Discours du 13 février

Campagne des élections municipales 2014

Discours de Bernadette MALGORN, le jeudi 13 février 2014, au Mac Orlan à BREST

Video de la soirée


 

Chers amis,

Merci à vous tous de votre présence ce soir. Merci de votre soutien, vous qui nous l’avez déjà exprimé. Merci de votre attention, vous qui venez ici animés de ferveur démocratique.
Depuis des mois, nous venons à votre rencontre dans un esprit de rassemblement et d’ouverture, sous nos seules couleurs, pour Brest, au service de tous les Brestois.
Et ce soir, nous sommes accueillis par des amis ayant des responsabilités dans les différentes familles politiques qui ne se reconnaissent pas dans ceux qui dirigent aujourd’hui la France, la Bretagne et notre ville de Brest.
Je veux tout d’abord les remercier.

Merci à Marc Fesneau, secrétaire général du MODEM, mouvement qui nous a le premier accordé son investiture.
Merci aussi à Marc Berthelot et Marie Laurent, responsables départementaux du Parti chrétien démocrate, qui nous a également accordé son investiture.
Et merci à Isabelle Jacono, présidente de France Ecologie, qui vient de rendre publique l’investiture de son parti, associé à l’UDI, à notre démarche. Merci à son représentant, Pascal Kerbérénès.
Et l’UMP ? Vous le savez, sa commission nationale d’investiture n’a pas souhaité faire de choix pour Brest. Mais son président m’a écrit pour me dire que notre liste avait, tout autant que l’autre, le droit de se réclamer de l’UMP.
Et l’UDI finistérienne nous a exprimé son soutien, confirmé ici, à Brest, par André Rosec, premier adjoint honoraire de la ville de Brest, qui m’a en quelque sorte intronisé.

Mes collègues conseillers régionaux, issus de ces deux formations et des trois départements ouest-bretons, ont témoigné de la cohérence de nos engagements au service de toute la Bretagne et de chacune de nos villes ou chacun de nos terroirs. Qu’ils en soient aussi remerciés.

Notre liste rassemblera des militants issus de toutes ces familles et des gens qui, comme moi, ne sont pas affiliés à un parti. Ensemble nous partageons des valeurs de liberté et de responsabilité, d’initiative et d’engagement, de justice et de solidarité. Car selon la belle formule de Philippe Séguin, auprès de qui j’ai œuvré de nombreuses années, nous croyons à la liberté, à la dignité et à l’égalité des chances.

Dès le début de notre campagne, nous avons énoncé nos trois grandes priorités : l’emploi, la sécurité et la maîtrise de la fiscalité.

Parlons tout d’abord finances et fiscalité.

Le maire sortant se vante de la qualité de sa gestion. Il se targue de n’avoir pas augmenté les impôts. Il joue avec les chiffres, il joue avec les mots. Il ne parle en général que de la ville de Brest peu endettée et dont les indicateurs de gestion sont dans la norme.
Mais le budget de Brest a tendance à devenir une coquille vide ou du moins vidée de l’essentiel désormais transféré au budget de BMO, la communauté urbaine, sans oublier les multiples satellites comme Brest’Aim, Sempi, SEM TRAM , BMH, BMA et autres Société Publique Locale.
Lorsque le maire sortant se vante de n’avoir pas augmenté la fiscalité, vous avez du mal à le croire. Il se réfère aux taux qu’il a pris soin de stabiliser depuis trois ou quatre ans selon les impôts. C’est une illusion d’optique ! Mais pendant ce temps les bases augmentaient, plus vite encore que l’inflation. Et donc le produit global de l’impôt ne cessait d’augmenter. L’augmentation de la pression fiscale globale Brest + BMO a été en réalité d’un quart !

