Finances

Un réquisitoire contre la gestion Cuillandre.

Le Rapport de la Chambre régionale des comptes de Bretagne sur la gestion de Brest Métropole Océane  pour  les exercices 2010 / 2013 est  particulièrement sévère et  sonne comme un réquisitoire contre l’équipe Cuillandre.

C’est ce que les élus du Rassemblement pour Brest  ont indiqué (par la voix de Bruno Sifantus) lors de son examen en Conseil de la métropole du 26 juin dernier dénonçant une équipe qui préfère jouer les cigales et laisser filer les dépenses de fonctionnement au mépris d’une gestion responsable et mesurée.

La politique Cuillandre  est donc caractérisée par un défaut d’anticipation. Certes on ne peut reprocher à des responsables  locaux de n’avoir pas vu venir la crise  mais, celle-ci survenue en 2008, il était de leur responsabilité de revoir leurs priorités pour en atténuer les effets  sur la population de la métropole brestoise.

Cette occasion  manquée illustre bien   leur  incapacité chronique à faire les vrais choix stratégiques.  Le rapport de la Chambre régionale des comptes pointe notamment une désinvolture  dans l’exercice des missions dévolues à BMO et une réelle impéritie de gestion, comme pour :

  • la fragilisation des équilibres financiers : faiblesse chronique de l’autofinancement (16,6% seulement des dépenses d’équipement sur la période), difficulté croissante à se désendetter, absence de prise en compte de l’impact des nouveaux équipements sur les coûts de fonctionnement ;
  • Les surcoûts d’un régime « très favorable » (selon le rapport) pour les personnels directement impactés aujourd’hui par les contraintes financières actuelles. Ce sont donc les personnels qui vont subir !
  • le niveau élevé des accidents de travail dans les effectifs mutualisés : niveau atteint dans certains pôles non admissible pour un employeur qui devrait être exemplaire ;
  • un non-respect inquiétant des règles et une commande publique qui apparaît sérieusement non conforme à la mise en concurrence (quasi-monopole des sociétés-satellites gravitant autour de Brest Métropole).

Ce rapport de la Chambre régionale des Comptes – autorité indépendante –  vient  souligner et conforter  des inquiétudes  déjà  exprimées par  le Rassemblement pour Brest sur une politique financière qui est encore poursuivie par  Brest Métropole. La baisse des dotations de l’Etat va amplifier cette situation dans les prochaines années, sans une réorientation globale de la politique de la Métropole.

Consulter  ici le rapport de Chambre régionale des comptes et la réponse de Brest Métropole 

 

 

Conseil de Brest  Métropole  26 Juin 2015

Intervention de Bruno SIFANTUS

 

Rapport Chambre Régionale des Comptes de Bretagne

 

« Le rapport de la CRC sur la période précédant l’actuel mandat vient opportunément en appui de toutes nos inquiétudes et de nos préventions sur la politique que poursuit la nouvelle Métropole. Soulignant le caractère trop général du projet métropolitain, il doute de son utilité opérationnelle et regrette l’absence d’indicateurs pertinents. L’exécutif, qui dispose de l’ADEUPa largement financé pour 4,6 M€ en 2014, ne semble pas à ce stade en tirer tout le bénéfice…

Le rapport insiste sur plusieurs points que nous dénonçons. Je mettrai en avant quatre de ces thèmes :

  • Le rapport met en exergue la fragilisation des équilibres financiers, ce qui nous pousse d’une part à réclamer aussi un pacte fiscal et financier avec les autres communes. Mais nous demandons à participer étroitement à son élaboration. La faiblesse chronique de l’autofinancement (16,6% seulement des dépenses d’équipement sur la période) est notamment un sujet d’inquiétude majeure, compte tenu de la difficulté croissante à se désendetter à laquelle la Métropole va être confrontée. La question de la consolidation des comptes, que vous savez utiliser quand il faut « camoufler » le détail de services industriels et commerciaux, par exemple, mérite également d’être traité pour y intégrer touts les sociétés publiques ou parapubliques qui gravitent autour de la Métropole et même au-delà !
  • La prise en compte de l’impact des nouveaux équipements sur les coûts de fonctionnement est de même un souci récurrent. Si Bibus peut se féliciter du presque doublement du trafic passager depuis la mise en service du Tram, nous sommes encore très loin des objectifs trop ambitieux du projet. La leçon n’a pas été tirée puisque l’on retrouve sur le projet liaison par câbles des hypothèses tout aussi irréalistes de fréquentation. Visiblement, la réalité du contexte local et du déclin de la population en ville de Brest mais désormais sur tout l’espace de la Métropole est toujours niée. Une erreur d’appréciation est toujours possible, mais persévérer quand on dispose des moyens d’analyse qui se veulent performants, cela devient une faute… Les pertes de Bibus (6,5 M€ sur la période) sont un signal qui devrait pourtant vous alerter.
  • Vous vous félicitez dans la presse d’être l’un des principaux employeurs locaux. La réalité, c’est une incapacité à maîtriser les effectifs, ou plutôt, un refus délibéré de le faire, voire une fuite en avant sous l’effet de mesures nationales ou locale de la gauche, qui sont typiques d’une politique « clientéliste ». C’est d’autant plus évident si l’on tient compte de l’ensemble des satellites, ou de la myriade d’associations qui dépendent peu ou prou de vous pour fonctionner. On peut noter que ces satellites se trouvent désormais en position de quasi-monopole, en particulier sur le marché de l’immobilier social.

Les surcoûts d’un régime « très favorable »  pour les personnels sont malheureusement directement impactés aujourd’hui par les contraintes financières qui rattrapent l’exécutif. Comme je l’ai déjà mentionné, ce sont donc les personnels qui vont subir !

  • Enfin, le rapport souligne le niveau élevé des accidents de travail dans les effectifs mutualisés. Le niveau atteint dans certains pôles n’est pas admissible pour un employeur qui devrait être exemplaire, et les mesures envisagées devraient recevoir une priorité beaucoup plus élevée.

Nous prenons acte, mais vous devriez en tirer des leçons plus déterminées et précises que ne laisse penser la lecture de vos réponses. »