Bruno SifantusFinances

Finances : Brest Métropole prisonnière de « l’effet ciseaux »

Le projet de budget  pour Brest Métropole était examiné le  17 mars 2017.

Pour Bruno SIFANTUS, conseiller municipal et communautaire, élu du Rassemblement pour Brest, ce budget « est sans surprise. Il est dans la droite ligne du débat d’orientation budgétaire examiné en janvier dernier. »

« Comme à la ville de Brest, tout est fait pour minimiser les éléments inquiétants du contexte économique général et local, en particulier l’inversion de la courbe des taux d’intérêts qui nous emmène vers une remontée de ces taux qui sera aussi durable que l’a été la baisse, et dont au passage, personne n’a su tirer le meilleur parti pour assainir les finances à tous les niveaux.

Ce projet ne tient bien évidemment pas compte des alertes que nous lançons ici régulièrement, ni de nos suggestions pour réaliser de vraies économies. Il persévère dans la dépense en reportant toujours sur les générations plus jeunes le remboursement des dettes accumulées depuis des années, avec peut-être l’espoir de moratoires futurs. Moratoires pourtant d’autant plus improbables qu’ils  seraient incohérents et bien sûr dangereux dans le contexte d’une politique européenne volontariste.

Je n’insisterai que sur quelques points caractéristiques de l’ambiguïté de vos politiques :

Vous voilà bien prisonnier de « l’effet de ciseaux » entre baisse des recettes et montée lente mais inexorable des charges, notamment sous le poids des subventions et contingents qui augmentent de 2,4%. Et ce ne sont pas les perspectives d’une croissance atone qui vont vous aider. On note d’ailleurs une belle contradiction entre le principe affiché d’agir en faveur de l’attractivité de la métropole, et la baisse de 12,6% des crédits déjà faibles affectés au rayonnement et à l’attractivité du territoire…

Il est très inquiétant dans ce contexte de voir la fiscalité économique venir au secours de vos recettes. Le commerce local déjà bien moribond devra encore contribuer pour que la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) puisse progresser de 9% avec le pic de recette de 2017…

Il est tout aussi inquiétant de voir la pression sur les taxes ou les tarifs publics se poursuivre, en premier lieu sur l’enlèvement et le traitement des déchets, dont la taxe augmente encore de 5%…. Il est toujours difficile de comprendre pourquoi, dans un contexte de stabilisation des taux, cette taxe subit un traitement particulier, alors que beaucoup d’autres services au public sont subventionnés, parfois très largement comme dans le cas des transports ou du spectacle? Pourquoi un traitement particulier et aussi brutal, alors qu’il faudrait peut-être au contraire encourager voire récompenser la participation des ménages et des entreprises au tri et au recyclage ?

Au bilan, on comprend mieux votre démarche quand on constate que la variation à la hausse du produit des impôts locaux ajoutée à la variation du produit des impôts et taxes  couvre exactement le déficit de DGF cette année. Le conseil de Brest Métropole   examiné le

Vous vous félicitez enfin de voir la capacité d’autofinancement se maintenir à un bon niveau et le désendettement se poursuivre. Mais le désendettement n’est que provisoirement stabilisé, et vous ne préservez le caractère présentable de la dette qu’avec quelques artifices qui ne feront pas longtemps illusion : artifices tels que le transfert de dettes vers vos satellites – et non leur remboursement, ou le lissage opportun de la mobilisation d’emprunts, à hauteur de 8 M€, ou encore l’amélioration de l’épargne de gestion dont vous fait opportunément bénéficier le transfert des compétences du département…

Qu’il s’agisse de pression fiscale ou d’endettement, tout montre que l’avenir de la métropole ne sera pas aussi rose que vous le promettez, comme veulent aussi le faire croire les marchands d’utopies qui nous rendent visite.

Au risque de se répéter, il est grand temps de mettre en place de véritables économies d’une part, et de concentrer vos efforts sur la relance de l’activité économique de l’autre, au-delà des seuls services, et avant que les vraies difficultés ne nous atteignent, mais ce n’est pas ce budget qui en donnera le signal.

Pour cela nous voterons contre ce projet ».

 

Ouest-France 18/03/2017