L’urbanisme brouillon de l’équipe Cuillandre

Publié le Publié dans Urbanisme et environnement

La loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové  (ALUR) a instauré l’obligation  d’un débat  annuel  sur la mise en œuvre de la politique locale de l’urbanisme. Pour Brest Métropole ce débat s’est déroulé lors du Conseil de la métropole du 26 juin dernier.

L’occasion pour les élus du Rassemblement pour Brest de dénoncer la politique suivie par l’équipe Cuillandre. Cette politique brouillonne des socialistes en matière d’urbanisme  qui vide  Brest de sa population, de ses commerces et de ses activités.

Nous reproduisons ci-après l’intervention du Rassemblement pour Brest :

 » La situation de l’urbanisme métropolitain décrite  dans votre rapport  reflète  une politique découlant  des grandes orientations du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) et des documents d’application du type PLU (Plan Local d’Urbanisme)  concernant la structuration du commerce, de l’habitat et des réseaux de transport. Il montre bien que la Métropole a pris le  contrôle étroit de  la politique d’urbanisme et compte bien étendre son action géographique à l’ensemble du Pays de Brest, en s’appuyant sur l’observatoire foncier de l’ADEUPa (Agence d’Urbanisme du Pays de Brest).

La démarche, très structurée et favorisée par le nouveau statut de métropole, s’appuie sur deux volets :

  • En premier l’extension urbaine par combinaison de ZAC et d’infrastructures culturelles ou sportives majeures, choisies pour être desservies par le Tram ;
  • En second la maîtrise du marché immobilier et de son réseau d’entreprises locales selon deux voies : d’une part via la chaîne de sociétés spécialisées – SEMPI, Brest métropole aménagement (BMA), Brest métropole habitat (BMH) – avec appui des réseaux chaleur qui agit sur les charges locatives par ailleurs difficiles à contenir, et du réseau des transports ; et d’autre part en visant l’extension de cette maîtrise au marché privé sur l’ensemble du Pays de Brest. Les manifestations de cette politique ne manquent pas, tel l’élargissement des missions de la SEMPI, ou la volonté de l’opérateur BMH d’élargir son marché au privé par la contractualisation pour maintenir sa position quasi dominante sur la ville.

Dans cette logique extensive, le Centre-ville de Brest va être déplacé à la faveur du « grand projet urbain rive droite » et du programme des Capucins.

L’effort de réalisation d’habitat social sous financement public se concentre sur les petits logements adaptés aux célibataires ou aux couples (y compris les étudiants…). Il va se concentrer sur la Ville de Brest, particulièrement sur les deux cantons centre dans le cadre du plan de patrimoine BMH. Le logement adapté aux familles principalement sous financement privé va se déployer lui en périphérie sur les communes avoisinantes. Enfin, l’extension des zones commerciales se déploie  aussi en périphérie proche ou sur les communes.

C’est une politique d’agglomération en plein développement et qui devrait en toute rigueur être soutenue par le même mouvement de l’activité économique et de l’emploi. Elle se trouve de fait confrontée à une activité et une population urbaine en déclin régulier, ce qui la condamne à moyen terme.

Elle s’appuie sur des analyses et des statistiques anciennes qui ne reflètent plus du tout la réalité locale. Elle provoque au contraire un lent appauvrissement qui s’étend du cœur de l’agglomération et finira par toucher toute la ville et bientôt les communes voisines.  Les difficultés du commerce de proximité en sont un indice très visible, notamment le long de l’unique ligne du Tram. Les loyers de Brest qui sont déjà à un niveau bas pourraient encore baisser de près de 5% d’ici fin 2015 selon l’Indice de tension immobilière (ITI) qui mesure le rapport de force entre l’offre (les vendeurs de biens immobiliers), et la demande (les acheteurs potentiels). On pourrait s’en réjouir si ce n’était un signe inquiétant de l’entrée de la Métropole dans un modèle ancien de métropole « clientéliste » qui voit la pauvreté se concentrer dans le centre.

Il est temps de prendre conscience de cette situation et de freiner le développement de nouvelles zones habitées, de mettre en place un véritable moratoire sur l’extension de l’habitat, tant que des signes de retournement ne seront pas visibles, tant que la population urbaine continuera à décroître et le commerce urbain à souffrir et décliner. Lors des assises du commerce, un expert a souligné l’excellent potentiel de développement du centre métropolitain. Alors pourquoi c’est  un mouvement inverse qui perdure ?

Changez de politique tant qu’il est encore temps ! »