Et pendant ce temps la population ne cessait de diminuer et de s’appauvrir.
Les charges croissantes retombent donc sur un nombre décroissant de cotisants qui s’en trouvent encore surchargés.
En plus des impôts eux-mêmes, il y a les taxes et les tarifs des services publics qui augmentent :
– Pour les entreprises, le versement transport a augmenté de moitié, pour payer le tram : une charge de plus quand on est installé à Brest ;
– Pour tous, une taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères en augmentation d’environ 50% sur la période ;
– Et le prix de l’eau ? Soi-disant, il devait baisser avec la création de la SPL Eau du Ponant. Regardez vos factures : il a augmenté de plus de 20% sur la mandature ! Mais la SPL n’oublie pas de s’installer dans de nouveaux locaux luxueux !
Sur l’évolution de la population aussi, le maire sortant joue avec les chiffres, joue avec les mots.
Hier il pouvait dire que si la population de Brest diminuait, celle de BMO croissait.
Aujourd’hui il ne le peut plus : la population de Brest diminue, celle de BMO diminue aussi.

Il étend maintenant ses comparaisons jusqu’aux limites du pays de Brest : les populations de Saint-Renan et Ploudaniel au secours de celles de l’agglomération.
Et il change aussi les références de ses comparaisons: hier Caen ou Angers ; aujourd’hui Metz ou Béthune, au coeur de régions qui ont connu le sinistre de leurs industries traditionnelles : sidérurgie et charbonnages. Alors il se console quand Brest peut afficher des résultats un peu meilleurs que Béthune !
Mais pour mesurer la santé financière de Brest, la qualité de sa gestion et les marges de manœuvre pour l’avenir, c’est le budget de BMO qu’il faut regarder. Et ce que l’on voit, c’est un océan de dettes.
Si l’on ajoute à la dette directe les garanties et autres engagements pesant sur la collectivité, c’est plus d’un milliard d’€ qui planent au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.

Cuillandre, l’homme qui aura coûté un milliard d’€ aux Brestois ! Comment en est-on arrivé là ? Par aveuglement, par gloriole, par ignorance ou par dogmatisme ?
Tout cela peut-être.
Par aveuglement : les socialistes ont nié la crise. Le monde entier pouvait être en crise, tous les malheurs de la France étaient selon eux imputables à une seule personne : le président Sarkozy, objet de leur détestation. Comment s’étonner aujourd’hui de l’impopularité de l’actuel président quand le chômage explose, que la dette de la France ne cesse de gonfler, que l’activité stagne … et qu’il continue à prétendre le contraire ?
Ils l’ont niée à Paris.
Ils l’ont niée à Rennes : selon Le Drian, la crise s’était arrêtée aux portes de la Bretagne, protégée, disait-il par des activités qu’il qualifiait, se trompant lui-même, de non délocalisables comme l’agriculture et l’agro-alimentaire. On sait ce qu’il en est advenu !
Les socialistes brestois aussi ont nié la crise.
Ils ont essayé de poursuivre des grands chantiers engagés sous le mandat précédent et en ont engagé de nouveaux. Alors que la crise rapprochait toujours plus dans de nombreuses familles la fin du mois de son début, les socialistes brestois restaient imperturbables et ne modifiaient en rien leurs projets.
Ceux-ci allaient se heurter au dur mur de la réalité et transformer des ambitions séduisantes en caprices ruineux.
Par gloriole : nos édiles socialistes aiment le théâtre, la mise en scène, les inaugurations spectaculaires… aux frais du contribuable. Le maire sortant veut se faire une image de bâtisseur : depuis quelques semaines, il ne se passe de jour que l’on ne lise dans la presse pose de première pierre, sans être assurée qu’il y en aura une deuxième ; annonces miraculeuses et opportunes à la veille des élections de l’arrivée d’un investisseur commercial sur des sites en friche depuis des lustres qu’il s’agisse des Halles Saint-Louis, de la superette fantôme de Saint-Marc ou des Capucins ; foisonnement d’éoliennes virtuelles sur le polder où les travaux ne font que s’engager ; et même promenades virtuelles dans un téléphérique virtuel.
Comment dans ces conditions, comment démêler le vrai du faux ?

