Ce 19 Novembre 2016, M. Cuillandre a inauguré, avec Mme Royal, « son » téléphérique, choisi comme nouveau moyen de liaison entre les deux rives de la Penfeld. Il l’a fait sans avoir su convaincre de sa pertinence, et froidement « douché » par la publication dans la presse locale, d’un brutal plan de rigueur, qu’il aurait bien voulu garder secret quelques mois encore.

L’opération « de prestige » se trouve ainsi, comme les élus du Rassemblement pour Brest le soulignent depuis la campagne municipale de 2014, ramené à son statut de faute de gestion.

Le choix d’une liaison aérienne par câbles était biaisé dès le début. Les exigences du ministère de la Défense concernant la Penfeld ont été avancées comme argument majeur dans le choix du téléphérique. Il fallait, soi-disant,  laisser passer de grands navires militaires.  Or, cette contrainte a disparu  bien opportunément après l’avis favorable émis par le commissaire enquêteur sur la future liaison par câble entre Siam et les Capucins  et, à quelques jours du conseil de Brest Métropole (9 juillet 2015) appelé à déclarer ce projet comme d’intérêt général : les grands navires militaires ne seront plus là où le téléphérique lui sera !

Le changement de donne qui avait déjà fait évoluer, au cours de l’été 2014, la procédure de réalisation (et permis d’intégrer  une gare en encorbellement sur la rive gauche de la Penfeld), avait été l’occasion pour le Rassemblement pour Brest, comme  durant l’enquête publique (avril-mai 2015), de regretter que les solutions alternatives, multimodes et moins coûteuses en coût global aient été écartées. Évalué à environ 38 M€ au km, le téléphérique est bien un choix coûteux – surtout sur une distance si courte – et désormais privé de sa principale motivation.

Les différentes hypothèses n’ont été comparées que sur leur prix d’acquisition. Les conditions d’amortissement de ce lourd investissement et les coûts induits et récurrents de mise en œuvre et de maintien en condition, incontournables pour assurer la sécurité d’un système techniquement complexe, n’ont pas été pris en compte alors que le téléphérique coûtera en fonctionnement, chaque année,  près d’un million d’euros !

Les objectifs de fréquentation affichés par l’exécutif municipal sont irréalistes dans un contexte de faible attractivité des Capucins (1850 passagers par jour ; 400 passagers supplémentaires générés par le nouveau quartier). Comme pour le tram, ils ne seront probablement jamais atteints, tout particulièrement pendant la longue phase de transformation de ce nouveau quartier… Le système ne profite en outre qu’aux piétons. Sa liaison avec le reste du réseau de transport est discontinue. Les études ont enfin minimisé, la perturbation sonore du voisinage par les vibrations bassefréquence des câbles, dans un secteur où les vents peuvent être souvent forts et turbulents.

En peine d’argument convaincant, la municipalité socialiste se voit donc obligée de justifier le téléphérique comme élément clé du développement touristique de la ville. C’est une inversion de logique bien trompeuse. Est-ce pour quelques minutes au-dessus de la Penfeld que l’on viendra visiter la pointe bretonne ? Avec des atouts bien plus puissants, le territoire peine pourtant à y dynamiser le tourisme exogène.

 Bien loin de vouloir améliorer la circulation multimodale entre rive gauche et rive droite, M. Cuillandre érige donc un – petit mais coûteux – monument à la politique débridée d’extension urbaine menée par les socialistes depuis des années. Un monument qui marque aussi un besoin de revanche sur le centre historique, dépossédé petit à petit de sa dimension culturelle. Si le passé industriel du port méritait un immense hommage, le téléphérique, malgré son pylône, sera-t-il à la hauteur de l’enjeu, ou plus probablement le symbole d’une politique de dépenses « de prestige ».

 Rattrapée par des contraintes budgétaires  que la municipalité n’a jamais anticipées et par des choix hasardeux, les cigales socialistes brestoises  vont  donc, dans quelques mois,   serrer la vis  des Brestois

 Au moment où se prépare ce plan de rigueur sans précédent, l’argent du téléphérique aurait été plus utile  pour améliorer le réseau de transport existant, pour soutenir l’action sociale de terrain, les secteurs de l’enfance, l’éducation et la famille, pour  la rénovation d’un patrimoine municipal qui se dégrade…, plutôt que de grands projets

Tout cela nous l’avions dit dès 2014 et demandé  avec insistance de renoncer à ce projet.

 Les Capucins émergent lentement, sans réel moteur économique, alors que le centre historique se languit ou se dégrade, et ce n’est pas le téléphérique qui y changera grand-chose.

Transmis à la presse locale 18/11/2016

 

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