Rémi HERVE rejette l’étalement urbain de Brest au détriment des terres agricoles

Publié le Publié dans Rémi Hervé, Urbanisme et environnement

Rémi HERVE, conseiller municipal et communautaire, élu Rassemblement pour Brest, est intervenu lors du conseil de la Métropole le 3 février dernier, pour fustiger la politique débridée de l’équipe Cuillandre en matière d’étalement urbain et de grignotage des terres agricoles.

 « Chaque jour, inexorablement, la ville s’étend. A Brest, comme ailleurs,  les terres agricoles sont grignotées au fur et à mesure, lentement. Les inquiétudes de la ferme Traon Bihan alors que démarre l’urbanisation de la ZAC de la Fontaine Margot, nous ramène à un raisonnement simple et essentiel : sans terres agricoles, pas d’agriculture, pas d’élevage et donc pas de nourriture. L’autosuffisance alimentaire est un des moyens de la souveraineté nationale. Par conséquent, limiter l’étalement urbain n’est pas une option, c’est une obligation ! 

Le but de votre politique de l’habitat est de soutenir la démographie de la métropole. Nous le partageons.  En revanche, l’objectif que vous vous êtes fixés de 1300 logements neufs par an nous paraît surestimé. Il vous a conduit a multiplié les ZAC et à les étendre démesurément. Or il se fonde sur un diagnostic dépassé, datant d’une dizaine d’années. Des données essentielles ont évolué depuis.

Le phénomène de desserrement des ménages en particulier est en train de se tarir. Entre  1999 et 2011, le nombre de personnes par logement est passé de 2,36 à  2,16 personnes.  En 2030, il devrait être de 2,06.  Les travaux de révision du SCoT qui sont en cours confirment cette tendance et proposent un objectif « modéré » de construction de logements neufs et non plus « élevé » comme c’est le cas aujourd’hui.

Nous vous invitons à intégrer ces nouvelles données dans votre politique de l’habitat et à diminuer vos objectifs en termes de construction neuve. Les étendues des ZAC doivent être réduites pour épargner des terres agricoles, celles exploitées par la ferme Traon Bihan, comme d’autres.

Il est faux de prétendre que l’urbanisation dans les ZAC de Brest Métropole préserve des terres agricoles. L’étalement urbain, même réalisé avec une exigence de densification, est une perte nette de foncier pour l’agriculture et l’élevage.

De fait, l’alternative que constitue la réhabilitation du bâti existant est un enjeu majeur. En la matière, le PLU de la métropole fixe l’objectif de 50% des logements neufs. Cet objectif doit être revu et augmenté.

On nous rétorque que cela ne servirait à rien, le frein étant que la réhabilitation en zone urbanisée est plus coûteuse que la construction neuve en extension urbaine. Toutes proportions gardées, ce discours nous rappelle celui tenu dans les rayons de certains magasins, où l’on vous explique qu’il est moins coûteux d’acheter du neuf que de faire réparer ce qui ne fonctionne plus. L’argument s’entend d’un point de vue strictement économique mais ne tient plus lorsque l’on y ajoute la dimension écologique.

 A l’heure du développement durable, où l’on prône la sobriété dans la consommation d’énergie et des matières premières, on a peine à accepter la construction de nouveaux logements en périphérie alors même que plusieurs milliers sont vacants en centre-ville. Rappelons que 2500 logements sont dans ce cas sur le territoire de la métropole. Tous les acteurs publics, à leur niveau, doivent agir pour sortir de cette société du gaspillage, où les uns jettent le superflu quand d’autres n’ont pas le nécessaire.

La demande de logements neufs est une réalité, c’est un impératif que de l’orienter prioritairement vers la réhabilitation du bâti existant. Nous devons trouver des solutions pour rendre cette voie plus attractive, notamment sur le plan économique.

A Brest, le péricentre compte de nombreux grands appartements familiaux. Un parc abondant de près de 12 000 maisons d’Après-guerre devraient être placées sur le marché dans les 20 prochaines années. Ces logements sont souvent vétustes. De même, selon l’Adeupa, 21% des copropriétés du centre-ville se trouvent en situation de fragilité.

Le PLU fait état de votre volonté de construire une stratégie de remise à niveau de ces logements. C’est une bonne orientation. Mais il faut à présent transformer l’intention en action. Des programmes de rénovation urbaine sont en cours. Ils concernent essentiellement l’habitat très dégradé, dans certaines zones de la métropole seulement.

Un dispositif nouveau doit maintenant être inventé pour parvenir à la montée en qualité de ce parc de logement. Ce doit être une priorité de la politique de l’habitat de la métropole pour les prochaines années.

Faisons en sorte que ces grands appartements redeviennent attractifs et ne soient plus seulement, pour les familles, une porte d’entrée puis un tremplin vers le logement individuel, mais une réelle solution d’habitat sur le long terme. »