La majorité  socialiste du Conseil départemental du Finistère  a engagé un semblant de concertation autour du devenir du collège de Kérichen à Brest.

Les élus  du Rassemblement pour Brest, Bernadette MALGORN,  présidente, Véronique BOURBIGOT et Marc BERTHELOT ont rencontrés à plusieurs reprises les équipes pédagogiques, des représentants d’organisations syndicales et les représentants des parents d’élèves afin d’examiner l’ensemble des données objectives sur ce dossier, pas uniquement les arguments de ceux qui veulent fermer le collège.

Les seuls arguments présentés par l’exécutif départemental – parmi lesquels siègent d’ailleurs un grand nombre d’élus brestois ou amis  de l’équipe Cuillandre  (Mmes Abiven, Gueye, Bonnard-Le Floch et  MM. Labbey, Respriget, Salami)  –  ne sont pas recevables en l’état, car ils tendent tous vers un seul objectif : justifier et préparer  la fermeture du collège de Kérichen, à la rentrée 2016 !

Lors du dernier rassemblement de soutien au collège le vendredi 27 novembre, place de la Liberté,  Marc BERTHELOT  était allé à nouveau  à la rencontre des opposants à la fermeture de l’établissement.

Au plan départemental  c’est l’élue du  Rassemblement pour Brest, Véronique BOURBIGOT, conseillère départementale qui est en première ligne pour défendre l’établissement et surtout réclamer une conception plus conforme à l’esprit de dialogue et de démocratie participative.

Elle était intervenue en session du conseil départemental  le 22 octobre dernier pour fustiger ce manque de transparence et l’absence de véritable concertation sur ce sujet.

Nous publions ci-après son intervention du 22/10/2015

 

Véronique Bourbigot
Véronique Bourbigot

 » Chers Collègues,

Cette délibération répartit les moyens alloués aux collèges finistériens pour l’année 2016.

Elle évoque donc le cas particulier des deux collèges pour lesquels une procédure de concertation autour d’une éventuelle fermeture a été engagée par la Commission Permanente du mois de septembre.

Concertation n’est d’ailleurs pas le terme  qui  s’adapte le mieux  à la situation  présente notamment  pour le collège de Kérichen à Brest.

Pour les établissements de Kerichen et Commana, la dotation 2016 est minorée puisque les mois qui suivent la rentrée scolaire 2016/2017 ne sont plus pris en compte dans le calcul.

Les choses sont donc claires pour votre majorité :

Exit la fameuse concertation, les établissements concernés étant,  dans votre esprit et dans vos décisions budgétaires, déjà condamnés et à terme fermés.

Votre logique  n’est pas la nôtre. Je souhaiterais donc m’attarder sur le cas du collège de Kerichen.

En septembre dernier, la Commission permanente a accepté le principe de la participation du Département à une procédure de concertation, et j’insiste sur le terme « concertation » « autour de la fermeture de ces établissements sachant que l’Assemblée départementale serait amenée à se prononcer à l’issue de cette démarche »… C’était là précisément les mots de la délibération qui laissaient bien penser qu’aucune décision n’était définitivement prise.

Concertation n’est pas décision, ou alors nous n’avons pas le même dictionnaire.

Pourtant,  depuis septembre dernier, tout est organisé sous le seul prisme de la fermeture. Tout  s’articule pour tendre vers ce seul objectif, avec comme échéance la fin de la présente année scolaire.

* * *

L’examen des chiffres de la population collégienne sur le Département, sur Brest et sur le collège de Kérichen en l’occurrence  nécessite certes de s’interroger et d’avoir une approche  globale et pas uniquement comptable.

Quelles sont les raisons de ces évolutions à la baisse du nombre d’élèves ?

Quels sont et quels doivent être les moyens investis pour l’avenir de nos enfants ?

Peut-on y remédier, ou à tout le moins comment répartir différemment l’offre d’enseignement ?

Cela personne ne le conteste comme je crois d’ailleurs que personne ne conteste la nécessité d’une nouvelle sectorisation des collèges brestois.

Ceci étant, cette réflexion doit prendre en compte tous les enjeux du constat, et notamment, celui consistant à refuser un recul de la qualité de l’enseignement et de l’accueil des élèves.

Ainsi, le cadre de la discussion autour de ce sujet est assez ouvert et les intervenants – personnels, usagers, citoyens, élus – sont disponibles pour une réflexion poussée et concertée permettant de déboucher sur une solution.

* * *

La concertation votée en septembre aurait pu, aurait du, être l’occasion d’échanger les visions des différents acteurs sur la situation du collège de Kerichen et sur la sectorisation des collèges brestois.

