Pour les élues de la droite et du centre de Brest Métropole, engagées dans l’égalité entre les Femmes et les Hommes si, l’égalité juridique est globalement consacrée, en France, la bataille en faveur de l’égalité n’a rien perdu de sa nécessité car les progrès réalisés sont encore fragiles.

Aujourd’hui plus de 51% de la population française est féminine mais, en dépit des nombreuses réformes qui ont débouché sur des progrès évidents, les mentalités et les actes n’évoluent pas au même rythme que les textes de loi.

Le constat est patent, en termes d’inégalités salariales, la France est aujourd’hui au 9ème rang sur 28 en Europe.

Noëlle BERROU-GALLAUD, conseillère municipale et communautaire du Relecq-Kerhuon et Véronique BOURBIGOT, conseillère départementale et conseillère municipale de Brest

De même l’idéal paritaire et la modernisation de la vie politique française demeurent encore un rêve en France puisqu’en juin 2016, la France est 60ème au classement international sur 191 pays, alors qu’elle était 36ème quatre ans plus tôt.

Selon le Guide de la Parité 2016 du Haut Conseil de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, on ne compte encore que 26% de femmes à l’assemblée nationale. Cela la place derrière l’Irak ou encore le Soudan du Sud !

A l’échelon local, si les femmes représentent près de 40% des conseillers municipaux, 9 maires sur 10 sont des hommes.

En dehors de la sphère politique, sur le terrain économique, bien que proportionnellement plus nombreuses que les hommes à accéder aux études supérieures, les femmes qui représentent 60% des étudiantes diplômées demeurent moins présentes dans les filières les plus cotées et subissent davantage le chômage et le temps partiel non choisi.

Elles restent très minoritaires aux niveaux de direction, que ce soit dans les entreprises ou dans la haute fonction publique. En 2013,  elles ne représentaient  que 29% des nouvelles nominations aux emplois de cadres dirigeants nommés en conseil des ministres. Elles ne sont aussi que 30,3% dans les conseils d’administration des très grandes sociétés (juin 2014).

A poste et conditions équivalents, un homme gagne toujours en moyenne 15% de plus qu’une femme, alors que des études récentes démontrent que si les femmes bénéficiaient du même salaire que les hommes, le PIB de la France augmenterait de 7 %.

Si les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes, cela tient parfois à leur situation familiale mais aussi au regard porté sur elles par la société. Et parce qu’il est difficile de faire évoluer les mentalités de manière aussi rapide que nécessaire, l’instauration de mécanismes contraignants destinés à favoriser l’égalité entre les femmes à tous les niveaux de la société demeurera une nécessité pour réduire des inégalités flagrantes mais aussi potentiellement résorbables.

 

Mais le combat en faveur de la place des femmes dans notre société doit aussi  intégrer des mesures en direction des mères isolées, ainsi que  la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes et de garantir la protection des enfants.

Sur les violences physiques, les chiffres demeurent dramatiques.  Une femme meurt encore tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou de son ex compagnon. En 2015, 84 000 femmes ont été victimes de viols, tentatives de viol et autres agressions sexuelles et une femme sur cinq est victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie. Seuls 5% des cas ont été portés devant la justice.

Les mères isolées représentent 85 % des 1,5 million de familles monoparentales et se retrouvent souvent en situation de précarité. Ainsi  57 % des allocataires du RSA sont des femmes et 31 % de ces femmes sont à la tête d’une famille monoparentale. Elles accusent souvent un niveau de vie inférieur et des conditions d’accès à l’emploi moins favorables. En 2012, les parents à la fois seuls et actifs étaient deux fois plus souvent au chômage que les parents en couple (16% contre 7%). De surcroît, du fait de leur situation particulière, ces parents sont souvent davantage concernés par la précarisation du travail (plus de temps partiel, CDD ou emplois aidés).

Selon l’INSEE dans son enquête revenus fiscaux et sociaux de 2014, environ 4,7 millions de femmes vivent en dessous du seuil de pauvreté à 60% du revenu médian. Pour 4 millions d’hommes dans la même situation.

Et selon les chiffres fournis par la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité du Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son étude Femmes et précarité de février 2013, 70% des 3,7 millions de «travailleurs pauvres» sont des femmes. Enfin, 57% des allocataires du  RSA sont des femmes dont 31% sont à la tête d’une famille monoparentale.  Et 82% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.

A l’heure où la famille est un sujet de préoccupation majeur pour l’ensemble des Français, nous devons lutter contre le risque de précarisation des mères isolées.

 

Les élues de la droite et du centre plaident pour la mise en œuvre de solutions plus fortes, notamment :

–          Renforcer les contrôles destinés à veiller au respect des dispositifs de parité femme /homme et faire appliquer la loi sur l’égalité des salaires.

–           Mener des campagnes de sensibilisation pour informer sur l’accès à la mixité des métiers et l’ouverture à toutes les filières (technique, scientifique, numérique).

–          S’engager pour que les investitures politiques offrent aux femmes les mêmes chances de circonscriptions « gagnables ».

–          appliquer une tolérance zéro du sexisme en politique par des mesures législatives et une politique pénale pour exclure de leur mandat et rendre inéligible tout élu ou membre de l’exécutif dans les cas de harcèlement sexiste ou d’agressions sexuelles avérées.

–           l’accès prioritaire aux logements sociaux pour les femmes isolées.

–          La déduction fiscale ou la réduction des charges des gardes d’enfants qui grèvent le budget des femmes seules ayant des enfants à charge.

–          Le maintien de l’enveloppe des aides fiscales et sociales destinée aux particuliers-employeurs pour les emplois familiaux.

–          mieux faire connaître les aides existantes pour faciliter le retour dans l’emploi : l’allocation personnalisée de retour à l’emploi (APRE) ou l’aide à la garde d’enfants

–          L’accès prioritaire aux crèches pour les familles monoparentales.

–          La flexibilisation des horaires des structures de garde.

–          l’assouplissement de la réglementation pour l’ouverture de crèches et haltes-garderies : une simplification des exigences de formation du personnel et des contraintes réglementaires actuelles doit être engagée.

–           La mise en œuvre de dispositifs incitatifs pour encourager les entreprises de plus de 50 salariés à créer leur propre crèche d’entreprise et le développement d’une politique volontariste et incitative d’accompagnement pour toutes les entreprises privées qui développent des crèches.

–          Développer l’hébergement d’urgence à destination des femmes victimes de violences en veillant à ce qu’elles puissent réintégrer leur logement dans les délais les plus brefs.

–          encourager les femmes à porter plainte et mettre en place un cadre sécurisant. Faire en sorte que dans tous les commissariats chaque femme qui vient porter plainte dans le cadre d’une agression sexuelle puisse être entendue de façon certaine par une interlocutrice féminine si elle le désire.

–          renforcer les dispositifs de signalement du harcèlement sexuel dans les entreprises.

–          effectuer dès l’école primaire un travail de pédagogie sur le respect des femmes avec la création d’un modèle inspirant d’égalité homme/femme. Il s’agit de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur de l’égalité Femme/Homme.

 

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes Claudine PERON assistait au lancement de l’opération « La rive droite fait son 8 mars », en compagnie de Pierrette JOUANNIQUE, l’une des l’organisatrices de l’événement.