Elections municipales de 2014

Discours du 19 décembre : la sécurité et le développement économique

Revenir à : Brest aujourd’hui.

Chers amis, Brest est une capitale. La capitale du Ponant. Comme toute capitale Brest est confrontée aux problèmes des grandes villes mais doit aussi se doter d’un projet métropolitain.

Parmi les problèmes qui taraudent aujourd’hui les Brestois, il y a l’insécurité croissante. Le premier droit dont doit bénéficier un citoyen est la liberté d’aller et de venir en paix, en tout temps et en tous lieux. Celui de vivre en paix. Le premier devoir du maire est d’assurer cette tranquillité à ses concitoyens.

Vous le savez, mon expérience professionnelle et certaines de me responsabilités actuelles me rendent familières les questions de sécurité.
Ne croyez cependant pas que la caricature qui a été faite de moi en « Bernie la matraque » corresponde à la réalité de mon état d’esprit.Cette caricature d’inspiration gaucho-machiste voulait fustiger mon action contre les dérives des fêtes rennaises. Elle a été complaisamment relayée.
Le témoignage d’Alex , c’est cette réalité-là que j’avais à l’esprit.Je m’étais promis de gérer ces débordements de telle sorte qu’un tel drame ne se reproduise pas.

Assurer la tranquillité des Brestoises et des Brestois, dans le respect des compétences de chacun, police, justice, préfet, c’est une responsabilité qu’un maire doit assumer.
Alors, le trafic de drogue à Pontanézen, Kerourien ou Kerédern, un fantasme?
Les perturbations de l’espace public, les incendies, les attaques au Bergot et ailleurs, imagination?
Les agressions au cœur du quartier de la Cavale blanche, on a rêvé?
Le caillassage du tram, un jeu d’enfant?
Sans oublier la place de la Liberté et le bas de Jaurès où les aménagements liés au tram ne facilitent pas la circulation des véhicules de la police nationale.

Faut-il fermer les yeux?

Décidément les socialistes ont bien un problème avec les questions touchant la sécurité. Chers amis, n’ayons pas peur d’aborder ces questions de sécurité avec sérénité mais aussi fermeté. Rappelez vous que les premières victimes de l’insécurité sont les personnes les plus fragiles.
Alors, oui, j’ai proposé la création d’une police municipale.
J’ai proposé la mise en place d’une vidéo-protection.

Depuis les accusations pleuvent:
–        Le coût: ce sera évidemment par redéploiement sans augmentation du budget ni des effectifs globaux ;
–        « -Big brother » : je suis des plus attachée à la protection de la vie privée et tous ces systèmes sont soumis au contrôle de la Commission nationale Informatique et Liberté qui est, à juste titre, très sourcilleuse ;
–        Une dérive droitière : Ah ? A Tours, Toulouse, Montpellier, Grenoble, Lyon, Rouen, le maire socialiste pencherait vers l’extrême droite?

Des affaires récentes de crimes, de disparitions ont montré toute l’aide que peut apporter la vidéo-protection.
Ne privons pas les Brestoises et les Brestois de cet appui à leur tranquillité.
Même si, nous le savons bien, cela ne règle pas tous les problèmes.

Les missions de la police municipale et celles de la police nationale sont complémentaires.
A la police municipale, les missions de prévention, de lutte contre  la petite délinquance par une présence de proximité sur le terrain. Cette police doit exercer ses missions au milieu de la population dans le centre ville et les quartiers. C’est notre force de dissuasion.

Alors certains socialistes brestois en ont appelé à l’autorité de la Cour des comptes pour jeter le doute sur ces dispositifs, et, au passage, le doute sur mon assiduité.
Désolée ! Je n’occupe pas un emploi fictif !
Le caractère confidentiel du délibéré de la cour m’empêche de rentrer dans les détails.
Mais soyez rassurés : j’étais bien au travail, j’ai étudié le rapport en question même si je n’ai pas été amenée à participer au vote.

Quant à mon éventuelle responsabilité dans l’évolution des effectifs du commissariat de Brest, c’est un sujet qui échappait à la préfète ou le secrétaire générale du ministère de l’Intérieur que je fus.
Le maire sortant devait d’ailleurs le savoir car je ne me souviens pas avoir reçu la moindre sollicitation de sa part.

