Les premiers éducateurs sont et restent les parents et la famille

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Le groupe des élus du Rassemblement pour Brest, présidé par Bernadette MALGORN, applique une politique de liberté de vote lorsque les délibérations soumises au conseil municipal  touchent à la conscience de chacun.

Le socle des valeurs est commun, mais les appréciations sur certaines questions de société peuvent  variées. C’est le sens donné par le groupe RPB au travers de cette liberté d’expression accordée à chacun de ses conseillers.

Tel a été le cas lors du conseil municipal du 2 avril 2015, avec l’examen de la délibération n°7 portant sur un « projet de convention régionale et académique pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif en Bretagne ».

Les fondements de l’égalité ne sont nullement mis en cause. Bien au contraire ils sont pleinement souhaités et revendiqués  par l’ensemble des élus comme  un des piliers de ce socle de valeurs. L’engagement de Bernadette MALGORN en faveur de l’égalité et des droits des femmes est particulièrement connu.

Ce qui a fait débat au travers de cette convention, ce sont des actions de politique éducative prônées dans ce texte et que certains élus jugent trop  intrusives dans la sphère  familiale.

Pour tous,  le premier lieu où se fait l’éducation et se construit la personnalité c’est la cellule famille et cela doit rester.

Marc BERTHELOTDans son intervention, Marc BERTHELOT  a  donc expliqué d’une part  la position du groupe municipal qui,  dans sa majorité, s’est abstenu  mais également les raisons pour lesquelles trois élus ont décidé de votre contre. Nous reproduisons ci-après cette intervention.

« Monsieur le Maire, chers collègues,

La convention que vous nous demandez d’approuver une convention régionale et académique pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif de Bretagne convention qui est elle même la déclinaison de la convention interministérielle du 7 février 2013.

Cette succession de conventions, de décisions, de dispositifs est sans doute l’illustration de ce choc de simplification dont nous avons tant entendu parler, qui devait tout révolutionner, permettre des économies mais dont visiblement nous ne prenons pas le chemin.

Ceci étant dit il, est évident que l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes est un progrès pour la démocratie. Personne ne viendrait prétendre le contraire. Tout un chacun devrait pouvoir exercer le métier qu’il souhaite, dans des conditions égales entre les femmes et les hommes.

De même, personne ne devrait subir de violences quelles qu’elles soient, à caractères sexistes et sexuelles ou autres.

Le but affiché est donc louable et nous ne pouvons qu’y souscrire. Qui oserait aller contre cela ? Personne

Mais fallait-il s’y prendre de la sorte ? A-t-on besoin de tout ces « machins » qui au final multipliant les acteurs, déresponsabilise.

Par ailleurs nous craignons que le remède ne soit au final pire que le mal, nous craignons l’arbitraire et la stigmatisation.

Je m’en explique :

Prenons le domaine de l’enfance, visé par la convention comme une cible privilégiée de l’action gouvernementale.

On nous parle en effet – et je reprends les termes de la convention inter-ministérielle – de « Déconstruire » les stéréotypes sexistes, « d’accorder une attention particulière à la lutte contre les stéréotypes sexistes dans l’éducation et ce, dès le plus jeune âge ».

Mais qu’est ce qu’un stéréotype ? qui décide de ce qu’est ou n’est pas un stéréotype ?

L’enfant a besoin de repères pour grandir. Il a besoin de s’identifier comme étant une fille ou un garçon.

Ce premier repère est évident, c’est son corps qui lui donne : son sexe. Cela relève du bon sens.

Qui sérieusement peut dire que le sexe n’est que biologique ? Et qu’il n’a d’influence que sur son corps ? Et non pas également sur sa sensibilité, sa psychologie et même sa façon d’appréhender le monde ?

Cela n’a rien d’un stéréotype, c’est une donnée et nous croyons qu’il est bon pour des enfants d’en prendre conscience.

En disant cela… deviendrais-je suspect de stéréotypie ?

Au lieu d’ambitionner de déconstruire, comme le propose ce dispositif, nous devrions au contraire apprendre aux enfants à accepter leurs différences, à les respecter. A se respecter filles et garçons, égaux mais différents.

On ne le dira jamais assez les premiers éducateurs sont et restent les parents et la famille est le premier lieu d’apprentissage de la solidarité.

Je pourrais également reprendre la référence à l‘éducation à la sexualité effective et à l’accès à la contraception… qu’est ce que cela a à voir avec le but de l’égalité.

Pensez vous que les parents ne soient pas à même d’éduquer leurs enfants, les ouvrir à ces questions.

Comment voulez-vous que les parents fassent confiance au système scolaire si vous-mêmes ne leur faites pas confiance ?

Aucun Etat, aucune collectivité, même sur des sujets d’apparence louable, n’a le droit de se substituer à l’éducation qui relève de la seule responsabilité des parents… Ils doivent les accompagner dans leur rôle d’éducateurs, dans la transmission de ces valeurs qui nous rassemblent tous ici… pas les supplanter..

Ce n’est visiblement pas l’esprit de cette convention, ce n’est pas la volonté du gouvernement… »

 

Sur cette délibération la majorité des élus RPB se sont abstenus : Bernadette Malgorn, Rémi Hervé, Bruno Sifantus, Brigitte Hû, Véronique Bourbigot, Claudine Péron et Laurent Guillevin.

Trois élus ont voté contre : Marc Berthelot, Philippine d’Avout et Michel Calonnec.