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Brigitte HU interpelle le maire sur l’insécurité à Brest

Brigitte HU

L’insécurité à Brest est devenu le sujet qui préoccupe le plus les Brestoises et les Brestois.

Il n’est pas de week-end qui ne voit son lot d’agressions dans la ville. Les Brestois n’en peuvent plu et n’en veulent !

C’est ce que vient de dire Brigitte HU, conseillère municipale, élue du Rassemblement pour Brest, lors du conseil municipal du 7 décembre dernier.

Nous publions ci-après son intervention en séance publique.

 

 » Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Je suis désolée de vous infliger la litanie qui va suivre et qui a trait, les uns diront certainement « encore une fois »,  aux récents faits d’insécurité sur Brest.

Mais le sujet envahit désormais tellement la place publique et suscite tant de commentaires et de réactions dans les médias et sur les réseaux qu’il faut aussi savoir lui donner un écho solennel au sein de ce Conseil afin que tous les Brestois prennent véritablement conscience de la gravité de la situation. Et pour tenter de trouver les pistes qui nous permettront de retrouver la paix publique à laquelle tous nos concitoyens aspirent.

Sans revenir sur les mois de juin et juillet, je rappellerai donc que fin août, un homme décédait après avoir reçu un coup de couteau dans le quartier de Lambézellec.

Début septembre, un homme armé d’un coup de poing américain semait la terreur en menaçant des clients attablés aux terrasses d’un café de la place de la liberté. Toujours début septembre, des étudiants étaient rossés par des mineurs de moins de treize ans sur cette même place de la liberté.

Une place de la Liberté devenue depuis des années un lieu de règlement de comptes, sur fond de trafic de stupéfiants entre bandes rivales. La Police renforçait alors ponctuellement ses patrouilles dans l’endroit, procédant dans les jours qui suivaient à dix-neuf contrôles lors d’une opération « coup de poing », qui aboutissait à l’interpellation de sept individus porteurs de couteaux et de coups de poings américains.

La municipalité décidait aussi de procéder à des abattages de végétaux considérés comme potentiellement propices aux délinquants pour s’y planquer. Résultat totalement vain. Le mois de novembre  qui s’est achevé demeure en effet  à l’image de ce qui a précédé.

 

Qu’on en juge : Au cours du week-end des 11 et 12 novembre, de nouvelles  échauffourées ont éclaté entre bandes place de la liberté, les protagonistes continuant d’en découdre à Pontanézen en allant y défoncer une habitation à la voiture bélier.

Et puis ailleurs dans Brest, l’insécurité demeure constante. Courant octobre, c’est un soixantenaire qui se faisait agresser en pleine rue Jean Jaurès par des mineurs qui étaient remis en liberté et pris en flagrant délit de cambriolage quelques jours plus tard mais aussitôt à nouveau encore remis en liberté du fait de leur minorité pénale.

Dans le square Menez-Paul les 17 et 18 novembre deux agressions à coup de hache puis à coups de couteau ont fait deux victimes dont l’une est dans un état très grave.

Le week-end suivant, un homme d’une trentaine d’années a été retrouvé  au petit matin inanimé dans sa voiture en centre-ville, rue des Français libres. La victime avait reçu plusieurs coups de couteau dans le flanc et dans le dos. Le même week-end un homme a reçu plusieurs coups de couteaux route de Gouesnou, à proximité  du centre commercial du Phare de l’Europe.

Le 21 au soir, alors qu’elle rentrait à son domicile, une jeune fille a été agressée gratuitement par trois individus rue Yves-Collet, en plein centre-ville. Les individus l’ont  hélée puis après l’avoir frappé à la tête, l’ont projetée contre un mur contre lequel ils ont longuement râpé son visage.

Le samedi 25 à trois heures du matin, une bagarre générale a éclaté à la sortie d’un établissement de nuit situé au port de commerce, un homme grièvement blessé après un coup porté à la carotide avec un tesson de bouteille, échappant par miracle à la mort grâce à la promptitude des secours.

Le dernier week-end commençait vendredi dernier par l’agression violente en pleine après-midi, d’une dame âgée de 85 ans qui était frappée à la tête et laissée inanimée dans une rue du quartier de Kérourien, le ou les voyous lui dérobant son sac à main. Et le dimanche, c’était quatre mineurs de moins de treize ans qui étaient interpellés à Kerédern à bord d’une voiture dans laquelle on découvrait drogue, couteau et matraque. Et la Police n’avait d’autre choix encore que de les remettre en liberté du fait de leur excuse de minorité pénale.

Et ce ne sont là que les faits les plus graves rapportés par la presse car la liste de toutes les agressions est autrement longue. Pour l’illustrer, il faut savoir que le 14 novembre dernier, il y avait 13 personnes en Garde à vue au Commissariat dont cinq pour tentative de meurtre ! Le nombre de violences sexuelles est, quant à lui, passé, selon les statistiques officielles qui viennent d’être publiées,  de 102 en 2015 à 123 en 2016 soit une augmentation de plus de 20% en une année. Et un sondage fait état que 60 % des Brestoises éprouvaient en 2016 un sentiment d’insécurité tant le jour que la nuit dans l’espace public de notre ville.

Brigitte HUMonsieur le maire, je refuse que ma très chère ville de Brest devienne un lieu de non droit.

Je refuse que l’inquiétude s’installe entre nos murs.

Je refuse l’idée de notre impuissance et de la vôtre.

Je refuse de penser que peut-être un jour un de mes enfants ou petits-enfants sera battu, détroussé, violé voire assassiné dans une de nos rues, places ou jardins.

Je refuse de baisser les bras devant cette violence journalière et insidieuse qui insensibilise finalement notre capacité au refus.

Pourtant nous sommes beaucoup plus nombreux que les malfaisants…J’en appelle à ce conseil municipal ET ã vous-même, il faut réagir. Aidez-nous !

Aidez-nous en adoptant des mesures sécuritaires, des mesures de prévention comme celle que nous vous proposons, à savoir par exemple de la vidéoprotection temporaire pour les fêtes de fin d’année comme cela avait été le cas lors des fêtes nautiques 2016. Cette ville que vous aimez autant que moi, vous appelle au secours…depuis longtemps déjà. Aidez-la !

Ne laissez pas nos concitoyens céder à la tentation de se faire justice eux-mêmes !

Comme je ne peux pas imaginer une seule seconde que la paix et la sécurité  des Brestois soient un sujet mineur pour vous, vraiment, sérieusement, je crois qu’il est temps d’imaginer une stratégie de reconquête d’une civilité perdue, pour ne pas dire civilisation.

Entourée du bleu des océans, Brest la blanche ne peut devenir rouge du sang versé. »