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Les Satellites de Brest Métropole : un système qui s’essouffle.

Le Conseil  de Métropole du 14 octobre dernier examinait  les différents rapports d’activité pour l’année  2015 de satellites : Sociétés d’économie mixte, Sociétés publiques locales…, dans le giron de Brest Métropole.

FOTO LBS MétropoleL’occasion pour Bruno SIFANTUS,  conseiller municipal et communautaire Brest, de rappeler les positions du groupe Rassemblement pour Brest et notamment sur quatre de ces  Sociétés  sous le contrôle majoritaire de la métropole avec le support de la ville de Brest :  SEM BMA sur le secteur immobilier, SPL et SEML SOTRAVAL pour le traitement des déchets, et Brest’aim pour les divertissements.

Pour Bruno SIFANTUS, « les rapports donnent sans surprise une image positive de chaque entité, mais sont plus discrets sur leurs préoccupations. Ces sociétés, qui insistent souvent sur leur position de « véritable entreprise » ont désormais un besoin impératif de se développer, notamment sur le marché privé. Toutes doivent développer leur activité bien au-delà de la métropole et du pays de Brest, BMA (Brest Métropole Aménagement) en premier lieu qui voit son plan de charge diminuer avec la clôture de plusieurs ZAC et la fin en 2017 du projet des Capucins, et dont le plan stratégique manque de perspectives positives. On voit aussi les SOTRAVAL dont l’activité plafonne, prospecter de nouveaux marchés dans le domaine de la production d’énergie. On voit encore, pour mémoire, BMH (Brest Métropole Habitat) adopter une comptabilité de commerce.

Le contrat de réciprocité ville-campagne que vous allez signer se place peut-être aussi dans cette perspective de développement des sociétés de la « maison commune »…

Mais les résultats de ces satellites ne sont souvent présentables  qu’en raison  d’un niveau de subvention élevé. Très élevé dans le cas de Brest’aim, de l’ordre de 11 M€, soit plus de la moitié du chiffre d’affaires, ou près du tiers du produit d’exploitation. Et vous souhaitez voir s’élargir encore ces subventions en sollicitant les autres échelons, départementaux, régionaux et nationaux pour « faire payer ainsi ceux qui bénéficient des prestations alors qu’ils ne vivent pas sur la métropole ». Les résultats que vous nous présentez n’ont donc pas grande signification.

Dotées de nouvelles capacités  sur le plan fonctionnel comme sur le périmètre géographique d’action, vos satellites n’ont souvent plus de réelle concurrence et monopolisent de fait leur marché, avec l’ambition, nous l’avons vu, de couvrir un espace bien plus large que la métropole. Il est bien difficile dans ces conditions de juger de l’efficience économique de leur stratégie.

En revanche, et bien que les rapports soient très discrets sur le niveau de la dette de ces satellites en général sous capitalisés, il est bon de se souvenir qu’ils sont bien commodes car ils permettent, à la métropole  d’afficher un niveau d’endettement le moins inquiétant possible. La réalité, c’est que même si l’on ne regarde que  le montant couvert par des garanties de la métropole et de la ville de Brest, on atteint pour les satellites évoqués aujourd’hui, y compris BMH, un montant de dettes d’environ 400 M€, du même ordre que la dette de la métropole elle-même…

Nous avons donc là des éléments d’un système qui s’essouffle mais neutralise les marchés de services au moment où l’industrie continue de s’affaiblir.

Pour toutes ces raisons nous n’approuverons pas les quatre rapports BMA, SOTRAVAL et Brest’aim, et nous nous abstiendrons sur les autres. »

brest-nebuleuseSciage n°1 – journal des élus du Rassemblement pour Brest