Le Débat sur les orientations budgétaires (DOB) se déroule chaque année,  dans les deux mois qui précédent le vote du budget. Il s’agit d’une obligation légale prévue par la loi. A Brest, ce débat a eu lieu le 19 janvier dernier en conseil municipal.

VISUEL DOB« Nous sommes au moment d’une prise de conscience. Dans le Débat d’Orientations Budgétaires (DOB)  2017 dont vous nous demandez de prendre acte, on voit votre analyse rallier petit à petit le constat que nous posons depuis déjà quatre ans, et qui vous fait craindre maintenant « d’aller dans le mur ». »

Telle est l’analyse du Rassemblement pour Brest que porte Bruno SIFANTUS, sur la politique budgétaire de l’équipe Cuillandre à la ville de Brest à quelques semaines de l’adoption du budget pour l’année  2017.

« On observe, bien sûr, une certaine tendance à mettre en avant les éléments les moins inquiétants, par exemple les objectifs de croissance de +1,5% dans le texte, mais corrigés à +1,2% dans un alinéa de bas de page, ou des « paramètres conjoncturels » déjà contredis, comme l’évolution des taux d’intérêts, ou le prix du pétrole, qui sont bien repartis à la hausse comme chacun peut le constater.

La reprise économique est modérée mais tardive et incertaine, menacée par les prévisions d’inflation. La prévision d’une inflation de +0,4% en 2017 semble raisonnable, mais la courbe que vous présentez est elle-même à un niveau plus proche de +0,8%, au moment où l’Union européenne affiche elle une inflation supérieure à 1%… Et les salaires ne suivent malheureusement pas cette tendance et continuent de stagner. Enfin, en termes de fiscalité, la revalorisation des valeurs locatives – des bases, se fera en fonction de l’inflation constatée et non plus votée, et c’est une bonne chose !

Mais depuis quatre ans, les revalorisations décidées par vos amis ont permis d’augmenter « en douce » de +3,5% la fiscalité locale des ménages alors que vous affichiez une stabilité rassurante des taux.

On peut feindre de regarder ailleurs, mais les chiffres finissent toujours par s’imposer. Et dans le contexte globalement peu optimiste que vous décrivez vous-même, plus on se rapproche de Brest et plus les signes du déclin et de l’appauvrissement se confirment :

Si l’emploi semble se redresser un peu, c’est d’abord « dans les secteurs de l’action sociale, de l’enseignement et de la santé ». Ce sont cependant des secteurs qui sont d’abord financés par l’argent public, et qui sont pour longtemps sous forte contrainte budgétaire, ce qui grève leur avenir dans la situation de crise bien installée à Brest. S’il y a une timide croissance de l’emploi marchand, elle touche peu la ville dont le commerce montre toujours  un triste visage, comme le soulignait le président des « vitrines de Brest » pendant les fêtes. La déprime de l’activité industrielle est elle aussi bien réelle. Et ce n’est « une visibilité agroalimentaire limitée », selon vos propres termes qui peut rétablir la situation. Et si le bâtiment va légèrement mieux, c’est porté par l’endettement, ce qui n’est pas rassurant pour l’avenir !

Dans ce contexte moins encourageant que vous semblez le croire, il n’est pas utile d’insister sur la situation financière de la ville. Ce n’est plus là que se passent les choses importantes. Et pourtant, même là, vous peinez à préserver la « belle vitrine » qui devait flatter vos électeurs. Je ne parle pas de vos déboires actuels, par exemple dans les transports, mais bien des perspectives financières. Malgré une vision un peu optimiste sur le sort des taux d’intérêt, notamment des taux à court terme, la dégradation de vos capacités d’épargne est patente, dégradation de plus de 5 M€ depuis 2012, qui ne laisse que moins de 9 M€ en capacité d’autofinancement, moins de la moitié de ce qu’elle était alors…

In fine, votre volonté de désendettement est quasi bloquée depuis 2014. Les incertitudes pesant sur les perspectives d’évolution d’ici 2021 font douter de votre capacité à maintenir cette stabilité, voire à rester au dessous de la zone orange. Sauf à renoncer à des investissements ou à devoir utiliser comme d’autres la vieille recette de la fiscalité des ménages. La diminution des recettes de fonctionnement du « scenario central » est-elle par exemple compatible de la vision expansionniste de votre politique d’habitat alors que la population reste difficilement stable ? On peut en douter. Comment mènerez-vous le programme de mandat alors que vous insistez vous-même sur l’exigence d’une baisse drastique des dépenses de fonctionnement, et alors que « le bloc communal se retrouve aujourd’hui en première ligne de l’investissement local » ? Vous voilà prisonnier de « l’effet de ciseaux » entre baisse des recettes et montée encore lente mais toujours inexorable des charges.

Ne croyez pas que de vous voir enfin partager ce triste bilan nous fasse plaisir. Les difficultés pèseront d’abord sur ceux qui vous ont fait confiance, et plus encore sur ceux qui ne font plus confiance à personne…

Malheureusement, ce document financier donne peu d‘indications sur les mesures pratiques que vous envisagez de prendre, ni d’ailleurs sur la répartition de vos effectifs, ou leurs avantages en nature que le décret prévoit pourtant. Nous pouvons vous suggérer quelques orientations : pourquoi ne pas augmenter encore l’effort sur les écoles, les centres sociaux, et notamment leur sécurité, plutôt que de construire toujours plus de logements ? Pourquoi ne pas moderniser et surtout simplifier l’organisation de votre système, plutôt que de toujours chercher la solution dans les effectifs ? Une stratégie numérique orientée dans ce sens aurait pu jouer un rôle déterminant pour briser cet « effet de ciseaux » qui pénalise l’investissement.

Il n’est pas trop tard pour le faire dans votre prochain budget ! »