Présidente du Rassemblement pour Brest, Bernadette MALGORN est également, la présidente des élus Droite & Centre de Bretagne.

C’est à ce titre qu’elle est intervenue  en  session du conseil régional de Bretagne d’octobre 2015 pour rappeler les grands enjeux de notre territoire et qui concerne au premier la Bretagne occidentale.

Elle a tiré le bilan de 12 années de gestion socialiste.  Son constat est clair :  aujourd’hui la Bretagne décroche !

Nous publions dès aujourd’hui,  et au cours des prochains jours,  son intervention particulièrement dense sur les thèmes  suivants :

  • l’accessibilité de la Bretagne ;
  • l’aménagement du territoire ;
  • les piliers de l’économie : terre et mer ;
  • la formation de l’apprentissage à l’université.

 

Intervention de Bernadette MALGORN

Conseil régional de Bretagne – Octobre 2015

 » Monsieur le Président, Chers Collègues,

Je voudrais tout d’abord dans cette session de fin de mandat me joindre aux orateurs précédents en ce qu’ils ont remercié les services qui ont œuvré durant ce mandat et vous exprimer, à ma manière, la sympathie de notre groupe.

Oui, Monsieur le Président, nous avons de la sympathie pour vous, vous être en quelque sorte notre Alec Guinness, non pas dans sa chute de l’empire romain, mais plutôt dans le pont de la rivière kwai.

Alors je ne dirai pas qui est le colonel Saïto ! Avec compétence et dévouement vous vous êtes consacré à un ouvrage dont on peine à discerner l’objectif et la direction.

La majorité socialiste est à la tête de la région depuis 2004. Qu’est devenue la Bretagne depuis lors ?

Il y a douze ans, l’économie bretonne était florissante, son entrepreneuriat dynamique incarné par des cohortes de patrons de PME en expansion aussi bien que par des capitaines d’industrie à la tête de groupes de renommée nationale voire internationale. Nous avions l’un des taux de chômage les plus bas de France. La dynamique démographique était encore assez équilibrée. Notre excellence en matière de formation des jeunes et notre haut degré de cohésion sociale étaient reconnus de tous.

La Bretagne de toujours, le vieux pays de nos pères, avait su cultiver, dans une alchimie subtile, terre et mer, villes moyennes et métropoles, innovations et traditions, cet équilibre très particulier lui donnant une attractivité bien au-delà des frontières nationales et même de l’espace européen.

Votre prédécesseur n’hésita pas à qualifier notre région de «tigre celtique » et nous avons gardé, avec fierté, le souvenir des bagadou défilant sur les Champs-Elysées pour célébrer cette réussite et notre culture, ciment de notre identité la plus profonde, mais en l’occurrence ne recueillait-il pas les lauriers de ses prédécesseurs.

Durant cette période, lorsque j’étais encore Préfète de la région, et oui les Préfets aiment la Bretagne, les Sous-préfets aussi d’ailleurs, et c’était pour moi un honneur de servir en même temps ma petite et ma grande patrie, j’engageais une démarche mobilisatrice : l’élaboration du projet d’action stratégique de l’Etat en région : le PASER.

Pourquoi une telle démarche ? A l’époque, alors que la Bretagne semblait bien ancrée dans la prospérité, et qu’il n’était pas encore question de crise économique, j’avais posé un diagnostic un peu différent, voire à contre-courant de la pensée dominante, qui révélait les fragilités de notre développement.

J’avais souhaité orienter l’action publique autour de quelques priorités qui m’apparaissaient essentielles pour l’avenir de la Bretagne. J’en rappellerais quelques-unes : l’amélioration de son accessibilité avec une vraie ligne à grande vitesse jusqu’à la pointe bretonne, la réponse à sa fragilité énergétique, la maîtrise de son foncier, la métropolisation de Brest pour en faire une capitale du Ponant rayonnant sur tout l’Ouest breton, l’anticipation et l’accompagnement des mutations économiques, une recherche au service de l’économie, le maintien du potentiel agricole et agro-alimentaire breton, la valorisation des activités liées à la mer, la promotion de la langue et de la culture bretonne grâce à la convention additionnelle au contrat de plan, sans oublier la promotion de la parité.

Vous me direz, Monsieur le Président, chers collègues des différents groupes de notre assemblée, que je viens là de décliner des éléments d’un programme que vous auriez pu faire, et peut-être l’aviez-vous fait, en partie, vôtre. De fait, ces propositions étaient au service de tous les acteurs bretons qu’ils soient politiques, économiques, culturels ou associatifs. Elles ont orienté, un certain temps, l’action de l’Etat en Bretagne.

Douze ans après, où en est la Bretagne ?

La crise n’a pas épargné la Bretagne : la crise financière de 2008, amplifiée par la crise des dettes souveraines de 2011, qui ont plongé l’Europe dans une situation inédite depuis la grande crise de 1929.

Cette crise dépasse la Bretagne, elle dépasse la France. Nous ne vous avons pas reproché bien sûr d’avoir une responsabilité dans son origine et sa propagation. Mais en commençant par en nier la réalité et les caractéristiques, vous avez manqué de réactivité, comme vous manquiez d’anticipation dans l’appréciation des forces et faiblesses de notre région.

Il est vrai qu’en Bretagne, cette crise a été un peu particulière. D’une part, dans un premier temps, elle a été amortie grâce à notre agriculture, nos industries agroalimentaires et au secteur du bâtiment, l’un des piliers de notre économie régionale avec ses milliers d’entreprises artisanales. D’autre part, comme pour toutes les régions françaises et européennes, au-delà des aspects conjoncturels, elle a mis au jour des fragilités structurelles de notre économie. Précisément celles que nous avions repérées en 2004.

Conséquences : aujourd’hui la Bretagne décroche.

Et, dans ce décrochage, vous portez une part de responsabilité.

Votre majorité n’a pas anticipé les mutations que connaissait notre région. Vous avez parfois même pris des décisions qui ont participé à la fragiliser plus encore.

Quelques exemples. (…) »

 

A suivre  :   La Bretagne décroche : l’accessibilité de la Bretagne.