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Plan Climat Air Energie de Brest Métropole : des mesures contradictoires.

Bruno SIFANTUS, élu Rassemblement pour Brest a analysé le  Plan Climat Air Energie Territorial, soumis au vote du conseil de Brest Métropole le 28 juin dernier.

Bruno SIFANTUS a ainsi déclaré  » vous nous demandez aujourd’hui d’approuver la révision du Plan Climat Air Energie territorial (PCAET) de la métropole. La présentation de cette révision s’ouvre sur une note relativement positive pour le territoire. Le premier plan aurait en effet permis, d’une part « une légère tendance à la baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel », principale source d’émission ici, et d’autre part, « une évolution favorable plus significative des émissions des polluants atmosphériques ». Nous sommes encore loin des objectifs ambitieux du plan à moyen et long terme, mais nous ne sommes pas non plus dans le catastrophisme qui marque souvent ces thèmes…

Le plan rappelle les principaux risques, par exemple le risque de submersion qui pourrait toucher en particulier l’ensemble du secteur portuaire. Il présente un ensemble de 58 mesures pour remédier à ces risques. Il nous semble important d’insister à ce stade sur la cohérence globale de ce vaste plan qui engage tous les acteurs du territoire. Certaines mesures pourraient en effet avoir des effets contradictoires et se neutraliser mutuellement. Je citerai trois exemples :

  • Tout le monde semble s’accorder aujourd’hui pour limiter l’étalement urbain et la consommation de terres agricoles, mais le renforcement de la densité de population en zone déjà fortement urbanisée doit se faire avec discernement si on veut éviter des effets négatifs sur la qualité de vie des centralités…
  • L’effort en matière d’énergie renouvelable est concentrée sur le thermique et d’abord le réseau de chaleur (mesure 20). La démarche va se trouver confrontée à la baisse probable de la quantité de déchets qui l’alimente, compte tenu de la volonté d’en limiter la production. Cela reporte sur le bois l’essentiel de la ressource, alors qu’il représente déjà sous diverses formes près des deux tiers de cette ressource. Mais la combustion du bois est à l’origine de l’émission de particules fines et très fines très polluantes peu compatibles avec la mesure 28 qui veut les réduire. C’est un point qui devra être suivi avec soin. Est-ce compatible par ailleurs avec le développement recommandé des forêts dont le rôle est jugé essentiel. Ces forêts qui pourraient elles-mêmes entrer en concurrence avec le développement des cultures bio.
  • Une production bio, qui s’accompagne souvent de cultures sous serre, ce qui pose également un défi énergétique qui ne doit pas être sous-estimé.

Au-delà de ces nécessaires points de vigilance, on peut regretter que certaines mesures ne soient pas assez mises en avant :

  • L’individualisation et l’automatisation au niveau du logement de la mesure des consommations d’eau et d’énergie dans le logement social peut-être un réel axe de progrès en responsabilisant les habitants.
  • Plus important à nos yeux, la question des énergies marines renouvelables (EMR) et son impact potentiel sur la métropole n’apparaît pas clairement dans la mesure 24. C’est pourtant un enjeu tant économique qu’écologique pour le territoire, autant pour son empreinte au sol en zone portuaire et au-delà, que pour sa contribution potentielle au futur mix énergétique local.

On peut regretter d’ailleurs que les activités portuaires ne soient pas présentées globalement sous un aspect plus positif, par exemple sur le thème de la propulsion au gaz des navires.

On peut aussi s’interroger sur l’optimisme de calendrier qui conduit à inscrire dans un plan 2019-2025 la réalisation de nouvelles lignes de transport en commun en site propre.

Enfin, le concept de « service public de la performance énergétique » semble encore très, trop flou pour constituer en soi un facteur décisif dans les futures performances du plan. Privilégions plutôt l’action collective et les partenariats, les mesures pratiques et la recherche de la cohérence d’ensemble du déroulé du plan, pour rester sur la note positive mentionnée plus haut. »