Est-ce par ignorance qu’ils nous ont conduits dans ces impasses ?
Certes ils savent jongler avec les millions d’€. Mais les acrobaties qui leur permettent de se raccrocher aux branches ne peuvent cacher l’absence de mise en perspective économique de leurs exercices budgétaires.
Par dogmatisme ?
Quand on continue à faire de la dépense publique le moteur de l’économie locale alors que l’on est endetté et que notre outil productif ne peut faire face à nos besoins, on organise la fuite des activités et des emplois.
Et n’est-ce pas aussi un effet de mode ?
Comment, monsieur le maire, vous en êtes resté au bon vieux bus ? Ringard, monsieur le maire ; regardez sur nos étagères le joli tram que voici ! Et vos abribus, vos bancs et vos aubettes ? Dépassés, nous avons une très bonne occasion en provenance de Montpellier. Dommage qu’on n’ait pas le même climat et que la pluie et le vent se jouent des modestes abris septimaniques.

Aujourd’hui c’est la mode des téléphériques. Le maire sortant est allé à Rio. Il a vu un
téléphérique urbain. Et pourquoi pas à Brest ? Mais il n’y avait rien sur étagère. Alors on va aire un prototype. Avec un marché de conception-réalisation dérogatoire au code des marchés publics. Un téléphérique spécial Penfeld. Alors nous avons posé la question : trop de zef pour le téléph ?
La réponse existe, en huit pages, en date du 30 décembre 2013, en provenance de l’autorité de l’environnement. Etudes inachevées, insuffisances de mesure de l’impact etc.
On y apprend incidemment que l’avis rendu par cette même autorité sur la ZAC des Capucins le 20 janvier 2011 ne peut être considéré comme favorable contrairement à ce que prétend le document !
Quant au coût de ce projet de téléphérique, d’abord évalué à 15 M€, il tangente désormais les 20 M€… et ce n’est pas fini.
Si ! Cela peut s’arrêter. Car une fois élus, nous mettrons un terme à ce gadget inutile et coûteux. Des projets coûteux et qui n’ont toujours pas fait la preuve de leur utilité, cela pullule à Brest.

Parlons des ZAC, ces zones d’aménagement concerté.

On rappelle que la population diminue, s’appauvrit, que le chômage explose. Et on continue à ouvrir des extensions de la ville sur des zones agricoles tandis que le centre ville se vide, que le commerce périclite, que les quartiers perdent leur animation.
La ZAC de la Fontaine-Margot créée en 2007, confiée à BMA, concession prolongée jusqu’en 2027 : on a dépensé près de 2,5 M€ ; on en est toujours aux études. Et il y a déjà eu 22 délibérations du conseil communautaire toutes votées à l’unanimité. Mais où sont les clients ?
La ZAC de Kerlinou révèle la même absence d’adéquation avec la demande. Créée en 2007 également sur 40ha, attribuée également à BMA, concession prolongée également jusqu’en 2027 : on a dépensé aussi près de 2,5 M€. Là encore la commercialisation patine.
Et la ZAC du Vern ? Créée en 1993 : vingt ans ! Confiée à BMA. Et chaque année le bilan de cette zone artisanale fait apparaître des difficultés de commercialisation. Et chaque année la collectivité bouche le trou.
Et la ZAC de Messioual ? Encore trente hectares dévolus à l’habitat. Zone créée en 2006 et qui n’a toujours pas démarré.
Une fois de plus on a voulu imposer des produits qui ne correspondaient pas à la demande, sans tenir compte de l’évolution de la situation économique générale et des finances des ménages. Pour compenser ces erreurs d’appréciation, c’est l’argent public, nos impôts qui viennent boucher les trous. Sans oublier les garanties d’emprunts !