Au regard de la situation, je demanderai au ministre de l’Intérieur que Brest bénéficie d’une zone de sécurité prioritaire pour permettre une intervention plus puissante de la police nationale dans les quartiers les plus sensibles !

C’est une ville harmonieuse que nous voulons construire ensemble.
D’abord une ville et une métropole dans laquelle chacun puisse trouver un emploi à la hauteur de sa qualification et de ses ambitions.
Je vous le disais, la crise bretonne frappe plus durement l’ouest et particulièrement la zone d’emploi de Brest.
Les chiffres sont sans appel : de juin 2012 à juin 2013 le chômage a progressé de 15,5% sur le pays de Brest, pour 14,5% sur la région et 11,8% sur la France. Autre indice, en un an le nombre de locaux d’activité disponibles a augmenté de 37%. Dans les rues du centre ville il suffit d’ouvrir les yeux pour constater le nombre de commerces à vendre. Dans la seule rue Jean Jaurès, il y a eu plus de magasins fermés que d’emplois au siège d’IFREMER.

Bien sûr, il y a la crise.
Et elle ne s’est pas arrêtée aux portes de la Bretagne.
La situation particulière de notre ville révèle un mal plus profond, moins visible mais implacable s’il n’est pas enrayé : c’est la perte d’attractivité qui peut nous entrainer dans la spirale infernale du déclin.

Depuis quelques semaines, sous la pression des manifestations et de la peur de la colère exprimée dans la rue, j’entends bien les socialistes à la région, dans le Finistère et ici à Brest avouer du bout des lèvres et presque en s’excusant qu’il y aurait bien un risque de décrochage territorial de l’ouest breton.
Quand nous avons clamé, avec les Bonnets rouges, « re zo re ».
Cela voulait dire trop d’impôts, trop de règlementation, trop de distance.

Et que nous annonce le Premier ministre à Rennes avec son fameux pacte ?
Une espèce d’expérimentation de décentralisation et de « différenciation » qui permettrait aux régions d’édicter des règlementations supplémentaires et de lever des impôts nouveaux !

Et pour le TGV, un débat public : aucun engagement.
Le TGV reste reporté après 2030.
Ce n’est pas cela qui fondera l’avenir de la Bretagne !

Décidément, les socialistes n’ont pas compris la profondeur du malaise breton.
Ou pire ils essayent de détourner notre courroux en faisant jouer notre fibre régionaliste et bretonnante. Je suis régionaliste et attachée à la culture bretonne.
Mais nous n’avons pas besoin d’attendre que des instances supranationales nous y obligent pour soutenir les initiatives en faveur de la langue et de la culture bretonne.
Et nous le ferons ici à Brest pour l’enseignement bilingue, pour la culture populaire bretonne, pour la signalétique.

Ne nous laissons pas voler notre légitime colère.
Ne la laissons pas détourner à des fins électoralistes.
Ecoutez bien ce que nous voulons :
-moins d’impôts
– moins de procédures
– un TGV qui mette Brest et Quimper à 3 heures de Paris sans attendre 2030.
Ce désenclavement, c’était déjà mon cheval de bataille, il y a dix ans.

Les socialistes au pouvoir depuis des lustres à Brest, à Rennes et à la région ont longtemps rejeté cette analyse. Pour eux, ce qui était bon pour Rennes était bon pour toute la région. Ils ont noyé la fracture Est /Ouest dans un fatras de considérations sur le déséquilibre Nord/Sud, centre/littoral etc. Une fois de plus, en voulant, en paroles, n’oublier personne, ils perdent de vue l’essentiel. En outre ce discours emberlificoteur leur sert de justification pour  reporter après 2030 un investissement structurant, vital pour notre agglomération et toute la pointe bretonne.
Et l’argent qu’on n’y investit pas reste disponible pour des projets moins utiles.

On n’a pas beaucoup entendu le maire sortant de Brest se battre pour mettre notre ville à trois heures de Paris. De fait il a cautionné le retrait de ce projet capital pour Brest du Schéma national des infrastructures de transport par ses amis politiques.

