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Urbanisme, sécurité, désenclavement : Brest va mal !

Le conseil municipal  de Brest se tenait ce 1er octobre 2015.  A cette occasion Bernadette MALGORN, présidente des élus du Rassemblement pour Brest , est intervenue  pour rappeler les défis  pour Brest, pour son rayonnement, pour la sécurité de ses habitants, pour la protection de sa jeunesse, pour son désenclavement ferroviaire.

Nous publions ci-après son intervention prononcée à l’ouverture du conseil.

 

« Monsieur le Maire, Chers collègues,

Brest, la plus grande ville de l’ouest breton, a vocation à en être la métropole : pour cela elle doit rayonner.

Le rayonnement résultera d’un équilibre entre l’attractivité liée à la qualité de vie et la capacité d’impulser un développement par la priorité donnée aux activités productives et à l’emploi. Si nous nous contentons de l’économie résidentielle à coups de programmes immobiliers sans créations d’emplois, nous sommes en concurrence avec tous nos voisins que ce soit ceux du Sud Finistère ou même ceux du pays de Brest.

Que la situation actuelle de notre ville créée de l’inquiétude chez les Brestois, comme chez nos voisins, cela malheureusement ne nous étonne pas.

Car notre ville, à bien des égards, va mal !

  • Sa population diminue, ses logements se vident.
  • Le chômage frappe de plus en plus de nos concitoyens,
  • Le tissu économique se fragilise, les activités commerciales de proximité sont en danger comme l’a montré le diagnostic des assises du commerce ;
  • Les conditions de vie dans beaucoup de quartiers se dégradent.

Dire cela, ce n’est pas verser dans le déclinisme ou le pessimisme. C’est au contraire appeler à un sursaut.

C’est ce que nous entendons faire.

1/ une politique d’urbanisme :

Le déclin de la ville n’est pas la conséquence de la seule crise économique et financière qui touche toutes les communes. Elle est le fruit de choix inadaptés et surtout la conséquence d’une politique d’urbanisme brouillonne. Les difficultés du commerce de proximité en sont un indice très visible, notamment sur les axes Jaurès – Siam – Recouvrance. Une politique qui a pour effet un lent appauvrissement qui s’étend à partir du cœur de l’agglomération.

Toute votre politique depuis des années consiste à détricoter ce qui fait précisément le cœur de notre ville : le déménagement d’équipements structurants, le peu d’encouragement à la réhabilitation de logements pour y faire demeurer des familles, l’absence de politique commerciale offensive…

Vous avez décidé de faire éclater le cœur de la cité. C’est vous-même qui l’avait traduit dans votre diagnostic établi pour le SCoT en vigueur, en voulant dilater ce cœur vers le port, vers les Capucins etc.

Ce qui était déjà une difficulté avec un axe longiligne Siam-Jaurès devient, par vos choix, un véritable handicap.

L’annonce par la presse d’une réflexion sur la refonte de la Place de la Liberté est un exemple illustrant votre pratique d’un urbanisme en manteau d’Arlequin ( relire l’article du 30/09/2015).

On pourrait citer d’autres exemples de vos inconséquences pour le centre-Ville : les 10 années perdues sur les Halles Saint Louis, la mort des bibliothèques Neptune et d’Etudes pour tenter de remplir les Capucins.

2/ un déni de l’insécurité :

Vous vous obstinez à ne voir dans cette dérive d’actes délictueux et de violences urbaines que des «actes isolés et exceptionnels». Mais la réalité est tout autre là. Ceux-ci n’ont cessé de croître en nombre et en intensité.

Il est inutile de revenir ici sur les événements connus et tous et qui contredisent à eux seuls votre appréciation de la situation (relire l’article du 25/09/2015).

Nos concitoyens nous le disent et vous ne pouvez pas être le seul à ne pas les entendre, ils sont exaspérés à la fois par cette délinquance qui s’installe et par le déni de la municipalité.

Pourtant des responsabilités particulières incombent au premier magistrat d’une ville en matière de sécurité.

Il appartient à l’exécutif municipal de répondre à l’attente des Brestois et d’agir avec et auprès des autorités de l’Etat. Pour notre part nous voulons être une force de propositions.

Nous réclamons pour assurer la sécurité des Brestois des mesures fortes.

