Nous publions  la 4ème partie de l’intervention de Bernadette MALGORN, présidente des élus Droite & Centre de Brest et du rassemblement pour Brest (session d’octobre 2015 au conseil régional),  La Bretagne décroche, partie consacrée aux piliers de l’économie bretonne : Terre et Mer.

« (…) Les piliers de l’économie : terre et mer.

La crise économique a mis en relief à la fois les forces et faiblesses de l’économie bretonne. L’agriculture et l’industrie agroalimentaire en sont un symbole. Elles procurent beaucoup d’emplois, structurent notre territoire, elles ont eu un effet amortisseur de la crise. Cet effet a été de courte durée et le réveil a été brutal quand les Bretons se sont rendus compte que dans un monde globalisé, notre agriculture et nos industries agroalimentaires n’étaient plus les champions toutes catégories. Ils ont aussi découvert que, contrairement aux idées insidieuses que vous avez distillées, les industries agroalimentaires sont délocalisables. Elles s’implantent près des marchés ou près des lieux de production.

Durant ces onze années, avec vos messages ambigus, vos tergiversations, vous n’avez pas su fixer un cap à l’agriculture bretonne. Vous n’avez pas conforté le modèle productif qui est le seul à même d’apporter la matière première à l’industrie agroalimentaire. Vous êtes pris en tenaille entre la réalité économique et vos alliances politiques. Vos alliés écologistes défendaient une certaine vision, opposée à la nôtre, mais qui, dans son idéalisme et son irréalisme, ne manquait pas de cohérence. Le monde agricole, confronté à la dure réalité de l’économie, attendait autre chose.

Pour essayer de satisfaire tout le monde, vous avez inventé la « nouvelle alliance pour l’agriculture ».

Nous nous y sommes fermement opposés. Vos documents passaient par pertes et profits l’agriculture productive et exportatrice, socle de l’économie bretonne, et faisait fi des problèmes de compétitivité.

Ne revenons pas sur la situation de nos filières animales.

Est-il acceptable, avec le potentiel qui est le nôtre, qu’en quelques années, l’Allemagne et l’Espagne nous taillent des croupières ?

Comment en serait-il autrement quant aux normes européennes et nationales, vous rajoutez des conditionnalités régionales ?

Nous ne disons pas que votre majorité est à l’origine de la crise agricole, mais nous vous reprochons de ne pas l’avoir anticipée et de ne pas avoir réagi à la hauteur des problèmes.

Comment dans ces conditions encourager des jeunes à s’installer, des producteurs à investir ?

Le double langage permanent que vous tenez sur ces questions, votre frilosité à intervenir dans ce secteur, les orientations floues que vous avez prises ont participé à déstabiliser un secteur économique traversant une crise profonde dans un contexte européen qui a bouleversé les règles de la PAC.

Autre secteur économique pour lequel la Bretagne dispose d’indéniables atouts : la mer. Nous sommes la première région française pour la pêche, et, comme l’agriculture, ce secteur connaît une crise profonde.

Là encore, manque d’anticipation et d’ambition.

Flotte vieillissante, mode de propulsion énergivore, réglementations de plus en plus sévères sur les espèces et les quotas. On a pu lire dans la presse régionale que « la filière pêche se cherche un avenir ». Si rien n’est engagé rapidement, dans ce secteur clé de notre économie littorale, les bateaux de pêche de nos ports ne seront plus que des souvenirs de cartes postales.

les élus RPB devant l'hydrolienne Sabella D10
les élus RPB devant l’hydrolienne Sabella D10

A côté de la pêche, les EMR représentent pour la Bretagne un réel gisement d’activité, de richesses et d’emplois. Et nous avons soutenu, avec lucidité et détermination, l’important programme de travaux du port de Brest engagé par notre collectivité. C’est un investissement important, plus de 200M €, il doit être un investissement d’avenir. Car attention, sur ce créneau nous sommes en concurrence avec d’autres sites. Depuis la décision du gouvernement Fillon de faire de Brest le pôle national de référence des EMR, vous avez manqué de combativité, des projets industriels se déploient déjà dans d’autres régions.

Si le secteur de la réparation navale à Brest est en train de sortir de la zone rouge, il reste toujours fragile. La réparation navale civile aurait besoin d’être appuyée par un fort pôle militaire. Mais où se fera l’entretien des sous-marins « barracuda » : à Brest où à Toulon ? Peut-être le ministre de la Défense le sera-t-il encore suffisamment longtemps pour nous le faire savoir avant les élections régionales ?

Vous n’avez pas fixé de cap à l’économie bretonne.

Allez-vous la laisser glisser lentement mais sûrement vers une économie résidentielle, avec un chômage endémique qui a pratiquement doublé en 10 ans. Ou allons-nous relever le défi pour nous orienter vers une économie productive, créatrice de valeurs et d’emplois ?

Pour atteindre ce but, levons les contraintes qui pèsent sur les entreprises et mettons la région à leur service plutôt que de les encadrer dans des schémas prescriptifs qui étouffent les initiatives.(…) »

 

A suivre : La Bretagne décroche (5e parti) La formation : de l’apprentissage à l’université.