Comme chaque année, le conseil municipal de janvier a été l’occasion de débattre au sujet du rapport d’orientation budgétaire de la ville de Brest. L’occasion pour Bernadette MALGORN de rappeler l’importance du débat démocratique et de regretter qu’il ne soit, dans l’enceinte des instances brestoises, trop souvent minimaliste.

Conseil Municipal du 19 janvier 2017

Intervention de Bernadette MALGORN

VISUEL DOB“Monsieur le Maire, Chers Collègues,

Nous voici en 2017, une année essentielle pour notre pays et notre ville, avec des échéances porteuses d’espoir, une année importante pour la démocratie. Et la démocratie, c’est d’abord le débat.

Ce débat est mené à l’échelle nationale au sein des grandes familles politiques. D’un point de vue démocratique, ce fut une véritable satisfaction de constater la formidable mobilisation lors de primaire de la droite et du centre avec la forte audience aux débats télévisés et la forte participation au vote : 7878 brestoises et brestois se sont déplacés sur 77969 inscrits soit plus de 10% des inscrits.

Et l’ordre du jour de ce conseil invite à un débat, un débat dont le législateur, dans la loi NOTRe, a souhaité renforcer la portée : pour plus de transparence, pour une meilleure information de tous les élus du conseil ainsi que des citoyens. Le décret n° 2016-841 signé de Manuel Valls, alors Premier ministre, le 24 juin 2016, précise les points qui doivent y figurer. Nous verrons qu’il y a encore des efforts à faire. Bruno SIFANTUS  y reviendra.

Débat d’orientation budgétaire : le budgétaire y est, du moins l’aspect analytique et nous remercions la direction des finances du travail accompli.

Le débat, nous nous efforçons d’y contribuer. Un débat, ce doit être la possibilité d’exposer des points de vue différents et d’échanger des arguments. Il a été jusqu’à présent, dans notre collectivité, minimaliste.

Quant aux orientations, votre rapport fait largement l’impasse.

Pourtant vous avez, enfin, pris conscience des menaces qui pèsent sur la situation financière de nos collectivités, la ville et la métropole :

  • Dans votre rapport, page 40, nous voyons, dans le scénario 1, la dette franchir le seuil d’alerte en 2020. Nous discuterons, à l’occasion du rapport, les hypothèses sous-jacentes, qui sont peut-être encore optimistes.
  • C’est sans doute cette situation qui vous a fait dire dans une interview que, « si on ne fait rien, en 2020 on est dans le mur ».
  • Et c’est ce qui vous a amené à cet exercice de recherche d’économies qui s’est traduit par votre « catalogue des pistes d’évolution ».
  • Et nous notons au passage que cet exercice est commun à la ville et à la métropole dont les gestions sont étroitement imbriquées. Vous ne contestez plus notre approche intégrant les deux gestions. Je note que vous vous y êtes rallié.
  • Ce que nous constatons, c’est que dès avant la sortie du catalogue et sans le moindre débat démocratique à son sujet, vous avez déjà fait des coupes brutales : on se souvient du rabot sur les ATSEM, sur les budgets des écoles et des associations d’éducation populaire.

Nous avons, à chaque fois marqué notre désaccord, non pas sur le principe de recherche d’économie, mais sur la méthode et sur l’objet.

Nous avions défendu dans notre projet municipal des priorités pour la petite enfance, l’éducation…et la sécurité. Véronique BOURBIGOT a, à plusieurs reprises défendu notre point de vue. Et les votes de notre groupe se conforment à nos priorités.

Quelles sont les vôtres ?

Ce n’est ni votre programme, ni votre rapport d’orientations budgétaires, ni votre catalogue qui nous l’apprendra.

En fait vous êtes contraints par des choix dont vous n’avez pas voulu mesurer les conséquences, malgré nos avertissements.

Ne parlons pas des mouvements chez Kéolis, à la suite des modifications dans le régime indemnitaire lié à la mise en service du téléphérique. C’est une entreprise privée. C’est bien connu. Le téléphérique et sa gestion, vous n’y êtes pour rien. Dont acte.

Mais les problèmes de personnel liés à la mise en service de la médiathèque des Capucins, vous y êtes peut-être pour quelque chose ?

Comment voulez-vous faire fonctionner un immense espace de 4000 m2 supplémentaires avec le seul personnel des deux bibliothèques supprimées en centre-ville. Etonnez-vous que le personnel demande des renforts !

Notre groupe vous avait alerté, et ici même à plusieurs reprises par la voix de Claudine PERON.

Alors certes, vous devez maintenant faire face aux conséquences de ces choix irréfléchis. Vos marges de manœuvre se sont restreintes.

Le débat démocratique exige que vous affichiez la couleur. Dans votre catalogue, puisque catalogue il y a, quelles sont vos priorités ? Quels sont vos critères ?

Qu’est-ce qui vous retient de les afficher ?

Indécision, manque de transparence ou désinvolture ?

Les élus et les citoyens ont droit de connaître vos propositions. Il est temps d’ouvrir le débat.

Je vous remercie”