Ces interventions en garantie, il ne faut pas croire que c’est théorique et que la caution donnée n’est jamais activée. En fait la collectivité, c’est-à-dire vous, vos impôts, vient au secours de toutes les affaires foireuses des multiples satellites: donner sa garantie, c’est accepter une charge future.
Je vais prendre un exemple, celui du bâtiment Biotech sur le technopole souvent appelé bâtiment Summum. Petit rappel historique: en 1999, la Semaeb, pour le compte des collectivités, construit un bâtiment de plus de 2000 m2 pour une société de biotechnologie dénommée Summum. Plus de 6M€ ont été engagés. Mais deux ans après la société fait faillite. En 2005, la communauté urbaine, c’est-à-dire BMO, a dû racheter les bâtiments vides: 16 laboratoires P2 et 6 laboratoires P3 où l’on peut manipuler des virus et autres bestioles en toute sécurité. Aucun loyer ne rentre. Chaque année les charges d’entretien s’accumulent. L’équipe sortante a refusé l’implantation de petites ou moyennes entreprises, même issues de recherches brestoises, car elle voulait faire « un gros coup » et tout louer ou vendre d’un seul bloc. Maintenant elle doit en rabattre et aujourd’hui 10M€ plus loin et dix ans après: 16 laboratoires P2 et 6 laboratoires P3 sont à vendre ou à louer.
Mauvaise gestion des deniers publics, manque de dynamisme dans la prospection économique mais aussi condescendance pour des projets jugés insuffisamment prestigieux, à ranger avec d’autres occasions manquées du développement industriel et portuaire.

Nous vous proposons une autre façon de gérer la ville, BMO et les organismes périphériques. Dans la sobriété, dans la transparence. Nous commencerons par un audit de tout cet ensemble. Puis chaque année nous ferons certifier de façon consolidée les comptes de Brest, de BMO et des organismes satellites.

Nous stopperons l’augmentation des impôts locaux tant sur les ménages que sur les entreprises.

Un véritable arrêt. Pas un tour de passe-passe à la manière illusionniste du maire sortant. Une baisse des taux pour compenser la hausse des bases de telle sorte que l’impôt à payer soit gelé.
Mais la baisse des dotations de l’Etat, dont nous ne connaissons que le début, va se poursuivre et s’aggraver comme l’a confirmé le Président de la République. Des efforts de gestion seront indispensables pour réduire certaines dépenses afin de dégager des marges de manœuvre pour nos priorités.
Car nous n’avons pas les mêmes priorités que la municipalité socialiste sortante.
Finies les dépenses de prestige. Finies les réceptions où l’alcool coule à flot.
Plus de ces voyages à l’autre bout de la terre dont on ne saura jamais s’ils servent à autre chose qu’à entretenir l’amitié… entre Brestois.
Réduction du parc automobile aux strictes nécessités du service public local.
Foin de l’appareil municipal de communication avec ses multiples supports de propagande. Pour éclairer le fonctionnement de la démocratie locale, la presse ne saurait se dérober à sa mission d’information, que diable !
Et surtout on cesse d’ouvrir des zones où personne ne vient habiter ; de construire des bureaux sur des terrains à vocation industrielle et qui ne se remplissent qu’en vidant le centre de ses activités de service et d’une part de son animation ; de rêver de nouveaux quartiers à coups d’équipements publics sans se soucier des aspirations et des capacités financières de la population.
Les Brestois sauront dire au maire sortant : 1 Md€, ça suffit ! 13 ans, ça suffit !

Nos priorités à nous : l’emploi et la sécurité.

