La Bretagne décroche (3e partie) : l’aménagement du territoire

Publié le Publié dans Développement économique et attractivité, Interventions et communiqués, Urbanisme et environnement

Nous publions  la 3ème partie de l’intervention de Bernadette MALGORN, présidente des élus Droite & Centre de Brest et du rassemblement pour Brest (session d’octobre 2015 au conseil régional),  La Bretagne décroche, partie consacrée à l’aménagement du territoire.

 

drapeau breton

 

 » (…) L’aménagement du territoire.

Durant vos 11 années à la tête de la Région, vous avez mis les questions d’aménagement du territoire sous le boisseau.

Vos politiques territoriales ne sont pas de l’aménagement du territoire mais tout juste des politiques réparatrices. Car au final, que vous l’admettiez ou non, le fossé entre l’est et l’ouest de la Bretagne n’a cessé de se creuser depuis que vous êtes aux affaires.

Vous nous présentez un rapport tendant à montrer que les dotations régionales, nationales et européennes sont justement réparties selon les besoins des pays. Cet exercice comptable ne nous convainc pas et ne convaincra pas non plus tous ceux qui sont pénalisés par leur enclavement préjudiciable au développement des activités et de l’emploi.

Car l’aménagement du territoire, ce n’est pas l’addition des politiques qui sont mises en œuvre dans chacun des pays.

Nous assistons à une métropolisation de la Bretagne dévoreuse de terres agricoles et qui vient pomper ses besoins en eau dans le monde rural alors même que celui-ci se dévitalise. Il y a je ne sais combien d’observatoires du foncier en Bretagne qui observent ce phénomène. Mais observer n’est pas agir. Nous ne connaissons toujours pas votre vision de l’aménagement du territoire breton.

L’assemblée régionale n’a pas eu depuis 2010 à en connaître.

A votre décharge, il est vrai que, depuis 2012, l’aménagement du territoire est, au niveau national, dans une situation des plus nébuleuses. Le commissariat général à l’égalité des territoires, qui a succédé à la DATAR, en est toujours à se chercher lui-même.

Au lieu de la redéfinition d’un aménagement du territoire à la lumière de la crise, nous avons assisté à une fuite en avant institutionnelle.

En quelques mois, nous sommes passés de l’acte III de la décentralisation à l’embrouillamini des lois MAPTAM et NOTRe. Vous avez essayé, Monsieur le Président, d’en appeler à d’autres solutions. Mais même l’appui de vos amis politiques siégeant au gouvernement et dans notre assemblée vous a fait défaut.

Pourtant, nous n’avons pas oublié les engagements de Monsieur Le Drian sur la réunification de la Bretagne, pas plus que cette session extraordinaire sur la contribution de la Bretagne à l’acte III de la décentralisation, où vous présentiez vos préconisations comme un modèle universel.

Nous gardons en mémoire, après l’initiative du député Urvoas, votre appel vibrant, page de publicité à l’appui dans la presse régionale, pour la création d’une assemblée de Bretagne.

Qu’est devenu ce bel enthousiasme ?

La vérité, c’est que, pour vos amis politiques, le but de cette réforme était purement politicien et double.

Premièrement : tenter de sauver les meubles socialistes aux prochaines élections régionales en fabricant là des grandes régions artificielles et en renonçant ici à une réunification naturelle.

Deuxièmement : abroger coûte que coûte une réforme portée par le Président de la République et la majorité précédente comme ils l’ont fait à leur dépens d’ailleurs dans beaucoup de domaines et l’on voit que quelques années après ils sont obligés de revenir à la raison.

Pourtant la loi portant création du conseiller territorial n’était-elle pas une réforme d’avenir ? Une avancée démocratique ?

Certains de vos amis politiques l’avouent maintenant en catimini.

Mais le scrutin de liste est tellement plus confortable dans une optique partisane. Il permet de récompenser les services rendus, de reclasser les recalés du suffrage direct, de servir de salle d’attente à des destins nationaux.

N’est-ce pas là affaiblir la collectivité régionale ?

Est-ce le vrai sens de la décentralisation dont l’un des tous premiers objectifs devrait être de renforcer la démocratie locale ?

Aujourd’hui le conseiller départemental a plus de légitimité démocratique qu’un conseiller régional qu’il soit dans la majorité ou dans l’opposition.

A ce titre l’institution du conseiller territorial était une grande avancée démocratique et aurait donné plus de poids à notre collectivité tout en organisant la convergence entre la Région et le Département, au lieu d’organiser subrepticement la dévitalisation (sic) de ce dernier.(…) »

 

A suivre : La Bretagne décroche (4e partie) : les piliers de l’économie, Terre et Mer