Bernadette MALGORN pointe les incohérences de l’équipe Cuillandre : politique extensive du logement, politique punitive des déplacements

Publié le Publié dans Bernadette Malgorn, Cadre de vie, Déplacements, Prises de position, transports, Urbanisme et environnement

 

Pour Bernadette MALGORN, présidente du Rassemblement pour Brest,  le conseil municipal de Brest  du 12 octobre 2017, a été l’occasion de rappeler, une nouvelle fois,  les incohérences  dans les choix de l’équipe Cuillandre,  à la mi-mandat municipal 2014/2020.

Lors de ce conseil municipal, Bernadette MALGORN a notamment pointé   l’incohérence entre une politique extensive du logement  et une politique restrictive voire punitive des déplacements.

 

« Monsieur le Maire, chers collègues,

Au nom de notre groupe Rassemblement pour Brest, j’avais formulé le souhait, lors du conseil municipal du 11 mai dernier, d’un débat pour faire le point à mi-mandat.

Vous n’avez pas accepté cette demande. C’est dommage.

Un tel débat aurait permis d’identifier les conséquences sur la gestion locale des orientations nouvelles de la politique nationale qui sont, sur bien des points, en rupture avec celles du quinquennat précédent. J’avais noté avec espoir lors de notre dernier conseil l’amorce d’un débat sur les finances des collectivités à la faveur de certaines convergences de nos analyses sur la taxe d’habitation. Mais le débat est fait de convergences mais aussi de divergences.

Alors vous nous distillez votre irritation à l’égard du gouvernement par petits bouts sous forme de vœux dénonçant sa politique, à la métropole sur le logement et ici tout à l’heure sur les contrats aidés.

Nous n’avons pas souhaité, à la Métropole, nous associer à un vœu qui, tout en dénonçant, à juste titre, la brutalité de mesures comme la réduction de l’APL en plein été, visait aussi à vous donner quitus d’une politique locale du logement que nous n’approuvons pas.

Nous aurons moins de réticences sur les contrats aidés où vous appelez à une concertation avec le gouvernement, même si nous n’adhérons pas à toute la phraséologie de l’exposé des motifs.

Alors que vous venez de commencer votre tournée de compte-rendu de mi-mandat des quartiers brestois, traçant des perspectives d’avenir dont notre assemblée n’a pas eu connaissance, nous proposons une mise en cohérence là où vous avez continué à promouvoir des projets porteurs de contradictions coûteuses.

Je n’en donnerais qu’un exemple : l’incohérence entre une politique extensive du logement une politique restrictive voire punitive des déplacements.

Ces deux politiques devraient répondre à une même logique comme en témoigne l’insertion du plan de déplacements urbains en annexe du plan local d’urbanisme.

Votre politique locale de l’habitat a donné la priorité à la multiplication des nouvelles zones d’urbanisation alors que la population diminue. Résultat : on vide les quartiers du centre et même les bourgs de St Marc, St Pierre et Lambézellec au profit de zones plus éloignées avec l’ouverture à l’urbanisation, à la Fontaine Margot, à Messioual, à Kerlinou.

Nous, nous donnons la priorité à la rénovation urbaine, à la réhabilitation des copropriétés. Notre objectif : faire revenir les familles dans les zones déjà urbanisées, celles de l’hyper-centre, celles de nos bourgs qui conjuguent harmonieusement habitat collectif et habitat individuel. Notre conception de l’urbanisme préserve les équilibres environnementaux, les terres agricoles et la biodiversité.

La vôtre se traduit par des besoins supplémentaires et des coûts supplémentaires en voirie et réseaux divers. En effet nous avons désormais la responsabilité d’assurer aux habitants des nouvelles zones urbanisées un niveau de service comparable aux quartiers plus anciens.

Mais lorsqu’on va voir dans les nouvelles zones urbanisées que voit-on devant les maisons : des voitures et souvent plus d’une par ménage.

Ce choix que vous avez fait de l’étalement urbain ne fait que renforcer le besoin d’une politique de mobilité urbaine qui laisse toute sa place à la voiture.

Or vous avez adopté une politique de déplacements urbains tout à fait restrictive.

Nous avons hérité de la reconstruction de l’après-guerre d’une structure urbaine peu dense, avec de vastes avenues, des espaces verts et de nombreuses maisons individuelles. Cela fait partie du charme de Brest et de sa qualité de vie. Mais cela suppose une offre complète de déplacements qui conjugue un réseau de transport public souple et des facilités de circulation et de stationnement pour les véhicules individuels.

Vous avez rigidifié le système de transports publics et voulu pénaliser l’usage de la voiture en ville.

C’est pourquoi nous avions souhaité un débat global sur la politique de stationnement. Vous l’avez refusé. Nous sommes évidemment opposés à l’augmentation du coût du stationnement que vous proposez.

Vous voulez par la taxation modifier le comportement des habitants, les faire renoncer à la voiture. Nous voulons respecter leur liberté de choix en préconisant une offre correspondant à une organisation urbaine dont vous avez aggravé les contraintes.

Nous apprenons jour après jour du nouveau pouvoir des orientations qui viennent percuter les marges de manœuvre locales : il est temps de réorienter les priorités locales pour que les actions de la collectivité soient réellement mises au service de tous les Brestois. »

 

Ouest-France 13 octobre 2017