L’examen  le 11 décembre dernier par le conseil de Brest Métropole du Rapport aux actionnaires de la SPL Eau du Ponant (Société Publique Locale)  a été l’occasion pour le groupe des élus du   Rassemblement pour Brest par la voie de Bruno SIFANTUS de mettre en évidence la gestion de cette Société par l’équipe  Cuillandre.

Une gestion qui conduit pour l’avenir vers des perspectives particulièrement inquiétantes.  C’est ce qui ressort de l’intervention de Bruno  SIFANTUS  qui  a donc amené les élus du Rassemblement pour Brest au conseil de Brest Métropole a voté  contre ce rapport.

 » Eau du Ponant est encore une jeune société, tant par son statut que par sa création récente, qui vient renforcer la mise sous contrôle par la métropole des principaux services à la population. Le rapport qui est soumis à notre approbation est donc intéressant pour juger de l’opportunité de cette orientation. Il met en évidence les difficultés auxquelles la société, et donc son actionnaire majoritaire, seront inévitablement confrontés.

Le premier point qui en ressort concerne le réseau de distribution. La durée de son amortissement dans les comptes passe ainsi en moyenne de 40 à 50 ans. Faut-il en déduire que ce réseau est en meilleur état que ce qui avait été annoncé à la naissance de la SPL Eau du Ponant (Société publique locale  Eau du Ponant)   ?

Faut-il y voir un effet des travaux qu’il fallait de toute façon entreprendre à l’occasion de la réalisation de la première ligne de tram ? On peut noter d’ailleurs que l’opérateur qui était auparavant en charge reste un sous-traitant majeur, à hauteur de 7 M€ en 2014, et que la SPL prend du retard dans la réalisation de ses travaux à hauteur de plus de 2 M€…

Quoiqu’il en soit, Eau du Ponant se retrouve avec une dette élevée, à environ 90 M€, dont la plus grande part vient du transfert de la dette jusqu’ici portée par la métropole. On peut noter que ce transfert tombe bien pour faire baisser – artificiellement bien sûr – la dette de notre communauté territoriale en la faisant passer hors bilan ! En revanche, les financeurs, même traditionnels, se montrent à cette occasion, comme nous, extrêmement prudents en exigeant hypothèques et niveau élevé de garanties.

La nouveauté du statut public de la société ne peut en être le seul motif. Il faut plutôt chercher du côté des risques qui pèsent sur une société sous capitalisée :

  • D’abord une incertitude sur les ressources à venir. La consommation diminue, la production stagne, les impayés devraient augmenter avec l’impossibilité désormais de couper l’eau aux particuliers, tous éléments qui impactent directement le chiffre d’affaires. Ce phénomène n’est pas prêt de se retourner compte tenu de la baisse observée et prévisible de la population d’une part, et de la pression écologique de l’autre.
  • Ensuite, la facturation de l’eau aux particuliers, qui a augmenté – bien opportunément – de plus de 20% sur la mandature précédente, se stabilise maintenant, mais à un niveau artificiellement élevé. Et on peut donc craindre qu’au lieu d’être un prix coûtant, le prix de l’eau devienne un « prix politique ».

 

  • Troisième point, la gestion de la dette : avec une dette élevée et une capacité d’autofinancement prévue en diminution au moins jusqu’en 2018, comment seront financés les travaux ou les futurs sur le réseau. Les subventions de la métropole, telle celle prévue par la délibération n°31 pour un demi M€, ces subventions n’y suffiront pas. On peut regretter concernant la dette que les pages du rapport qui auraient été utiles pour analyser le détail de la capacité d’autofinancement soient absentes, par exemple la page 3 du rapport du commissaire aux comptes !
  • Enfin, la SPL porte, comme d’autres satellites, des charges de fonctionnement qu’elle aura du mal à maîtriser.

Ces perspectives inquiétantes font qu’Eau du Ponant se trouve désormais dans l’obligation d’étendre, à tout prix, son marché vers le Pays de Brest et probablement au-delà, et de s’en donner les moyens, ce qui nous l’avons vu sera loin d’être aisé… L’insert dans la révision du SDCI d’un paragraphe vantant la société montre bien l’urgence de cette préoccupation pour garantir l’avenir.

Mais vous avez dit – il était, il est vraie question de gaz – que pour une usine, seul importe de produire, peu importe comment et à quel prix. Les clients qui sont aussi les contribuables et les usagers apprécieront le rôle de garant dont ils se trouvent, de fait, ainsi chargés. «