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Le flou de la stratégie numérique de Brest Métropole

Alors que Brest Métropole vient d’adopter un projet de Stratégie numérique  pour l’agglomération, Bruno  SIFANTUS, élu Rassemblement pour Brest  s’interroge sur l’architecture  du document, et surtout  sur la faiblesse de celui-ci en terme de hiérarchisation des priorités, l’absence de  calendrier et le flou absolu sur les enveloppes financières. Autrement dit, tout ce qui constitue  une véritable stratégie ! 

Il s’agit donc, tout le monde l’aura compris, plus d’un document politique que stratégique.

Intervention de Bruno SIFANTUS  le 14 octobre 2016 (conseil de Brest Métropole) : « La stratégie numérique que vous demandez d’approuver est un document dense mais parfois difficile à interpréter. Comme cela a été indiqué lors de la présentation en commission, il est cependant possible d’identifier deux grands volets dans les mesures envisagées.

Le premier concerne les projets les plus physiques et matériels, avec le déploiement des infrastructures et des réseaux – la fibre notamment, d’une part, et le soutien à l’économie locale d’autre  part. Ce premier volet semble faire consensus et nous y adhérons pleinement. Le second volet est plutôt de nature logicielle. Il s’intéresse surtout aux « supports d’influence », à la « ville connectée et collaborative », et cible en particulier tout le système éducatif et académique. Il soulève plus de questions. Quand on regarde la part consacrée à chacun de ces deux volets, on peut regretter que le document ne s’attarde guère sur le premier, alors que le second est complaisamment développé, sans que la nature des projets soit toujours bien explicite.

Sur le premier volet, le soutien au développement de l’économie reste peu incitatif. Plusieurs domaines nouveaux d’activité semblent délaissés, comme le stockage massif et protégé de données, ou encore les grands systèmes de gestion, par exemple pour fédérer les acteurs de la sécurité maritime, voire – et cela devrait être une priorité, fédérer les acteurs de la sécurité dans la métropole. Le territoire a pourtant des atouts particuliers à faire valoir auprès des grands groupes industriels du domaine pour les attirer vers nous.

En revanche, on voit bien, sur le deuxième volet, la volonté de démultiplier la capacité d’influence de la métropole et de la ville de Brest sur leur population, avec pour cible privilégiée la jeunesse et les organismes de formation de tous niveaux et de toute nature. Le souci idéologique est patent derrière les priorités  affichées, faisant ainsi écho à une politique de communication déjà omniprésente dans la vie locale.

Enfin, aucun calendrier même sommaire, ni aucun élément financier dans ce long document ! Rien qui permette de se faire une idée de la réalité des efforts qui seront a priori engagés, ni du poids respectif de chacun des domaines ou de chacune des 44 tâches annoncées. C’est donc de copieuses mais assez vagues orientations que vous nous proposez, plus qu’une réelle stratégie, datée et financée.

Pour ces raisons, et malgré notre soutien déterminé à la numérisation du territoire et de son économie, notre groupe s’abstiendra d’approuver ce document. »