La sécurité est la première aspiration de tout un chacun : la liberté d’aller et venir en tout temps et en tous lieux sur le territoire de la République est une conquête à laquelle personne n’a envie de renoncer et dont la garantie nécessite une action persévérante et agile des pouvoirs publics. La municipalité doit y apporter sa pleine contribution.
Quels commerces subsisteront dans des zones devenues terrain d’action de trafiquants de drogue ?
Quelles familles voudraient habiter une cité où les insultes des malappris et les vols ou les violences obligent les élèves à prendre malgré eux le chemin des écoliers pour éviter certains passages ?
Qui appréciera la promenade dans nos nombreux jardins publics si leurs bosquets obscurs camouflent trafics et libations qui se transforment parfois en bagarres au couteau ?
Braquages de bureaux de tabac, de coiffeurs, de boulangeries et tout récemment encore d’une crêperie: c’est toute une activité économique qui est menacée ; c’est l’animation de nos quartiers qui s’éteint.
La municipalité ne peut rester indifférente : pourtant la municipalité sortante est hors jeu ! Elle refuse la police municipale, se contentant d’agents verbalisateurs du stationnement. Elle refuse la vidéo-protection … sauf pour ses propres équipements : le tram par exemple dispose de 6 caméras par rame, d’une caméra par station et d’un centre de contrôle moderne mais non connecté. On a des principes mais à géométrie variable.
La création que nous programmons d’une police municipale, par redéploiement des effectifs, sans création nette d’emploi, permettra d’organiser de jour des patrouilles à pied par des rondes permettant de détecter les atteintes à la tranquillité, à la propreté et les risques liés notamment à la circulation. Son travail s’effectue en complémentarité avec la police nationale, dans le cadre de conventions et sous contrôle des autorités administratives et judiciaires. C’est également sous le contrôle sourcilleux des autorités administratives et notamment de la commission nationale Informatique et Libertés que sera mise en place la vidéo-protection.
Et nous écouterons les victimes, organisées ou non en associations, et tous ceux qui s’impliquent, souvent bénévolement dans la prévention. Nous les écouterons et nous les soutiendrons.

On le sait aussi il y a des formes urbaines qui sont propices à l’insécurité. Profitons des opérations de rénovation urbaine pour y remédier. Voyez, on m’accuse de faire des critiques systématiques – en langage socialiste, du dénigrement. Eh bien, je peux vous dire que nous poursuivrons les opérations de rénovation urbaine, qui sont d’ailleurs issues du plan Borloo de cohésion sociale. Le message de XavierLemoine, maire de Monfermeil, vous aura rappelé l’intérêt que je porte à ces questions. Mais nous veillerons à ce que l’objectif de retour de la tranquillité dans ces quartiers soit bien pris en compte dans ces projets.
Les zones urbaines sensibles de Keranroux-Kerourien-Valy-Hir ; de Keredern; et de Pontanezen ont déjà fait l’objet d’interventions, ponctuelles ou de grande ampleur, s’agissant de Pontanezen. Des opérations de rénovation urbaine ont également intéressé Saint-Martin et désormais Recouvrance.
Au-delà de la rénovation du bâti et de l’aménagement des espaces publics, c’est toute une vie collective à qui l’on doit permettre de s’épanouir.
Pour les familles d’origine étrangère, plus nombreuses dans ces quartiers, nous soutiendrons les initiatives permettant une véritable intégration par l’acquisition de notre langue et la compréhension de nos mœurs, notamment pour les parents d’élèves qui ont souvent des difficultés à suivre la scolarité de leurs enfants. Des projets ont déjà été élaborés qui n’ont malheureusement pas été soutenus par la municipalité sortante.

