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Finances de Brest Métropole : les observations de Bruno SIFANTUS

 

Ouest-France 2/02/2019

A l’ordre du jour du conseil de Brest métropole du 1er 2019, figurait l’examen et le vote du budget pour l’année 2019, l’occasion pour Bruno SIFANTUS, élu Rassemblement pour Brest de  faire l’état de la situation et de porter un regard critique sur la gestion Cuillandre. 

Pour Bruno SIFANTUS,  » La présentation du projet de budget 2019 de la métropole se place de façon naturelle et comme vous le soulignez vous-même, dans la continuité des orientations budgétaires, mais aussi dans la continuité du budget précédent.

Il semble que les expressions multiples d’un profond ras le bol fiscal qui s’exprime tous les samedis depuis quelques mois dans la population reste encore très inaudible ici, au sein de nos collectivités…

Le produit de la fiscalité directe locale augmente en effet sensiblement dans vos prévisions, +2,5%, bien au dessus de l’inflation, tout comme le produit des impôts et taxes indirectes qui augmente lui de 3,1%. Vous semblez vous satisfaire d’une stabilisation des taux qui dépendent de vous, mais il aurait fallu en réalité baisser certains de ces taux pour compenser la forte augmentation des bases * (voir à la fin du doc le nouveau système de revalorisation des bases locatives).

Cette augmentation que vous semblez critiquer par ailleurs est pourtant bien opportune pour venir au secours de vos recettes de fonctionnement. Il faut cependant rappeler que la suppression progressive de la taxe d’habitation fait porter sur un nombre de plus en plus réduit de ménages l’essentiel de la pression fiscale directe, renforçant le sentiment diffus d’inégalité devant l’effort demandé. 

Plus inquiétant encore dans le contexte local, l’augmentation des recettes fiscales touche prioritairement le monde économique, détournant ainsi des richesses qui seraient plus utiles pour relancer un secteur bien moribond. Aucune perspective de renouveau industriel n’est en effet perceptible à court ou moyen terme.

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) repousse encore les projets concernant les énergies marines renouvelables (EMR), laissant le Polder émerger sans réel projet d’envergure pour en crédibiliser l’avenir économique.

Le secteur immobilier est également fragilisé par les menaces qui planent sur l’habitat social. Il y a deux ans exactement, vous disiez avoir besoin d’une enveloppe de 574 M€ pour réaliser le plan stratégique de BMH, et en particulier la réhabilitation lourde de 5420 logements… que reste-t-il de ces prévisions, le budget ne permet pas de l’identifier précisément. Et ce ne sont pas les augmentations des loyers qui suffiront à résoudre le problème d’un office à la dette bien lourde en outre in fine en grande partie garantie par la Métropole donc par le contribuable.

En revanche, on observe une bascule de vos préoccupations vers le domaine des transports, thème désormais très présent dans la presse locale. Il est vrai que le renouvellement de la délégation de service publique (DSP) est propice au lancement d’études techniques ou de projets, peut-être coûteux à terme, mais qui permettent de faire rêver au moment où se profilent les prochaines élections municipales… Quel dommage qu’il soit aussi difficile de savoir à partir de quelles données, de quels besoins réels de déplacements, seraient évalués les options que vous mettez petit à petit en avant. Il n’est en outre pas sûr du tout que le contexte financier très contraint de nos collectivités permette de donner une réalité à tous ces rêves !

L’encours de la dette de la métropole est au 1er janvier d’un peu plus de 340 M€. Cet encours aura diminué de 45 M€ depuis 2014, soit une moyenne de  9 M€ par an… A ce rythme, et surtout s’il faut rester en dessous du milieu de la zone orange, en dessous du ratio 10 – limite que vous semblez vous êtes vous-même fixée (pour des raisons non explicitées à ce jour) – il faudra encore de très nombreuses années avant d’envisager de nouvelles infrastructures lourdes sauf à obérer tout autre investissement !

Pour conclure sur ce budget d’attente, on peut regretter le manque de pistes d’économies. Quand vous avez craint « d’aller dans le mur », tout un plan semblait à l’étude. Nous avons nous-mêmes, à l’occasion du budget 2018, suggéré plusieurs solutions. Mais il faut avouer que rien de bien visible n’apparaît à ce stade. Vous semblez vous satisfaire  – même à contrecœur  – de rester strictement dans le cadre de la contractualisation que vous impose l’Etat. Il faudrait aller beaucoup plus loin pour être à la hauteur des ambitions que vous affichez pourtant, mais dont la réalisation pourrait connaître le même sort que les perspectives industrielles ou maritimes locales : une bien longue attente…

Pour ces raisons, nous n’approuvons pas votre projet de Budget 2019. »