Mais cette « concertation » a mal débutée parce que vous avez créé les conditions propices à son échec.

Une réunion s’est tenue à Brest le  13 octobre dernier en présence de votre Vice-président en charge des solidarités.

Nous sommes quelques-uns dans l’hémicycle et nombreux dans les tribunes à avoir en réalité assisté à ce simulacre, car point de concertation mais une réunion de présentation d’une chronique  de la mort annoncée de Kérichen.

On retrouve d’ailleurs dans les termes mêmes  de la délibération d’aujourd’hui l’état d’esprit de l’exécutif départemental qui n’appréhende cette phase que comme une période de communication jusqu’à la fermeture du collège.

Cette volonté a d’autant plus de mal à passer que vos arguments ne sont ni développés, ni expliqués.

Outre la baisse des effectifs, la délibération de septembre semblait s’appuyer sur la réglementation sur la mixité sociale et la réforme du collège pour justifier l’éventuelle fermeture de Kerichen.

Mais où est le diagnostic étayé  permettant d’avoir une vision globale, pas uniquement comptable comme je le disais  il y a un instant  mais  sur  un ensemble de données : la mixité, l’intégration dans le milieu, l’offre et la cohérence du dispositif d’enseignement sur le secteur.

Nous n’avons pas  de  véritable argumentaire adapté à la situation du collège.

L’échange avec la communauté éducative et les parents d’élèves permet d’élargir la vision sur la situation du collège. Encore faudrait-il  que vous les entendiez.

Jusqu’à présent,  votre approche repose sur le simple plan de l’évolution des effectifs sans prendre en compte d’autres éléments comme notamment la position de l’établissement au sein d’un ensemble scolaire qui comprend des niveaux de primaire et trois lycées.

Cette donnée est très importante car on peut légitimement penser que cette fermeture va fragiliser l’école primaire et surtout les lycées. Dans les cités scolaires, on sait que les liens entre les différents niveaux sont très forts et qu’une logique de recrutement existe d’un établissement à l’autre. Supprimer le collège va sans nul doute déstabiliser l’ensemble et perdre en cohérence.

Par ailleurs, la réflexion de votre majorité semble ne pas analyser suffisamment l’impact de la fermeture de Kerichen sur les autres collèges sur lesquels les effectifs vont se reporter.

La délibération du mois de septembre évoque une taille critique d’environ 450 élèves pour qu’un établissement puisse réunir les meilleures conditions d’enseignement. Or, la nouvelle répartition des élèves si la fermeture était actée conduirait à voir les effectifs des autres collèges exploser ce qui génèrerait forcément des coûts supplémentaires de gestion.

Nous le savons tous  ici   les établissements du secteur sont  situés dans des zones où se cumulent des difficultés sociales et d’intégration.  Sans doute là  plus qu’ailleurs il faut y mettre plus d’humain, plus de doigté, plus de médiation. Or c’est tout l’inverse  que vous vous apprêtez à  instaurer.

Enfin, et pour poursuivre sur cette question des coûts, l’argument de l’économie pour le budget départemental semble finalement ne pas être valable car de l’aveu même du Vice-président pendant la réunion publique, sa fermeture aboutirait à réaliser une économie équivalent à 1% du budget départemental.

Or, la nouvelle organisation avec la « re-sectorisation » des élèves aura nécessairement pour conséquence d’entrainer d’autres dépenses pour les collectivités concernées.

Aussi, si la baisse constante des effectifs est réelle elle ne doit pas être le seul élément que le Conseil Départemental doit prendre en compte dans cette période de concertation pour décider de l’avenir de ce collège.

La réponse ne peut pas être si simple et si abrupte.

* * *

Madame la Présidente, je vous demande  de faire preuve d’ouverture d’esprit et de veiller à ce que le dialogue se renoue entre le Département et les personnes qui font vivre cet établissement.

Ils ont une expertise sur le sujet qui dépasse le simple cadre scolaire mais qui porte également sur l’impact de la fermeture de cet établissement sur la ville et les familles concernées. Leurs arguments méritent d’être entendus avec respect.

* * *

S’agissant de notre délibération de ce jour, sur les dotations aux collèges, il y a deux approches :

– la vôtre  qui prévoit  pour Kérichen et Commana, des dotations minorées ;

– la nôtre qui consiste à ne pas préjuger du devenir des établissements  avant le terme  de la concertation et du vote  démocratique des élus de cette Assemblée.

Comme souvent, ce n’est pas parce qu’une réponse simple (en l’occurrence pour vous la fermeture) semble convenir au problème qu’elle est pertinente.

Je vous remercie. »