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L’analyse de Véronique BOURBIGOT sur les finances de Brest

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Véronique BOURBIGOT, conseillère municipale et départementale,  élue Rassemblement pour Brest, est intervenue lors du conseil municipal du 14 juin dernier, sur la situation des finances de la ville de Brest  à l’examen du compte administratif 2017.

Le compte administratif  constitue la « photographie » exacte de la situation financière, la réalité de l’exécution des politiques publiques, des charges de fonctionnement, des investissements,  des recettes et dépenses…. six mois après la fin de l’exercice budgétaire de l’année précédente.

« Monsieur le Maire, Chers collègues,

Avec une certaine sobriété, le rapport de présentation du compte administratif 2017 rejoint aujourd’hui les analyses de la situation de la ville que nous mettons en avant avec insistance depuis le début du mandat. Le nouveau contexte politique et économique fait que vous affichez un panorama de la situation financière qui rejoint petit à petit le nôtre.

Trois exemples de ce début de convergence :

  • tout d’abord la baisse inexorable des soldes d’épargne, donc de la capacité à investir malgré les efforts faits pour stabiliser la capacité de désendettement autour de 3 ans ;
  • ensuite l’augmentation, elle aussi inexorable, des charges de personnels, dont l’augmentation reste stable à presque 3% par an ;
  • et enfin la compensation de la baisse des dotations par l’augmentation des impôts et des taxes locales ;

Sur ce dernier point, votre discours sur la stabilité des taux apparaît bien comme une mystification. Ce sont les ménages imposables et les usagers qui auront fait les efforts qui étaient demandés aux exécutifs locaux, alors qu’il aurait fallu de vraies économies de fonctionnement plutôt que voir les taxes locales poursuivre leur ascension !

Par ailleurs, on comprend mieux votre fuite en avant dans des programmes de constructions qui pour vous sont avant tout producteurs de taxes. Pour nous,  la politique du logement ne peut-être un sous-produit de politique fiscale.

Faut-il voir dans votre présentation un nouveau réalisme de votre part ? Ou avez-vous plutôt le souci désormais de faire porter sur d’autres les conséquences de vos politiques ? Nous pensons en effet que vous avez plus qu’avant la volonté de mettre les difficultés qui s’annoncent à la ville sur le dos de l’Etat, ou sur le dos du contexte général marqué notamment par la remontée des prix de l’énergie ou la remontée des taux d’intérêt.

Où sont les réserves d’économies qui vous permettront de surmonter le mur d’investissement dont le patrimoine municipal au sens large a un besoin urgent ?

Où sont les signes d’un nouvel élan de l’économie ou du commerce en ville qui ferait que l’augmentation des recettes dépasserait enfin celle des dépenses ?

Le niveau d’endettement raisonnable pourrait rassurer, mais il faut aussi regarder l’ensemble de vos engagements financiers. La présentation opportune des dettes que la ville garantit montre que cet engagement est six fois celui de la dette directe !

Le conflit qui s’éternise à la SNCF aura permis à chacun de progresser dans la connaissance du risque et des contraintes que font peser un endettement excessif sur l’avenir d’un service, que cet endettement soit porté par un satellite – ici la SNCF – ou par celui qui le garantit – ici l’Etat. Dans tous les cas, c’est le contribuable qui se trouve in fine engagé !

Le système de satellites dont la ville est aussi actionnaire montre ses fragilités, en premier lieu dans le domaine du logement social et plus largement de l’immobilier. Vous y revenez avec insistance vous-même dans la presse, en oubliant de dire que la responsabilité vous revient, à vous et à tous ceux qui dans le passé ont poussé à l’extension urbaine et à la dépense sans considération des réalités d’un marché trop fortement monopolisé et qui peine à s’élargir.

Nous pouvons juger des risques pris par BMH depuis que les comptes nous ont été communiqués, mais qu’en est-il d’autres organismes auxquels vous accordez votre garantie ou que vous subventionnez ? Vous disposez des données nécessaires, alors il nous faut en disposer aussi, dans un souci évident de transparence et de crédibilité du vote des élus.

Nous avions voté contre le budget 2017. Rien ne nous invite à changer d’avis aujourd’hui. Nous n’approuvons donc pas le Compte administratif 2017, et nous voterons également contre les deux délibérations suivantes qui  en valident de fait l’orientation politique. »