De l’Etat :

►La création d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP) par l’Etat, dispositif qui a démontré l’apport de réponses durables et concrètes aux territoires souffrant d’insécurité et de délinquance enracinées. Je l’avais d’ailleurs réclamé à la faveur de la venue de Manuel Valls à Brest en janvier 2014, venu à votre invitation pour une cérémonie des vœux.

►Un audit sur les antennes de police de quartiers pour en vérifier l’efficacité et un redéploiement des forces dans une BAC de jour.

Ceci ne peut se faire que dans le cadre d’une politique globale de sécurité où la municipalité prendrait sa part de responsabilité.

De la municipalité :

Et je rappelle nos propositions de création d’une police municipale et le déploiement d’une vidéo-protection. Ces deux outils ne sont à nos yeux pas l’alpha et l’oméga de notre conception de la sécurité : ce ne sont que des moyens d’actions supplémentaires dans un dispositif plus large, allant de la prévention à la répression.

Nous avions soutenu vos propositions s’agissant des vacations médicales au commissariat ou le financement de cellules de dégrisement. Marc Berthelot l’avait rappelé également pour notre groupe.

Mais aujourd’hui madame Salaun-Kerhonou vient de nous dire que vous ne financerez plus les cellules de dégrisement au commissariat, mais des travaux dans les antennes de police des quartiers.

Il est d’autant plus important  de disposer au préalable d’un audit par l’Etat,  portant sur  l’efficacité de ces antennes de police avant d’engager des fonds  municipaux dans ces réalisations.

 

Les Brestois manifestent aussi une inquiétude face à la montée du radicalisme

Nous vous avons alerté à l’occasion de la demande de permis de construire pour une école coranique. Nous n’avons pas eu le droit à une réponse sérieuse.

Aujourd’hui, nous voyons que c’est la petite enfance qui est menacée d’embrigadement.

Cela me semble justifier une alerte de la MIVILUDES – Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – pour un audit sur les risques de dérive sectaire islamique à Brest.

Nous sommes tous ici pour la liberté des cultes dans un cadre républicain et laïc, dans le respect intégral de la Loi.

La collectivité a un devoir de protection de la jeunesse. Nous devons, au vu des messages diffusés à partir de la mosquée sunna sur internet ou les réseaux sociaux, nous opposer aux dérives sectaires.

N’oublions pas que les statistiques officielles indiquent que le Finistère est actuellement classé dans la seconde catégorie concernant le nombre d’éléments radicalisés par département sur une échelle de 0 à 7 (42 individus radicalisés).

3 / un attentisme en matière de désenclavement

Il y a des annonces qui sonnent comme un rappel à nos combats. Une remobilisation des acteurs politiques et économiques est aujourd’hui nécessaire.

Nous apprenons en effet que le gouvernement vient d’engager un processus qui conduira à la réalisation de lignes LGV de Bordeaux vers Toulouse et vers Dax,  pour plus de 8 milliards d’euros.

Ce qui est possible pour ces lignes ne le serait-il pas pour Brest et pour Quimper ? Serions-nous moins périphériques que Toulouse ?

Ou alors aurions-nous moins de capacité à faire entendre notre voix et faire valoir nos revendications ?

Pourtant les risques de fracture et de décrochage économique et démographique pour l’ouest breton sont réels. De nombreux acteurs économiques – comme Investir en Finistère – l’ont clairement démontré.

Nous continuons à revendiquer la prolongation de la LGV vers Brest et Quimper mettant la pointe bretonne à trois heures de Paris.

Nous avions accepté de défendre dans le cadre du Débat Public une solution qui semblait faire consensus. On nous renvoie de manière dilatoire à des études supplémentaires. Nous refusons ces atermoiements.

Nous réclamons cette politique globale en faveur des infrastructures de transport pour la Bretagne occidentale rompant avec cette nouvelle logique qui se profile : une Bretagne à deux vitesses.

Il vous appartient Monsieur le Maire-Président de reprendre les initiatives.

Mobilisez l’ensemble des acteurs sur cet objectif vital pour notre agglomération, le pays de Brest et tout l’ouest breton, pour son tissu économique, pour ses habitants, pour sa jeunesse et vous nous trouverez de nouveau à vos côtés.

Je vous remercie.