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Bruno SIFANTUS et la vocation maritime de Brest et Kiel

Les villes de Brest et de Kiel en Allemagne  sont jumelées depuis 1964. Une délégation conduite par le Président de la ville de Kiel, M. Hans-Werner TOVAR, avec un représentant de chaque groupe politique du conseil municipal, est présente à Brest du jusqu’au 29 octobre 2015.

Pour Bruno SIFANTUS, conseiller municipal et communautaire de Brest qui représentait les élus du Rassemblement pour Brest, lors de cette rencontre ce qui doit permettre de renforcer les liens futurs entre Brest et Kiel, c’est leur vocation maritime  commune et le développement de leurs économies maritimes.

 

 

 » Hérodote d’Halicarnasse, l’historien grec qui vivait dans l’actuelle Bodrum écrivait il y a environ 2500 ans : « Personne donc, parmi les hommes ne sait si l’Europe est entourée d’eau, ni d’où elle a pris son nom, ni quel est celui qui peut le lui avoir donné ».

Aujourd’hui encore, il est parfois bien difficile de dire qui constitue l’Europe.

L’Europe comme le rappelait il y a quelques années Bernardt Vogel alors président de la Fondation Konrad Adenauer, « l’Europe ne se réfère pas seulement à  une notion géographique elle est aussi plutôt une idée : une communauté de valeurs et de cultures ».

Des hommes politiques tels Jean Monnet, Robert Schumann, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer ont été les premiers à façonner cette idée. L’Europe  c’est la poursuite de deux rêves merveilleux : l’harmonie et le progrès.

C’est sur cette idée que nous avons fondé nos liens d’amitié. C’est sur cet héritage que nous avons devons bâtir notre avenir ; avec à Brest comme à Kiel une assurance : l’Europe est  indissociable de la mer.

Kiel et Brest sont deux ports européens importants, et nous avons aujourd’hui l’occasion d’affirmer tout notre intérêt pour de telles rencontres, de tels échanges, au moment où le continent, où nos pays, nos régions sont confrontés à des défis majeurs, des défis économiques bien sûr, mais aussi sociaux, quand la crise, et souvent la misère viennent frapper à la porte de nos sociétés et de nos villes.

Il n’est pas nécessaire de souligner qu’il est toujours profitable d’observer ce qui se fait ailleurs, quelles solutions pour quelles problématiques émergent chez nos partenaires, surtout quand ces partenaires jouent un rôle majeur pour l’avenir de l’Europe, comme c’est bien sûr le cas pour nos deux pays, et à notre échelle, pour nos deux ports.

Brest et Kiel ont chacun leur spécificité, leurs caractéristiques, leur potentiel, mais surtout, ils ont beaucoup d’intérêts en commun. Ils partagent une large et longue expérience des choses de la mer, et de la gestion de la transition entre la terre et la mer dont ils sont les symboles. Ils ont des intérêts communs au niveau de la préparation de l’avenir, et tout particulièrement quand il s’agit d’innovation, ou de montée en puissance de la numérisation et de l’automatisation. Ils ont des intérêts communs aussi, et dès maintenant, dans le développement de l’activité, garant d’une sortie plus rapide de la crise. Brest a un long passé militaire, témoin de ses capacités et de la compétence de sa population. Il n’est donc pas surprenant de voir le domaine de l’industrie navale et des services maritimes au cœur de nos intérêts. Mais il y a aussi beaucoup d’autres thèmes comme le tourisme, ou la santé, qui portent nos ambitions, et autour desquels doivent se construire nos échanges à venir.

Nous ne pouvons pas rester isolés. C’est vrai pour nous, pour Brest, plus que pour tout autre. Grand port du Finistère, au « bout de la terre », nous ne pouvons pas rester isolés du reste de l’Europe puisque nous en sommes, avec tout notre environnement une avant-garde maritime. Dans cette quête, une meilleure connaissance mutuelle, l’échange d’expériences, des projets réfléchis en commun, ne peuvent qu’ouvrir de riches perspectives.

Nos atouts sont nombreux, nous devons en tirer le meilleur parti. C’est d’autant plus vrai que nous sommes à l’aube d’une évolution importante qui nous concernera au premier rang. Il devient de plus en plus difficile, et vous le savez bien, de partager l’activité humaine sur les espaces terrestres, et d’en gérer les inévitables conflits d’usage, surtout en pays d’agriculture et d’élevage. L’avenir de nos régions, et donc bien sûr de nos ports, sera porté par les espaces maritimes, avec d’autres contraintes, mais avec un potentiel de ressources presque inépuisables, ressources minérales, biologiques, énergétiques.

La première étape, commencée à terre, ce sont les énergies marines renouvelables. Elles gagnent petit à petit le littoral et leurs « eaux brunes », et bientôt la haute mer avec des solutions ambitieuses comme l’utilisation de la force des courants marins ou l’éolien flottant. Le port de Brest s’y prépare activement autour du Polder. Même si le prix bas du baril de pétrole ralentit le développement de nouveaux projets, il donne le temps de réussir la phase de recherche et de développement technique, et si possible de le faire ensemble.

C’est cependant une vision beaucoup plus ambitieuse qui doit nous animer. Il s’agit d’imaginer de transposer en mer des activités qui trouvent de plus en plus difficilement leur place à terre. Au-delà du développement des domaines traditionnels comme la pêche, le transport maritime, et l’énergie, il s’agit de travailler aussi à l’implantation en mer de nouveaux équipements pour atteindre ces ressources qui sont à notre portée mais dans un environnement complexe et souvent dangereux. Ce sera aussi – pour garantir un développement durable –l’émergence, avec une nouvelle ampleur, de solutions de sécurité et de sûreté maritimes, de protection des ressources et de leur environnement, et de lutte contre les pollutions, tous domaines d’excellence pour nous tous.

Nos ports ont donc un avenir prometteur, très prometteur. A nous d’en tirer le meilleur parti, au bénéfice de nos populations qui se trouvent ainsi garantes du lien futur et vital entre la terre et la mer. »