La Bretagne décroche (2e partie) : l’accessibilité

Publié le Publié dans Développement économique et attractivité, Interventions et communiqués, Transports et accessibilité

Aujourd’hui nous publions la suite du discours   de  Bernadette MALGORN, présidente des élus Droite & Centre de Bretagne et présidente du Rassemblement pour Brest, lors de la session du conseil régional de Bretagne d’octobre 2015.

Cette seconde partie est consacrée à l’accessibilité de la Bretagne.

 » (…) Aujourd’hui la Bretagne décroche.

Et, dans ce décrochage, vous portez une part de responsabilité.

Votre majorité n’a pas anticipé les mutations que connaissait notre région. Vous avez parfois même pris des décisions qui ont participé à la fragiliser plus encore.

L’accessibilité de la Bretagne.

Certes notre collectivité a honoré ses engagements financiers aux côtés de l’Etat et de la SCNF avec la prolongation de la LGV Le Mans Rennes. Une fois acquise la réalisation de ce nouveau tronçon, vos discours et vos décisions ont subrepticement changé d’orientation. Souvenons-nous que le consensus breton portait bien sur la mise à trois heures de Paris de la pointe bretonne. La moitié du chemin a seulement été accomplie. On parle de moins en moins de LGV, c’est à dire de lignes nouvelles jusqu’à la pointe bretonne, et vous promettez, de manière très habile, la « diffusion » de la grande vitesse pour toute la Bretagne. En fait, nous le craignons vous avez abandonné le désenclavement dans le cadre de notre territoire national et de l’espace européen.

Vos subtilités n’ont pas eu raison de notre détermination.

Arrimer toute la Bretagne aux grands réseaux nationaux et européens est la condition du développement de toute la région pour le XXIème siècle.

Certes ce projet à un coût.

Mais quel sera le prix à payer par les prochaines générations si rien n’est engagé pour résorber notre périphéricité ?

Ce sont vos amis socialistes au gouvernement qui ont retiré la LGV bretonne des priorités du Schéma national des infrastructures de transports. Et sans remettre en doute la bonne volonté de notre vice-président aux transports, admettez que SNCF réseau a bien porté le coup de grâce en entérinant de fait l’abandon de LNOBPL. Vous n’avez pas eu la volonté politique de mener ce projet à bon port. L’actualité récente, avec la décision du gouvernement de prolonger la LGV sud-ouest vers Toulouse et Dax pour 8 milliards, nous montre qu’un combat politique n’est jamais perdu d’avance. Encore faut-il vouloir le mener.

Brest et Quimper seront au mieux à 3h15 de Paris une fois par semaine le vendredi soir et de temps en temps à 3h30.

Comble de l’ironie pour obtenir ce service minimum, la SNCF nous réclame 50M€. C’est la délibération que vous présentez comme une grande victoire dans la Décision modificative et que nous considérons comme une capitulation.

Ce n’est pas ce que j’appelle une politique de désenclavement au service du développement économique de la pointe bretonne.

Quand nous vous demandions de mettre un milliard sur la table pour déclencher la décision de l’Etat et de la SNCF, nous en avions les moyens. Sans doute est-il plus facile, comme vous l’avez fait, de voter 90M€ pour le métro de Rennes ou d’inscrire des crédits pour le téléphérique de Brest.

Aujourd’hui l’environnement juridique et financier qui encadre les transports collectifs n’a jamais été aussi flou et incertain. La loi NOTRe élargit nos compétences en matière de transport scolaire. Mais même si les échéances européennes en matière de concurrence pour les transports ferroviaires de voyageurs ont été repoussées à une période assez lointaine, on ne peut exclure que celle des bus Macron vienne fragiliser ce mode de transport.

Les TER des unités urbaines sont devenus des transports urbains pour lesquels nous ne percevons aucun financement. La compensation à l’euro près, pour reprendre une expression qui vous est chère, de l’augmentation du seuil pour le versement transport, n’est pas assurée dans la LFI 2016. Et n’oublions pas l’épisode du versement interstitiel. Le SNIT a été remplacé par « Mobilité 21 : schéma national de mobilité durable », mais on ne sait plus dans ce pays qui pilote les transports et avec quels objectifs ? La seule chose que nous pouvons constater, c’est que la charge pèse de plus en plus lourd pour notre collectivité.

Toujours dans le domaine des infrastructures de transports. Quid de l’aéroport de Notre Dame des Landes ? Ce projet a été relancé en 2000 et nous en sommes toujours au point mort. L’ancien Premier ministre, nantais, a bien confirmé sa réalisation. Le nouveau Premier ministre affirme que l’aéroport sortira bien de terre. Mais quand ? Posez la question et tout ce beau monde se tait. Pendant ce temps la Région paye pour participer à un syndicat mixte où elle n’a aucune raison d’être présente. Monsieur Le Drian l’avait reconnu et promis aux Bretons lors de la campagne des régionales de 2010 de ne pas y prendre part : promesse non tenue. Et pendant ce temps, les « zadistes » font du camping sur place.

Tout cela n’est guère sérieux et rassurant d’autant que SNCF réseaux est fort peu prolixe sur la réalisation de la liaison Rennes/Nantes, comme d’ailleurs sur Brest/Quimper.

La position de notre groupe en matière d’infrastructures de transports est claire. Il y a un trépied indissociable : LGV, Notre Dame des Landes et RN 164. Réaliser l’un sans l’autre n’aurait comme conséquence que d’accroître le déséquilibre territorial de la région. Il ne s’agit pas d’opposer l’est à l’ouest de la région. La vocation métropolitaine et de capitale régionale de Rennes ne pourra s’épanouir, face à la puissance de la région Ile-de-France, que dans un équilibre qui suppose que l’on renforce la pointe bretonne autour de Brest et de Quimper.

Vous n’en avez pas pris le chemin  (…) ».

A suivre :  la Bretagne décroche :  l’aménagement du territoire