Finances de Brest : quand Cuillandre joue au apprenti-sorcier

Publié le Publié dans Bernadette Malgorn, Finances, Interventions et communiqués

Le conseil municipal de Brest du 8 décembre 2016, a été l’occasion pour Bernadette MALGORN, présidente des élus du Rassemblement pour Brest de revenir sur la méthode Cuillandre désastreuse en matière de gestion des finances de l’agglomération et sur les restrictions budgétaires qui se profilent pour tenter de limiter les effets de tant d’années d’inconséquences.

« Monsieur le Maire, 

J’ai cru comprendre que vous étiez amateur de nos quizz. Je vais donc vous proposer une question supplémentaire.

Qui a dit : « si on ne fait rien, en 2020, on est dans le mur ? », François Cuillandre ou Bernadette Malgorn ?

Eh bien, mes chers collègues, à cette question vous pourriez, pour une fois, répondre : « les deux ». Mais évidemment pas aux mêmes dates !

      Ce constat, je l’ai dressé avec mes amis, dès 2013 et tout au long de la campagne des municipales de 2014. Nous l’avons exposé lors d’une conférence de presse, le 24 janvier 2014. Un dossier avait été remis aux journalistes.

      Il vous aura fallu plus de trois ans, M. le maire, pour partager notre constat que vous contestiez jusqu’à présent, assimilant notre lucidité à du déclinisme ou du dénigrement. Encore y avez-vous été acculé par la fuite dans la presse et les réseaux sociaux de votre catalogue de restrictions budgétaires. À moins qu’il ne s’agisse d’un ballon d’essai : on agite l’épouvantail d’une rigueur drastique et tout adoucissement sera crédité à votre magnanimité.

Cet aveu est bien tardif.

Mais le déni dans lequel vous vous êtes complu toutes ces années était-il sincère ?

On a du mal à croire qu’un ancien fonctionnaire des impôts qui donne des cours de finances publiques à l’Université, à la tête d’une métropole qui dispose de services financiers de grande qualité, n’ait pas eu la curiosité de faire un peu de prospective financière au moment d’élaborer son programme électoral d’où découle le plan de mandat.

Ne pas le faire ou ne pas le dire, peu importe : dans les deux cas, c’est une faute.

Vous avez commencé à le lever le voile il y a un an, lorsque que vous avez qualifié vous-même nos finances, comme étant « sous tension ». Vous étiez en effet arrivé à la limite de l’exercice de passe-passe et il fallait bien commencer à préparer votre majorité à la dure réalité.

Tout cela ne constitue pas pour nous une surprise.

Depuis 2008, l’économie mondiale est entrée dans une période de mutation et secouée de turbulences. En 2011, la crise de la zone euro met nos économies sous encore plus fortes pressions. Ce contexte était connu de tous. Vous ne l’avez pas pris en compte.

La perspective de baisse des dotations de l’État aux collectivités locales a été annoncée lors de la réunion du comité des finances locales du 27 septembre 2012, le gouvernement étant représenté par Mme Lebranchu et M. Cahuzac. Et en l’occurrence on pouvait le croire !

Les programmes élaborés pour l’échéance de mars 2014 ne pouvaient faire abstraction de ce contexte.

S’y ajoute la situation particulière de Brest et de sa métropole aux finances déjà fragilisées par un endettement excessif, plus ou moins dilué dans des satellites peu propices à la transparence, alors même que la population diminue et s’appauvrit.

Face à une telle situation, il fallait, il faut toujours, une autre politique :

      Stabiliser la pression fiscale réelle, pas seulement les taux ;

      Mettre un terme aux opérations de prestige ; il était encore temps de renoncer au téléphérique et aux Capucins ; vous oubliez que les investissements peuvent induire des charges supplémentaires de fonctionnement ;

      Stopper l’étalement urbain qui vide le centre-ville et engendre des coûts supplémentaires sans niveau de service à la hauteur pour leurs habitants ;

      Réserver l’investissement sur les zones d’extension au développement économique et à l’emploi ;

      Privilégier les investissements de proximité, l’entretien du patrimoine ;

      Préserver les services aux familles, à la jeunesse, à l’éducation.

C’étaient nos priorités. Ce sont toujours nos priorités. Ces choix expliquent nos votes dans cette enceinte et à la métropole.

M. le Maire, vous avez déclaré « assumer totalement la responsabilité de la démarche » ayant conduit au « catalogue des pistes d’évolution ».

Alors pas shérif, mais cost-killer.

Ce n’est pas la bonne méthode.

Vous avez commencé subrepticement à rogner sur les services aux familles, à l’enfance, à l’éducation.

Nous nous y sommes opposés.

Vous allez continuer votre grignotage, vos coupages de poires en deux.

Et demain ce sera la fiscalité : vous avez déjà refusé de neutraliser l’évolution des bases ce qui aurait permis de stabiliser la charge des impôts sur les entreprises et les ménages.

À Brest, les impôts et taxes augmentent.

Nous refusons cette aggravation. Nous votons contre vos budgets.

Vous voudriez faire croire qu’il s’agirait d’une fatalité à laquelle seuls des pouvoirs magiques pourraient s’opposer.


Et vous n’êtes pas prestidigitateur, avez-vous déclaré.

Certes ! Plutôt un apprenti sorcier.

Je ne pense pas à Harry Potter mais au Mickey de Fantasia, étourdi par la danse endiablée des seaux et des balais, impuissant devant les débordements qu’il a provoqués et auxquels il ne sait pas faire face.

Merci de votre attention. »

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