Bernadette MALGORN dresse un état des lieux à la mi-mandat de l’équipe Cuillandre

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A l’occasion du Conseil municipal du 11 mai 2017,  Bernadette MALGORN, présidente du Rassemblement pour Brest, a dressé un état des lieux  à  mi-mandat  2014/2020 de l’équipe municipale Cuillandre.

« Monsieur le Maire,

La vie démocratique est scandée par des échéances.

Nous sommes en train d’en vivre d’importantes au niveau national. Cela ne doit pas nous faire oublier nos feuilles de route locales.

Nous voici arrivés à la moitié de notre mandat municipal 2014/2020.

Le temps d’un premier état des lieux à mi-mandat.

Vous seriez surpris de m’en voir tracer une image globalement positive. Je ne parle ici que de la ville, mais si l’on évoquait la métropole, le tableau serait de même teinte.

Nous avons vu durant cette période les faiblesses de votre politique, de vos pratiques et de votre gestion. Nous ne sommes pas les seuls. Beaucoup de Brestois en ont pâti.

Un mot sur les finances : vous n’avez pas anticipé la baisse des dotations aux collectivités locales pourtant annoncées dès la fin 2012, au début du quinquennat qui s’achève.

Cette donnée budgétaire était connue en 2014 et devait être intégrée dans la préparation des programmes municipaux. Nous l’avions intégré. Vous NON, préférant cacher une réalité pour afficher un programme plus flatteur.

Vous avez donc continué sur cette lancée jusqu’à cet aveu fait il y a quelques mois : «  si on ne fait rien, en 2020 on va dans le mur ».

Vous avez alors engagé une politique du rabot, dans un catalogue de mesures d’économies sans discernement, plutôt que de proposer des choix. Nous, nous avons affiché nos priorités.

La démocratie locale et le dialogue : je ne reviendrai pas sur le respect de l’opposition. Mais sur le respect des Brestois et des personnels qui sont à leur service.

Or le dialogue social patine. On l’a vu lors des conflits des Atsem, des agents des bibliothèques, des piscines…. A chaque fois, manque d’anticipation, décision brutale, mise devant le fait accompli.

Les agents de la collectivité ressentent un manque de considération. Et ce sont les Brestois qui en font les frais dans leur vie quotidienne comme on l’a vu récemment encore dans le conflit les transports en commun.

Quant à la concertation, elle tourne trop souvent au simulacre. La liste est longue des associations, des différents acteurs de la vie de nos quartiers qui se lassent des discussions de façade, où vos représentants sans marge de discussion se contentent d’exposer des décisions déjà arrêtées.

Vous nous en avez encore donné un exemple à St Marc sur le devenir du foyer logement, où vous vous êtes concertés entre vous et surtout sans les premiers intéressés qui ont été écartés. Nous sommes à leurs côtés.

L’insécurité : elle est devenue hélas une préoccupation récurrente pour nos concitoyens.

Le tramway vient encore de se faire caillasser, des véhicules appartenant souvent à nos concitoyens les moins aisés crament aux pieds de leurs immeubles, les petits délinquants et trafiquants prospèrent et narguent les honnêtes gens et les commerçants dans bon nombre de quartiers de la ville, et quasiment jusqu’au pied de l’Hôtel de ville.

Tout cela les Brestois le subissent. Nous avons proposé d’appliquer à Brest des solutions éprouvées partout ailleurs et de nature à soulager la police nationale déjà fortement sollicitée sur tous les terrains. Vous vous obstinez à les rejeter.

Nous sommes particulièrement attentifs à la sécurité des enfants.

Depuis 2014, notre groupe attire votre attention sur la nécessité de réaliser un audit général pour établir un diagnostic de la sécurité dans et autour des écoles et programmer les travaux nécessaires ainsi que les mesures de sécurisation réglementaires ou humaines.

Ce travail qui aurait pu être engagé dès 2014, vous nous l’avez jusqu’à présent refusé. Mais nous avons lu dans la presse qu’un tel audit aurait finalement été lancé. Si tel est le cas, nous vous en demandons communication.

S’agissant de l’école, vous connaissez la priorité que nous attachons à l’enfance et à la famille. Nous avons eu une position constructive sur l’aménagement du temps de l’enfant. Mais nous nous sommes élevés contre la méthode à la hussarde que vous avez adoptée pour sa mise en place, au détriment de la qualité, des personnels et surtout des enfants. Au moment où le sujet est remis sur le tapis et alors que les conditions de la rentrée doivent être connues des familles, pourriez-vous nous faire part de vos intentions ?

Monsieur le Maire, le tableau succinct que je viens de dresser est bien gris, mais je voudrais souligner un point positif qui figure à l’ordre du jour de ce conseil : c’est celui de l’inventaire du patrimoine de la ville. Cela figurait dans notre programme municipal comme une initiative à lancer dès 2014. Il est indispensable de connaître précisément ce dont dispose la ville, et surtout l’état du patrimoine dont elle a la responsabilité. Un patrimoine vieillissant dont la gestion et l’entretien prime sur votre frénésie des mètres carrés supplémentaires.

Vous avez mis un peu de temps à prendre la décision : et c’est sans doute la prise de conscience toute récente de la fragilité de nos finances qui vous y a conduits. Nous y reviendrons. »

 

 

Ouest-France 12 mai 2017