’ai enrichi mes convictions politiques et la France perd un grand homme d’Etat serviteur infatigable de la République », déclare Bernadette MALGORN proche collaboratrice de Philippe SEGUIN depuis 1986.

« Philippe SEGUIN avait une haute idée de la République. Pupille de la Nation, il avait la conviction que la République devait permettre à chaque citoyen de réaliser son projet y compris d’accéder aux plus hautes responsabilités. C’est au Ministère des Affaires sociales, où il me demandera de l’accompagner, que Philippe SEGUIN mettra le plus en œuvre ses convictions de gaulliste social. Il s’attaquera avec le courage et la détermination qu’on lui connaît à des dossiers aussi difficiles que la lutte contre le chômage, la réforme de l’apprentissage, l’emploi des handicapés et surtout la Sécurité sociale qu’il considérait comme l’un des piliers de notre pacte social qu’il fallait réformer pour la préserver», se souvient son ancienne Directrice adjointe de cabinet aux affaires sociales. « Cet engagement social se concrétisait sur le terrain dans sa circonscription d’Epinal, dans les Vosges et au plus fort des restructurations industrielles qui ont touché la Lorraine par une présence personnelle aux côtés des salariés et des entreprises avec le souci permanent de défendre l’emploi et d’assurer un sort digne aux hommes et aux femmes concernés. »

« Aux sources de l’engagement de Philippe Séguin, il y avait ses profondes convictions gaullistes. J’ai toujours apprécié chez lui sa grande liberté d’esprit et de parole. Il ne trahissait jamais sa conscience. C’est ce qui l’a conduit par exemple à voter l’abolition de la peine de mort mais aussi à s’opposer au Traité de Maastricht. Contrairement à ce que l’on a laissé croire, Philippe SEGUIN n’était pas un anti européen, bien au contraire. Pour lui l’Europe ne pouvait être seulement un marché, encore moins une technocratie, mais une construction politique permettant une Europe sociale qui protège ses entreprises et ses salariés », assure Bernadette Malgorn.

« Elu député des Vosges à 35 ans, Philippe SEGUIN avait une haute idée du mandat qui lui avait été confié par le peuple. Accédant à la Présidence de l’Assemblée nationale en 1993, c’est naturellement qu’il mettra toute son énergie à rénover et valoriser le travail parlementaire. J’ai eu l’honneur de l’accompagner dans cette mission en dirigeant son Cabinet à la Présidence de l’Assemblée».

« De nouveau à ses côtés à la Cour des comptes où il avait débuté sa carrière, j’ai apprécié l’énergie et la finesse avec laquelle il a présidé cette haute juridiction en toute indépendance. Au-delà de sa mission juridictionnelle, Philippe SEGUIN  voulait faire de la Cour des Comptes, un lieu d’expertise et de propositions au service de l’Etat pour rendre l’action publique plus efficace, plus proche et surtout moins coûteuse pour les citoyens contribuables ».

« Ayant travaillé directement ou indirectement auprès de Philippe SEGUIN durant près de 25 ans, je peux témoigner du sens de l’engagement public de ce grand homme d’Etat au service de nos concitoyens et de l’intérêt général. Pour moi, Philippe SEGUIN, était un homme chaleureux, à l’écoute de tous, plein d’humanité. C’était là le cœur de son engagement », conclut Bernadette MALGORN.