Rémi HERVE, conseiller municipal et communautaire, élu du Rassemblement pour Brest, a  mis en évidence, lors du Conseil de Brest Métropole  du 13 octobre 2015,  les limites de la politique de stationnement de l’équipe Cuillandre, laquelle  n’a de cesse de considérer le stationnement payant comme une source de revenu pour la collectivité.

 

Remi Hervé« Monsieur, le Président,

Ce qui est en jeu, lorsque l’on parle de la politique de stationnement, c’est l’accessibilité du centre-ville et aussi, dans une certaine mesure, son attractivité.

Tout ce qui nous conduit à aller en centre-ville : habitat, emploi, études, commerce, etc., pour peu que l’on s’y rende en automobile, peut selon les conditions de stationnement offertes, être soutenu ou entravé.

Depuis plusieurs années, à Brest, il semble que nous soyons plus dans l’entrave que dans le soutien !

La lecture du diagnostic du stationnement en centre-ville réalisé en fin d’année 2014 est à ce titre tout à fait éclairante.

Depuis 2006, l’offre de stationnement a diminué. 500 places ont été supprimées par création d’aires piétonnes et réaménagement de voiries. Le tramway est passé par là ! Sur les places restantes, le diagnostic indique que l’offre payante s’est globalement élargie.

En ajoutant à cela les augmentations régulières des tarifs de stationnement votées par votre majorité, difficile d’échapper aux conséquences néfastes que l’on observe aujourd’hui.

Première conséquence, moins de visiteurs. Moins de visiteurs pour le commerce notamment. Dans la tête du consommateur automobiliste le raisonnement est simple.  Pourquoi aller en centre-ville où le stationnement est compliqué et payant alors que les zones commerciales en périphérie proposent de nombreuses places de stationnement gratuites ?

Deuxième conséquence, un déséquilibre dans l’utilisation des différentes zones de stationnement. En journée, il est constaté une saturation des zones gratuites et un sous-emploi des zones payantes.

Des graphiques très éloquents le montrent dans votre diagnostic : à 15 heures, dans le centre secteur Siam, les zones gratuites débordent (104% d’occupation) quand les zones payantes sont à moitié vides (53% d’occupation en zone verte et 40% en zone orange).

Autrement dit, les automobilistes qui viennent dans le centre préfèrent se garer « n’importe comment » là où le stationnement est gratuit plutôt que d’être obligés de mettre des pièces dans un horodateur.

Ceci étant dit, la délibération que vous nous proposez aujourd’hui sonne comme un mea culpa. Vous admettez avoir fait erreur et essayez de vous corriger. Cependant, avec l’inertie, il vous est difficile d’agir vigoureusement à l’inverse de vos habitudes passées.

Vous nous proposez de diminuer les tarifs des zones payantes, des zones oranges surtout, pour les durées de stationnement inférieures à une heure. Bonne idée. Mais pourquoi, ne pas être allé plus loin en appliquant la gratuité pour le premier quart d’heure, voire la première demi-heure ?

Par ailleurs, c’est une diminution en trompe l’œil puisque vous proposez d’augmenter parallèlement les tarifs au-delà de la première heure. Ce n’est pas acceptable.

A Brest, de façon générale, le stationnement est trop cher !

Et le niveau des tarifs pratiqué ne peut pas être justifié par la nécessité d’équilibrer les charges de la société Q-Park, délégataire de la gestion du stationnement payant. Depuis plus de 20 ans, ses recettes d’exploitation sont supérieures à ses recettes prévisionnelles, c’est encore votre diagnostic qui le dit !

D’autre part, le stationnement payant ne doit pas être considéré comme une source de revenu pour la collectivité. C’est un dévoiement du système qui conduit à une augmentation exagérée et injustifiée des tarifs et qui tend au final à repousser les automobilistes hors du centre-ville.

Pour améliorer l’accessibilité du centre-ville aux automobilistes et soutenir ce qui fait son attractivité, le commerce en particulier, il faut engager une baisse sensible des tarifs de stationnement.

Nous vous invitons en ce sens à renégocier dès maintenant les dispositions de la convention de délégation de service public d’exploitation du stationnement payant.

Dans l’attente, nous nous abstiendrons sur cette délibération ».