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Finances brestoises : derrière la « belle histoire », une réalité moins florissante

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Bruno SIFANTUS, élu  Rassemblement pour Brest, a  exposé, à l’occasion du vote du budget 2018 de la ville de Brest (30/03/2018), combien la santé financière de l’agglomération était moins florissante que ce que  l’équipe Cuillandre veut faire croire.

Entre la « belle histoire » racontée par  la municipalité,  et la réalité…  il y a les chiffres. Ils montrent une situation moins florissante.

A notre que seuls les élus du Rassemblement pour Brest ont voté contre ce budget, un moment essentiel  qui permet de déterminer l’opposition municipale au programme municipal de la majorité en place

Pour Bruno SIFANTUS,  » la présentation du projet de budget 2018 raconte de nouveau « une belle histoire », « une belle histoire » destinée à faire que la ville reste une vitrine présentable de la politique que vous menez depuis plusieurs mandats.

Comme le débat d’orientation budgétaire l’avait déjà montré, des efforts de maîtrise des charges de fonctionnement et une approche plus prudente de la gestion peuvent être notés, même s’ils sont engagés, il est vrai, sous la pression insistante de l’Etat. L’endettement se stabilise à un niveau raisonnable à la ville, très probablement pour préparer les prochaines échéances électorales en espérant rendre plus crédibles de futurs projets, plus dispendieux que réellement utiles.

Il faut cependant, pour être complet, rappeler que le niveau des engagements financiers hors bilan, notamment les garanties d’emprunt, atteignent eux environ 160 M€, soit quatre fois le montant de la dette ; et le rapport reste très discret sur ce point…

Il faut rappeler aussi que chaque contribuable de Brest est également contribuable de Brest Métropole. A ce double titre, il est donc responsable non seulement des endettements mentionnés aux budgets prévisionnels correspondants mais il est aussi comptable des garanties d’emprunt figurant aux engagements hors bilan.

Ce qui est dès lors essentiel, ce n’est pas seulement la « vitrine » que vous tentez de rendre attractive, c’est ce qui ne figure pas dans le dossier que vous mettez sur la table. Un seul exemple : le logement social. Il n’était pas difficile de l’identifier puisque vous avez-vous-même largement alerté sur le thème de l’habitat social  il y a quelques mois dans la presse.

Avec plus de 14 000 logements gérés à Brest (sur un total géré de 18 000 logements), l’organisme public BMH y est un poids lourd économique. Mais BMH est un colosse aux pieds d’argile !  BMH porte ainsi au compte de bilan 2016 une dette de 482 M€, bien supérieure à celle de la métropole.

Menacé par la baisse prévisible des APL, qu’il ne pourra pas indéfiniment transférer vers ses locataires en jouant sur leurs charges, BMH est face à des risques réels dont nous savons qu’ils vous inquiètent même si vous rester désormais plus discret. Ce ne sont pas des risques à long terme, mais bien un risque à très court terme !

Selon les derniers chiffres (2016) qui nous ont été communiqués à notre demande, le compte de résultat présente un excédent brut d’exploitation de 10,96 M€ et le compte de bilan une dette à « un an au plus » de l’ordre de 34,2 M€.

Une baisse mensuelle des APL d’une cinquantaine d’euro € par locataire induisant une perte annuelle de produits d’exploitation de 11 M€ * pourrait ainsi faire tomber à zéro l’autofinancement net HLM – il était de 11,4 M€ en 2016 – et donc ne permettrait plus à BMH de tenir ses engagements.

Les garants, la ville et la métropole, devraient mettre la main au porte-monnaie.

Que resterait-il alors, et dès demain peut-être, pour tenir vos programmes d’investissement, et par parenthèse ceux de BMH pour qui vous réclamiez plus de 500 M€ pour assurer la rénovation d’un parc dont une bonne moitié est largement à échéance.

Vous faudra-t-il dans ces conditions augmenter brutalement les taux d’imposition puisque le contribuable brestois se trouve légalement responsable de vos engagements comme actionnaire solidairement majoritaire avec la métropole d’un satellite.

Dans ce contexte, le projet de budget que vous nous soumettez, au-delà de la démarche plus raisonnable qu’il faut souligner, ce projet est aussi un budget fragilisé par le décalage entre vos ambitions et la réalité du patrimoine municipal dans toutes ses dimensions.

Insistant de nouveau pour pouvoir disposer d’un bilan global et consolidé de l’ensemble des engagements financiers locaux qui touchent la ville, et mesurer ainsi la réalité des charges et des risques qui pèsent sur les Brestois, et en premier lieu sur les ménages qui payent effectivement l’impôt, mais aussi sur les usagers de vos services et notamment du logement social public, nous voterons contre le projet qui nous est soumis.  » 

*5€/mois X 12 mois X 18 000 logements = 10,8 M€ par an

 

Ouest-France 30 mars 2018