Les finances de Brest : confirmation des inquiétudes

Publié le Publié dans Finances

Chaque année l’examen du compte administratif de la Ville de Brest permet de voir la réalité d’exécution du budget voté par la majorité socialiste l’année précédente.

Ce passage obligé   met en évidence la réalité des finances de la collectivité. Pour la Ville de Brest cet examen  s’est déroulé le 11 juin dernier  ( il en sera de même pour Brest métropole le 26 juin prochain à 16h00).

207Bruno SIFANTUS, conseiller municipal et communautaire, s’est donc livré en séance publique du conseil municipal,  à une analyse précise des données budgétaire de Brest.

« A l’examen du compte administratif 2014, la réalité des chiffres confirme toutes les inquiétudes que soulève la politique de la ville. Il est vrai que se lit déjà entre les lignes le souci de montrer « une vitrine apparemment présentable », aux dépens d’ailleurs – faut-il le rappeler – de la nouvelle Métropole. Mais tous les signaux qui motivent notre désapprobation sont bien là. Ils viennent renforcer les préventions émises par le groupe « Rassemblement pour Brest » depuis le début de la mandature.

Revenons sur trois signaux majeurs :

En premier lieu, la stabilisation du rapport de la taxe d’habitation cache plusieurs processus inquiétants. La confirmation du déclin de la population citadine, que rien ne semble pouvoir ralentir. Mais aussi la diminution importante du nombre de contribuables sur lesquels porte effectivement la taxe. Avec l’augmentation drastique des surfaces exonérées – pour des motifs louables – à hauteur de 9,6%, et en période d’inflation quasi nulle, ce sont donc ces contribuables qui se trouvent toujours plus sollicités. Déjà touchés de plein fouet par la crise et la pression fiscale générale, ils sont de moins en moins nombreux et doivent payer de plus en plus. Ne sommes-nous pas proches du seuil d’exaspération ?

La stagnation des droits de mutation est par ailleurs un autre signe de l’appauvrissement qui grignote une ville qui délaisse son centre.

En second lieu, la difficulté à maîtriser les charges de fonctionnement est toute aussi patente. Avec une augmentation de +4,8%, toujours en période d’inflation quasi nulle, la ville partage avec la Métropole cette difficulté pour tous les services mutualisés et surtout pour l’essentiel de la ressource humaine. C’est d’ailleurs de +8,5% qu’augmentent les charges liées au personnel.

Le plus grave dans cette circonstance, c’est que, face à l’obligation de contenir cette augmentation inexorable, de +3,8 M€ en 2014 , portée tant par le national que le local, ce sont les conditions de travail – et de sécurité – de ces personnels qui en font, qui en feront, les frais. Ce sont eux aussi qui subiront cette incapacité à contenir l’effet de cisaillement entre d’une part le poids des charges, et d’autre part la baisse de la population et de l’activité, donc celle des recettes futures de la collectivité. Ce ne sont pas les conséquences de la mise en place de nouveaux rythmes scolaires, pour près de 1,3 M€ en 2014, et plus encore chaque année, qui vont faciliter un retour à un meilleur équilibre.

Enfin, le niveau d’investissement se maintient encore, mais qu’en est-il pour les autres collectivités intervenant au bénéfice de Brest et de son environnement. Qu’en sera-t-il sans recourir prématurément à la dette ? Quand la baisse des dotations de l’Etat fera sentir ses pleins effets sur la ville également, il ne sera pas possible de garder la « vitrine » illuminée bien longtemps. La réalité des comptes rattrape déjà les associations dont elle limite les moyens d’intervention. Elle semble empêcher de mettre en place un dispositif réellement sécurisant. Les fêtes elles-mêmes resteront-elles ce qu’elles étaient ?

Fin 2014, nous affirmions déjà : « les perspectives sont suffisamment sombres pour que nous en appelions à un sursaut. » Oui, nous réaffirmons cet appel à un sursaut, tant qu’il en est encore temps. Pour cela nous réclamons une autre politique :

Arrêtons le déclin de la partie la plus urbaine de la ville. La priorité doit être donnée à  la conservation indispensable du patrimoine. Il s’agit de stopper la paupérisation de fait du cœur de la ville. Sacrifions s’il le faut les « grands projets » plus emblématiques que réellement nécessaires. Concentrons-nous sur la relance du commerce et de l’activité. Faisons en sorte que l’on revienne à Brest, et que ces retours créent l’infrastructure… et non l’inverse.

Pour toutes ces raisons, nous n’approuvons pas le Compte administratif 2014. »