A toutes les familles, nous assurerons l’égalité des chances de leurs enfants

Quel que soit le réseau scolaire choisi par elles : public, catholique ou Diwan.
S’agissant des rythmes scolaires, il faut bien admettre que la mise en œuvre aveugle et à la hussarde de leur réforme a, pour l’heure, fait plus de dégâts qu’elle n’a apporté de bienfaits. Nous ouvrirons une réelle concertation avec les familles, les enseignants, les acteurs éducatifs et l’ensemble des partenaires. Nous adapterons la réforme à leurs attentes. Nous joindrons nos efforts à ceux qui réclament au gouvernement la suppression de l’application de la réforme aux écoles maternelles où l’on a vu des enfants en perte de repères avec des siestes parfois interrompues à 15 heures.
Si la justification donnée à la réforme est bien l’intérêt de l’enfant, il faut aussi qu’elle puisse bénéficier aux enfants scolarisés dans les écoles privées sous contrat : nous agirons en ce sens.
Les temps d’activité périscolaires, les fameux TAP, représentent une charge financière importante pour les communes. Les aides de l’Etat et de la CAF sont temporaires. Mais il n’y a aucune raison que cette charge retombe sur les familles. Le dispositif devra être adapté en conséquence. Il doit rester gratuit.
Les critiques ont explosé, à juste titre : parents et enseignants ont constaté une fatigue accrue des enfants. A-t-on vraiment cherché leur intérêt ?
Beaucoup d’habitudes ont été bouleversées, sans proposer toujours un meilleur aménagement du temps de l’enfant.
Mais des propositions concrètes et constructives ont également été émises :
– Revenir à une heure de début des classes à 9 heures ;
– Expérimenter le samedi dans quelques écoles volontaires ;
– Assurer la qualité et la neutralité des TAP
– Eviter les changements de jours d’une année sur l’autre entre les deux catégories d’école. Cela dépend de la seule municipalité ; les sortants n’ont pas répondu.

Si l’intérêt de l’enfant doit être au centre de toutes les réformes les concernant, il faut quand même que les parents puissent suivre ! Il y a encore beaucoup de progrès à faire à Brest en matière d’accueil de la petite enfance. Nous avons particulièrement noté le besoin de crèches à horaires atypiques et nous encouragerons la création de telles places. Nous assurerons la transparence des critères d’attribution qui ne doivent pas pénaliser les parents qui travaillent et nous veillerons à leur application.

Pour nous, l’éducation est essentielle. Nous développons une approche nouvelle, qui place sa confiance dans les acteurs, à commencer par les familles. C’est essentiel parce que l’éducation est la base du développement de la personne et de l’intégration sociale. C’est essentiel parce que la performance de l’école ouvre les portes de l’emploi. Et le développement de l’activité et de l’emploi, c’est notre grande priorité.

Mais que peuvent les collectivités publiques pour l’emploi ?

Le scepticisme domine. Le fameux « on a tout essayé » n’a pas fini de gangrener les esprits. Alors, non, n’y comptez pas ! Arrivés à la mairie, nous n’allons pas embaucher vos enfants, vos conjoints ou vos amis munis d’une « bonne » carte politique. L’emploi que nous voulons voir se développer, c’est celui de l’industrie, des innovations issues de nos laboratoires de recherche, du commerce et de l’artisanat et de tous les services aux entreprises comme à la population. Et Brest ne manque pas d’atouts !

Je voudrais seulement ce soir esquisser les voies d’une reconquête d’une vocation maritime de Brest dont les ambitions se sont au fil du temps émoussées.
L’histoire de Brest s’est construite autour de son port militaire. L’URSS a éclaté ; de nouvelles menaces ont émergé ; les affrontements prennent de nouvelles formes. La dissuasion ne suffit plus au développement des activités de la marine ou de ll’industrie de défense, qu’il s’agisse de THALES, de DCNS ou de toute la sous-traitance qui en dépend.
Nous sommes en présence d’une nouvelle donne. Et ici, à Brest, on est resté sur les schémas anciens, chacun dans son pré carré : la marine, le commerce, l’industrie.
La ville décline.
La municipalité sortante n’a pas su voir que notre avenir repose désormais sur la capacité à tirer avantage de notre remarquable positionnement maritime, et des infrastructures, tant civiles que militaires, dont nous disposons déjà, mais dont les ressources sont, aujourd’hui, vieillissantes ou mal exploitées.
Que d’occasions ratées !
La réparation navale civile peine à se développer malgré l’arrivée de DAMEN et le flux croissant de navires qui passent au large.
L’activité stagne.
Le ministre de la défense hésite encore à décider du port où seront entretenus les sous-marins BARRACUDA alors que la logique industrielle militerait pour tout regrouper ici.
Les vieilles coques sont déconstruites ailleurs, après avoir marqué notre paysage et entretenu la nostalgie durant de nombreuses années.
Les usines de l’éolien posé s’installent à Cherbourg, à Saint Nazaire… A Brest, aucun des grands industriels du secteur énergétique, AREVA, EDF Energies nouvelles, voire TECHNIP, ne sont solidement implantés. J’ai sonné l’alerte lors de la dernière session du Conseil régional en demandant la mise en place d’urgence d’une prospection économique de choc.

