Une semaine après la Brest Métropole, le conseil municipal de Brest de ce 30 juin 2016  était appelé à son tour à examiner les comptes de Brest pour l’exercice 2015.

Le compte administratif est l’instant qui montre la réalité budgétaire de notre Ville.

C’est Bruno SIFANTUSconseiller municipal et communautaire qui a ainsi exprimé la position du Rassemblement pour Brest.

« Au cours de l’année 2015, tout a été fait pour atténuer les effets de la crise sur la ville elle-même en faisant porter au budget de la Métropole dans cette période une bonne partie de l’effort demandé, notamment pour compenser la baisse des dotations de l’Etat, ce qui vous avait permis d’afficher une stabilisation de l’imposition locale.

Dans la réalité, et malgré ce souci de faire de la ville une vitrine qui reste présentable, on observe à la lecture du compte administratif 2015, les mêmes tendances négatives, ce qui n’est guère surprenant. Dans le climat délétère qui règne sur le pays, fait de sentiment d’insécurité, de mouvements sociaux touchant toute l’activité économique et particulièrement les services aux usagers, et de perspectives peu rassurantes notamment dans les domaines financier et international, les comptes de la ville ne font que confirmer les inquiétudes soulevées par ceux de la Métropole.

Dans ce contexte, vos efforts pour maîtriser les dépenses de fonctionnement, qui touchent d’abord vos personnels, commencent à avoir les effets sociaux que nous avions annoncés, cette salle en est le théâtre régulier. Le poids en pèse surtout sur la ville, pour les quatre cinquième, qui voit ses remboursements des services communs augmenter de +2,2%, pour une masse salariale qui augmente, elle, de 0,6%. La ville achète – cher – toujours plus de services…

Grâce à la Métropole, un certain niveau d’investissement a pu être maintenu à la ville. On observe d’ailleurs à cette occasion, et probablement grâce à ce « swap », un petit début de prise de conscience des risques d’une politique trop débridée de construction de logements aux marges de l’agglomération. On a en effet plus construit à Brest que sur la métropole, avec un produit fiscal qui augmente plus vite, mais dans un marché immobilier qui reste fortement déprimé, plaçant l’agglomération parmi les grandes métropoles où les prix sont les plus bas.

La baisse de -3,6% des droits de mutation ne fait que confirmer cet état de fait. Il faudrait beaucoup plus d’ambition pour inverser cette tendance lourde, et relancer commerce et activité économique. Il faudrait aussi que la position dominante des organes satellites de la collectivité pèse moins sur ce marché…

La pression fiscale augmente donc alors que l’inflation est et reste désespérément nulle. Le produit global des impôts et taxes bondit de 2,2%, et tout comme à la métropole, cette fiscalité vient opportunément compenser la baisse des dotations de l’état. Ce qui n’est pas réclamé au niveau national au titre de nécessaires économies se trouve de fait payé localement, et d’abord par les ménages (à hauteur de +3,3%). Et le poids de ce transfert de charge pèse sur le nombre toujours plus réduit des ménages qui payent effectivement.

Enfin, nous voyons la ville poursuivre son désendettement pour atteindre un encours de 44 M€ environ, apparemment rassurant. Mais l’effort fait sur la présentation des garanties d’emprunt est l’occasion de rappeler qu’il ne faut pas oublier que ces garanties couvrent de fait des dettes décidées au sein de la « maison commune », en premier lieu par BMH et plus modestement la SEMPI, dont vous partagez le contrôle avec la métropole. C’est à un niveau de plus de 150 M€ que s’élève le volume de dettes engagés sous votre autorité et que vous garantissez ainsi avec une casquette de « banquier ». Faut-il rappeler aussi que le contribuable brestois est bien sûr aussi contribuable métropolitain, et qu’il est à ce titre aussi responsable des dettes directes ou garanties à ce niveau, pour plusieurs centaines de millions d’€.

Rien malheureusement n’est rassurant pour l’avenir de toutes ces dettes directes ou « indirectes ». Plus globalement, la tentative de préserver la ville en chargeant la métropole ne pouvait avoir d’effet de long terme. Elle n’aura pas ralenti le déclin régulier qui la touche. Concentrons-nous donc plutôt sur la relance du commerce et de l’activité économique. Faisons en sorte que l’on revienne à Brest, et que ces retours créent l’infrastructure… et non l’inverse.

Pour toutes ces raisons, nous n’approuvons pas le Compte administratif 2015, et nous voterons également contre les trois délibérations suivantes qui en valident de fait l’orientation politique. »