Cadre de vie

Rémi HERVE s’interroge sur les projets d’extension du réseau et de chaufferie bois.

Depuis son élection en mars 2014 au Conseil municipal de Brest et au Conseil de Brest métropole, Rémi HERVE suit avec attention l’ensemble des dossiers liés aux énergies, au réseau de chaleur urbain, au traitement et à la valorisation des déchets.

C’est ainsi que lors du Conseil de Brest Métropole  du 21 novenbre 2014  il était intervenu  sur une délibération relative au chauffage urbain  (Relire ICI  son intervention). Le Conseil municipal du  5 février 2015 était à son tour appelé  à se prononcer sur un avis relatif au projet de chaufferie bois du Spernot.

Rémi Hervé
Rémi Hervé

A cette occasion Rémi HERVE est, à nouveau, intervenu au nom des élus du Rassemblement Pour Brest  sur l’opportunité des projets d’extension du réseau et de chaufferie bois.

 » Comme nous l’avons fait lors du conseil communautaire du 21 novembre dernier, où était présentée une délibération relative au chauffage urbain, à nouveau aujourd’hui nous souhaitons exprimer nos doutes sur l’opportunité des projets d’extension du réseau et de chaufferie bois.

Nous nous interrogeons en effet sur plusieurs aspects de ces projets.

Tout d’abord, sur le caractère renouvelable de la ressource biomasse locale. Il est vrai que les chiffres prévisionnels de la consommation de la chaufferie bois que vous présentez aujourd’hui semblent plus raisonnables que ceux que vous annonciez il y a quelques années, lors des premières études (15 000 tonnes/an contre 75 000 tonnes/an). Cependant l’approvisionnement principal en plaquettes forestières qui était envisagé initialement à l’échelle départementale devrait finalement se faire au niveau régional. Espérons qu’à long terme, compte-tenu de la multiplication des projets de chaufferie bois et de l’augmentation consécutive de la demande locale, nous ne soyons pas obliger de nous approvisionner à l’extérieur de la région, au niveau national, voire à l’étranger. Car si nous devions un jour nous approvisionner en bois de chauffage dans des pays aussi lointains que ceux d’où nous importons le pétrole et le gaz, le caractère renouvelable et écologique de la chaleur produite par la chaufferie du Spernot en pâtirait assurément.

Ensuite, nous nous interrogeons sur la supposée compétitivité du chauffage urbain par rapport aux autres modes de chauffage, au gaz notamment. Si le chauffage urbain est compétitif aujourd’hui, le sera-t-il toujours demain ? Le tri des déchets par nos concitoyens s’améliorant, la quantité de déchets résiduels servant de combustible à l’incinérateur du Spernot devrait progressivement diminuer. Si l’on en croit vos études, c’est 50% du volume de ces déchets qui à long terme ne finirait plus dans les fours de l’incinérateur. La part de la chaufferie bois dans la production de chaleur devrait donc augmenter pour compenser ce déficit.

Or nous savons qu’il sera plus coûteux de produire la chaleur avec la chaufferie bois qu’avec l’incinérateur. Par ailleurs, le coût des investissements liés à l’extension du réseau et à la construction de la chaufferie devront être absorbés. Ces surcharges se reporteront probablement sur le tarif payé par l’usager, à moins qu’une fois encore l’on ne sollicite le contribuable.

Nous sommes disposés à approuver tous projets en faveur du développement durable et de la protection de l’environnement à condition que ceux-ci aient fait l’objet d’une analyse globale sur le long terme. Il faut éviter de lancer la collectivité dans la réalisation de projets hasardeux dont les effets pourraient finalement se révéler sensiblement différents de ceux escomptés initialement.

Nous nous abstiendrons donc sur cette délibération. »