Chers amis, croyez vous que c’est parce que Brest dispose d’un tramway et demain, si nous ne prenons pas les choses en main, d’un téléphérique que cela participera à l’attractivité de notre ville ? Pour développer l’attractivité de Brest notre ville doit être reliée aux grands réseaux européens de transport avec une vraie ligne de TGV.

Ce combat nous le mènerons et nous le gagnerons.

En matière de développement économique notre équipe entend renouer avec l’industrie, avec le Brest qui avait l’esprit ouvrier, qui n’avait pas peur de retrousser les manches et de se lever tôt. Et déjà avec l’économie portuaire.

Que d’occasions perdues pour Brest !

Jean-Paul Hellequin en a donné quelques exemples. A avoir fait la fine bouche pour la déconstruction des navires, nous voyons cette activité se développer pas seulement en Inde ou au Bengladesh, mais aux Pays-Bas, en Belgique et même… en France…pas à Brest alors que nous avons des compétences.

Vous le savez, en tant que conseillère régionale, je siège, au syndicat mixte qui gère le polder. J’ai soutenu le projet de développement du port et les aménagements destinés à accueillir les énergies marines renouvelables tout en améliorant l’accès des navires marchands.
Je l’ai dit au moment de mon vote : c’est un pari, un pari économique et financier ; mais s’il est une collectivité qui doit le tenir, c’est bien la région.

Mais pour gagner ce pari, il faut s’activer !
Il faut un engagement de toutes les parties, à commencer par le maire de Brest !
D’autres sites ont été plus actifs et nous ont devancés.

Demain cela changera.

Nous devons aussi nous préparer à l’impact de la nouvelle loi de programmation militaire qui se traduira pour la base brestoise par de nouvelles pertes d’emplois.
Mais nous devons être offensifs et agir pour que de futures activités de la Marine se localisent à Brest. Je pense aux sous-marins Barracuda : beaucoup de raisons militent pour que leur entretien soit fait ici.
Nous devons aussi aborder avec franchise l’évolution des activités liées à la Marine à Brest. Comment favoriser l’utilisation optimale des formes civiles et militaires par des mutualisations là où elles peuvent se réaliser.
On peut aussi évoquer la situation paradoxale d’entreprises qui ont été autorisées à s’implanter à proximité des sites à risques technologiques et qui vont se trouver sous contraintes de plans de protection, le fameux PPRT.

Le développement économique, l’évolution des activités, la vocation industrielle de Brest doivent retrouver toute leur place dans l’urbanisme, l’organisation spatiale de la ville.

Mais si l’on veut développer l’activité et l’emploi, il faut cesser le matraquage fiscal.  Per-Iann Fournier nous en a fait la démonstration.
Depuis quelques mois familles et entreprises ont exprimé un « ras le bol fiscal ».
Le message était principalement adressé au gouvernement et à sa majorité socialiste.
Ce message il s’adresse aussi aux collectivités locales car les impôts locaux pèsent lourd dans le budget des familles et les comptes des entreprises. Une fiscalité locale maîtrisée c’est un point capital pour  l’attractivité d’une ville.

Et pour maîtriser la fiscalité, il faut d’abord maîtriser les dépenses.
Le maire sortant se targue d’une gestion saine et d’un faible endettement.

La réalité c’est que les charges de Brest ont été transférées sur le budget de BMO.
S’il fallait rembourser la dette accumulée par BMO ces dernières années cela représenterait plus de dix ans  de l’épargne de l’agglomération.
Je n’appelle pas cela une gestion saine mais de l’acrobatie. Nous ferons certifier les comptes de la ville, de la communauté urbaine en y incluant tous les satellites.

Il est urgent d’arrêter les dépenses inutiles, le gaspillage, de réaliser des économies.
Un téléphérique : chiffré aujourd’hui à 20M€. Nous ne le ferons pas.
Eau du Ponant : un nouveau siège à 7M€. Et le prix de l’eau qui devait baisser !

Nous nous engageons à gager chaque dépense nouvelle par une économie nouvelle.
Avant d’investir un € nous nous engageons à calculer le retour sur investissement pour la collectivité.

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