On ne doit pas baisser les bras ou attendre l’arme au pied que d’autres décident pour nous. Brest dispose d’atouts que beaucoup pourraient nous envier:
Un arrière pays breton dont l’activité agroalimentaire doit retrouver un nouvel essor, et dont la richesse touristique n’est encore que partiellement mise en valeur. Le cas de la nouvelle usine de lait de Carhaix devrait être exemplaire pour consacrer le rôle de Brest comme plaque de distribution des productions bretonnes vers le reste du monde.
Le rebond du commerce maritime, porté par la mondialisation, et un flux continu de navires au large des côtes, mais qui ne s’arrêtent pas.
La valorisation des mers et du littoral enfin, nouvel avenir de l’humanité, et la première étape des énergies marines, qui ont toute leur place dans le pacte énergétique national et mondial.
La haute technicité des projets est à la portée du potentiel intellectuel et industriel brestois. Le tissu universitaire, la recherche et l’expertise dans le domaine maritime sont là. Ils pourraient même avoir un rayonnement encore plus éclatant. Pour cela, il faut que de vrais projets d’entreprise viennent relayer la recherche et donner du
travail aux jeunes qui sont ici excellemment formés.
Ce développement industriel, est indispensable pour dégager les ressources financières et asseoir les compétences de l’intervention en mer, toujours plus exigeante. Aujourd’hui, quelques expérimentations ont confirmé la justesse de ce constat. Il est temps de se montrer plus ambitieux, sur des sujets prometteurs comme les fermes d’hydroliennes ou d’éoliennes flottantes.
La municipalité sortante s’est réfugiée dans l’attentisme et dans l’anecdotique. Nous, nous serons entreprenants. Nous nous impliquerons avec détermination dans le montage des projets et contribuerons activement à leur réalisation. Nous serons l’aiguillon auprès de tous les acteurs, publics et privés, pour stimuler et accompagner les initiatives.

Aujourd’hui Brest peut et doit relever trois défis :

1. Faire du port de Brest la « station-service » pour tous les navires qui adopteront la
propulsion au gaz liquéfié (GNL), créant ainsi un effet levier pour la réparation navale. La compagnie Britanny Ferries a donné le signal de cette révolution en commandant à Saint Nazaire un navire dont la propulsion sera innovante. Ce ferry est représentatif de ce que seront bientôt les flottes mondiales dont des dizaines de milliers de navires sillonnent les mers chaque jour.
La zone Seveso, qui subit aujourd’hui les contraintes des plans de sécurité (PPRT), trouvera dans un tel contexte les ressources de son développement, qui lui-même financera une sécurité sans faille, et sans extension du périmètre actuel, c’est parfaitement possible.

2. Soutenir activement l’aménagement du Polder, et convaincre les industriels de
s’engager sur le long terme. C’est un de mes combats au Conseil régional et au syndicat mixte Brest-Iroise où je siège depuis 2010. L’éolien flottant, et les intentions récemment affichées par le groupement Windflo de réaliser directement un démonstrateur plus puissant, doivent être l’occasion d’un nouveau partenariat, porteur d’emplois. Nous soutiendrons toutes les initiatives pour implanter à Brest les organismes impliqués sur le plan international dans la valorisation des océans et nous nous battrons pour éviter la fuite des potentiels déjà ancrés ici.

