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Bernadette MALGORN analyse l’état des finances de Brest Métropole

 

Bernadette Malgorn et Brigitte Hû, élues Rassemblement pour Brest

Bernadette MALGORN, présidente du Rassemblement pour Brest analyse l’état des finances de Brest Métropole  à l’occasion de l’examen  en conseil communautaire du 22 juin 2018, du compte administratif 2017 de la Métropole.

Pour Bernadette MALGORN qui s’adressait au président de Brest Métropole,  » Le rapport de présentation du compte administratif 2017 rejoint aujourd’hui les analyses de la situation de la métropole que nous mettons en avant avec insistance depuis le début du mandat. Le nouveau contexte politique et économique fait que vous affichez un panorama de la situation financière qui rejoint petit à petit le nôtre.

Tout d’abord nous notons qu’une certaine stabilisation des dépenses de fonctionnement  est l’indice de premiers efforts d’économies. On peut remarquer tout de même que le poids des charges de personnel, qui constituent plus de la moitié des charges de fonctionnement, ce poids continue à peser sur les résultats, même si l’augmentation à hauteur de 2% est portée d’abord par la ville de Brest. Le déséquilibre que révèlent ces données entre politiques de la centralité et de sa périphérie pourrait constituer un handicap s’il persiste, notamment dans la perspective d’élargissement du périmètre de la métropole.

Par ailleurs, c’est bien par l’augmentation des impôts et des taxes locales que  la baisse des dotations a été largement compensée ! Au moment où la croissance nationale est à la peine, où prix de l’énergie et inflation repartent à la hausse, l’économie locale reste atone. Le niveau élevé des taux des impôts et taxes qui touchent ce domaine vital pour l’essor de notre territoire n’est sûrement pas étranger à cette situation. Et ce ne sont pas les annonces récentes sur les énergies marines renouvelables (EMR), confirmant le retard pris par les projets de champs d’exploitation en mer au moment où les travaux du polder avancent à grand frais, qui vont nous rassurer sur une relance de l’économie locale.

Derrière le discours sur une stabilisation des taux affichée lors du budget 2018, il y a une hausse réelle de la fiscalité. Plutôt que de continuer à demander aux ménages imposables, aux usagers, au commerce et aux entreprises de faire l’essentiel des efforts, il faut de vraies économies de fonctionnement, et envisager aussi une autre politique fiscale, qui soutienne le développement des PME pour voir émerger un tissu d’entreprises de taille intermédiaires qui sachent combiner emploi et stabilité.

Enfin, on comprend mieux votre fuite en avant dans des programmes de constructions qui, pour vous, sont avant tout producteurs de taxes. Pour nous, la politique du logement ne peut-être un sous-produit de politique fiscale.

Faut-il voir dans votre présentation un nouveau réalisme de votre part ? Ou avez-vous plutôt le souci désormais de faire porter sur d’autres les conséquences de vos politiques ? Nous pensons en effet que vous avez plus qu’avant la volonté de mettre les difficultés qui s’annoncent sur le dos de l’Etat, ou sur le dos du contexte général, marqué notamment par la remontée des taux d’intérêt.

Où sont les réserves d’économies qui vous permettront de surmonter le mur d’investissement dont le patrimoine de la métropole au sens large a un besoin urgent ?

Où trouverez-vous les moyens de moderniser et d’étendre le réseau des transports bien au-delà du cœur de métropole?

Le niveau d’endettement raisonnable pourrait rassurer, mais il faut aussi regarder l’ensemble de vos engagements financiers. Les dettes que nous garantissons sont au moins équivalentes à la dette directe ! Sans oublier les dettes non garanties des satellites dont Brest, métropole et ville, sont souvent actionnaires majoritaires, donc responsables de tous leurs propres engagements financiers.

Le système de satellites dont la métropole est souvent un actionnaire majeur confirme ses fragilités, en premier lieu dans le domaine du logement social et plus largement de l’immobilier. Vous y revenez avec insistance vous-même dans la presse, mais en oubliant de dire que la responsabilité vous revient. Une extension urbaine coûteuse et trop oublieuse des besoins en termes de transports et de services publics ou privés.

Les comptes de BMH nous ont été communiqués. Nous pouvons mesurer les risques. Mais qu’en est-il des autres organismes auxquels vous accordez votre garantie ou que vous subventionnez ? Vous disposez des données nécessaires, alors il nous faut en disposer aussi pour que nous puissions voter en connaissance de cause.

Nous avions voté contre le budget 2017. Rien ne nous invite à changer d’avis aujourd’hui. Nous n’approuvons donc pas le Compte administratif 2017, et nous voterons également contre les deux délibérations suivantes qui en valident de fait l’orientation politique.«