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Contrat métropolitain : un calendrier très électoraliste

Le Conseil de Brest métropole du 13 octobre dernier devait se prononcer  sur le contrat métropolitain 2015/2020.

Un catalogue de mesures et d’annonces bien opportunes qui coïncide avec les élections régionales de décembre prochain…

Bernadette MALGORN, présidente des élus du Rassemblement pour Brest,  a rappelé  que les vrais enjeux pour Brest – comme le désenclavement ferroviaire avec un véritable  TGV à 3h00 de Paris – sont absents de ce document. Elle a aussi ironisé sur cette précipitation à faire voter un texte  48 heures avant la dernière session du Conseil régional de Bretagne…

C’est ainsi que Bernadette MALGORN a mis en exergue le fait que « les majorités socialistes en Bretagne, à  Brest, au département ou à  la région  ont ceci de particulier dans leur mode de fonctionnement, elles agissent avec le même  atavisme :  la technique de la précipitation ou du passage  à la hussarde au mépris des échéances démocratiques…

Nous avions ainsi eu droit le 25 février dernier  à l’ARENA à la signature d’un contrat programmant les aides du département à la Métropole pour la période 2015-2020 entre vous-même M. le Président et  le président sortant du conseil général. A un mois des élections départementales,  il nous était promis des largesses pour demain !

Partout dans le Finistère, les élus locaux avaient été sommés de délibérer et de signer dans des délais particulièrement courts au risque d’être exclus  des aides départementales. L’assemblée départementale avait  dû voter un rapport de plusieurs centaines de pages déposé sur table sans examen préalable.

Nous avions donc voté contre ce Contrat de territoire lors du Conseil de la  métropole du 30 janvier 2015,  en désaccord avec cette méthode et avec certaines opérations dispendieuses comme le téléphérique.

Notre position était une position de principe et  avant toute chose la marque d’un profond  respect pour nos concitoyens et  leur parole.  Car nous toujours considérés que de telles décisions ne peuvent être imposées en fin de mandat, ni sans respect des votes démocratiques à venir, et des majorités issues des urnes.

La délibération qui nous sera soumise ne fait pas exception à cette politique.

Vos inquiétudes sont telles que notre conseil  communautaire se tient ce mardi 13 octobre,   à 48 heures de la dernière session de la mandature du conseil régional.

Pourquoi une telle précipitation, si ce n’est l’affichage d’une contribution à des projets censés séduire les électeurs à moins que ce ne soit la volonté de continuer à diriger, au-delà des échéances des 6 et 13 décembre prochains, une collectivité dont vos amis ne sont pas certains d’en conserver la majorité.

Au-delà des projets inscrits dans le Contrat Métropolitain 2015/2020  avec la Région Bretagne, c’est  donc tout un mode de gouvernance qui part d’une logique que nous réprouvons : enfermer une nouvelle majorité issue des urnes, sur des options qui ne seraient  éventuellement pas les siennes, tant sur le plan budgétaire que des politiques contractuelles.

Il est temps de reprendre les choses avec plus d’esprit démocratique et de respect de l’argent public.

L’ambition d’un territoire comme celui de Brest Métropole doit porter avant tout sur l’emploi, sur l’attractivité, sur l’insertion professionnelle pour nos concitoyens, sur l’équilibre  et la compétitivité, non pas les uns contre les autres  mais  dans une  volonté de synergie au niveau de la Bretagne Occidentale.

Deux remarques :

Le volet des transports.

Au lieu de reprendre la main sur ce dossier  sur un projet réellement structurant dans l’offre de transport, comme nous vous y invitons, vous préférez le téléphérique ou la préfiguration d’une seconde ligne de TCSP.

Ce contrat métropolitain n’évoque que les études, jamais sa concrétisation. On nous renvoie de manière dilatoire à des études supplémentaires. D’un côté l’Etat s’engage  en faveur de Toulouse et de Dax, de l’autre l’Etat se montre toujours aussi fuyant pour la pointe bretonne.

Je rappelle que nous avions accepté dans cette enceinte il y un an de défendre, dans le cadre du Débat Public, une solution qui semblait faire consensus.

J’ai évoqué il y a quelques jours à la Ville de Brest les annonces du gouvernement en faveur de la grande vitesse en Aquitaine et Midi-Pyrénées pour 8 milliards d’euros. Je m’interrogeais alors sur   la volonté politique des exécutifs en Bretagne pour parvenir réellement à mettre Brest et Quimper à 3h00 de Paris ?

Le volet emploi :

Ce qui permet de renforcer les pôles d’excellence brestois, l’université et les grandes écoles, sont essentiels et ne peuvent que recevoir notre aval.  Il en est de même pour ce qui concourt au développement des nouvelles technologies, de filières innovantes des EMR.

L’économie et l’attractivité de l’agglomération ne saurait se développer sur les seules économies publique ou résidentielle à coups de programmes immobiliers sans créations d’emplois. Cela ne peut produire une politique économique avec des perspectives de croissance durable, qui sont nécessaires à l’emploi.

Ce qui doit mobiliser nos énergies c’est donc l’économie productive, c’est la préservation de l’emploi commercial, c’est le développement de l’emploi industriel.

Or, nous observons que ces aspects font cruellement défaut dans ce projet de contrat métropolitain. »

Bernadette MALGORN a également  montré que les annonces faites par le gouvernement  il y a plus d’un an, dans le cadre du Pacte d’Avenir pour la Bretagne ne relevaient,  pour la plupart,  que de la technique de « l’enfumage ».

Les élus du Rassemblement pour Brest ont donc voté contre.