3. Enfin, nous encouragerons le trafic de conteneurs et la croisière, en recherchant la
meilleure connexion avec l’ensemble de la Bretagne, et en créant ainsi des flux
d’accès par une voie maritime aujourd’hui sous employée.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les ports de Brest doivent valoriser au mieux leurs infrastructures et les services portuaires au plus haut niveau de qualité attendu. Ce développement, loin d’entraver celui de la marine nationale, dont nous sommes les ardents défenseurs, permettra de mieux protéger et soutenir ses missions ici, à Brest. Tous les acteurs publics comme privés seront bénéficiaires d’une approche coordonnée. Les infrastructures maritimes sont techniquement complexes et réclament de gros investissements. A plusieurs, les acteurs portuaires seront plus performants et plus économes. L’emploi naîtra des nouvelles activités ainsi favorisées.

Quel rôle pour l’équipe municipale ?

D’abord la volonté et la vision, à faire partager. Les rencontres que nous avons eues avec les acteurs portuaires montrent qu’il y a des regrets mais aussi une envie d’action.
Les espaces portuaires permettent de nouvelles perspectives dans trois secteurs importants : la réparation navale lourde, tant militaire que civile, les énergies marines, et les domaines de la pêche et de la plaisance.
Nous nous ferons, pour l’exploitation des ports, les promoteurs de la mutualisation des capacités, sur les grosses infrastructures, en visant la pleine charge et la réactivité de service.
Penfeld. De nouvelles perspectives urbaines vont surgir. Elles rendent dérisoires et déjà obsolètes les gadgets qui tiennent lieu de projet à la municipalité sortante.

Mais pour redevenir une plaque tournante, Brest doit aussi être désenclavée côté terre. D’où l’importance d’un vrai TGV qui nous fasse accéder à Paris en moins de 3 heures.

A côté de sa vocation militaire, Brest doit donner un nouvel élan à son industrie maritime et à ses ports. Le développement de l’agglomération est à ce prix. Le retour de l’emploi et la sortie de la crise qui touche Brest plus encore que le reste de la Bretagne, aussi.

Pourquoi ces idées que nous ne sortons pas d’un chapeau mais de la confrontation de nos expériences et de celles d’autres acteurs engagés dans la vie économique brestoise n’ont-elles pas pris corps ? Nous le savons, la municipalité sortante, gonflée d’autosatisfaction, en place depuis trop longtemps, n’admet que les idées qui viennent d’elle. Chacun doit faire allégeance. Et qui ne rentre pas dans ses visées partisanes se voit effacé du tableau. Il n’existe pas, on ne doit pas le voir, et bien sûr, on ne l’écoute pas.

La démocratie locale est en panne à Brest :

– Abstentionnisme électoral ;
– Conseils de quartiers en léthargie ou transformés en chambres d’enregistrement ;
– Associations sous influence ;
– Simulacres de concertation et de consultations ;
– Opacité, antichambre du clientélisme, pour l’accès aux emplois, aux logements, aux services publics locaux ;
– Et l’opposition muselée, tellement raillée qu’elle finit par céder à la tentation de se rallier ou de jouer les figurants de l’opposition de Sa Majesté.

C’est pourquoi je veux saluer tout particulièrement Marc, Brigitte et Geneviève,
conseillers municipaux et communautaires sortants qui nous ont rejoints et veulent avec nous faire souffler sur Brest le grand vent de la liberté.
Balayons les miasmes du petit monde confiné des socialistes brestois qui font peser une chape de plomb sur la ville. Brest a besoin d’une vraie alternative. Nous proposons aujourd’hui un autre projet pour Brest. Nous le proposons tous les jours dans nos réunions de quartier, dans nos rencontres en porte à porte ; et ce projet est très bien reçu.
Ce que nous dénonçons, c’est ce que les Brestois ne supportent plus.
Ce que nous proposons, c’est ce qu’ils attendent, avec une équipe au service de Brest et de tous les Brestois.
Encore 39 jours de mobilisation et nous pouvons gagner. Nous devons gagner !

Pour vous, pour Brest, c’est-à-dire pour la Bretagne et pour la France !