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La Bretagne décroche (dernière partie) : la formation, de l’apprentissage à l’université.

Dernière partie  de l’intervention de Bernadette MALGORN, présidente des élus Droite & Centre de Brest et du rassemblement pour Brest (session d’octobre 2015 au conseil régional),  La Bretagne décroche, partie consacrée  à  la formation : de l’apprentissage à l’université.

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« (…) La formation : de l’apprentissage à l’université.

Cela implique que nous investissions fortement dans la matière grise, dans la formation des jeunes, de l’apprentissage jusqu’à l’université.

L’apprentissage : à ne pas vouloir effectuer des choix clairs, dans un contexte certes difficile, la politique socialiste a créé, au niveau national comme au niveau régional, une insécurité juridique et financière qui a détourné les jeunes et les entreprises de cette voie qui peut être d’excellence. La Bretagne, avec la diversité de son réseau de PME, TPE et ETI, a tous les atouts pour être à la pointe pour les formations par la voie de l’apprentissage.

Voilà encore une occasion que vous avez manquée.

Et que dire de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

De beaux concepts : Université européenne de Bretagne, Campus numérique breton, l’Université Bretagne Loire… Mais derrière cette façade, l’enseignement supérieur et la recherche ont-ils été une priorité pour votre majorité ? La diminution de 42% des crédits affectés à cette mission dans le contrat de plan 2015/2020 est à elle seule une réponse.

Comment dans ces conditions s’étonner que pour la deuxième fois, nos universités soient recalées à l’appel à projets Investissements d’avenir et initiative d’excellence ? Vous avez fait le choix d’investir dans les amphis immersifs. Est-ce pertinent avec l’explosion des FLOT « Formations en ligne ouvertes à tous » ? Ce sont les contenus qui feront la différence et qui permettront la reconnaissance de l’excellence universitaire.

Depuis longtemps, la Bretagne s’est distinguée par son excellence académique avec l’un des meilleurs taux de réussite au baccalauréat. Le nouveau défi qui est devant nous et auquel vous n’avez pas apporté de réponse satisfaisante, c’est de nous distinguer dans l’excellence de l’apprentissage et l’excellence universitaire, les deux n’étant nullement opposés.

Une « charte pour la jeunesse », c’est bien et cela ne coûte pas cher, mais au final qu’avez-vous fait pour la jeunesse bretonne durant ces onze années ? Les jeunes bretons sont-ils mieux formés, trouvent-ils plus facilement un emploi leur permettant de s’insérer dans le monde du travail pour construire un projet de vie ? Sont-ils plus heureux et en meilleure santé ? Les 15 000 jeunes qui quittent chaque année la Bretagne illustrent votre constat d’échec.

Et pour une région périphérique comme la Bretagne il est d’autant plus important de valoriser au mieux ces ressources humaines toutes ces compétences tout son potentiel. Vous connaissez mon combat pour la parité.

Sur cette terre de Bretagne, les femmes ont partagé ou accompli les mêmes tâches que les hommes. Il est temps de passer de l’égalité de droit à l’égalité de fait.

Vous aviez, comme nous, affiché cette priorité mais en l’appliquant au sociétal plutôt qu’au social et à l’économique, vous avez manqué le but.

Monsieur le Président, je n’ai pris que quelques exemples pour illustrer ce que notre groupe a appelé dès 2010 le décrochage breton et contre lequel nous voulions lutter.

Nous avons eu parfois le sentiment de prêcher dans le désert. Nous ne sommes plus les seuls à faire le constat. Ces deux dernières années d’éminents universitaires, acteurs socio-économiques, militants de la Bretagne, ont produit trois ouvrages : « Secoue-toi Bretagne », « Bretagne en crises » et « Le nouveau défi armoricain » qui partagent ce diagnostic.

Alors que notre groupe tirait la sonnette d’alarme depuis 2010, en 2013, la colère populaire vous a rattrapé avec le mouvement des Bonnets rouges. Pour éteindre l’incendie, le gouvernement a inventé à la hâte le Pacte d’avenir. Un Pacte qui a fait pschitt.

Nous avons dénoncé le triple décrochage démographie, économique et territorial.

Votre politique n’a rien fait pour les réduire.

Une Bretagne dont la pointe occidentale s’éteindrait même doucement, c’est pour nous aussi inacceptable qu’une Bretagne amputée.

La Bretagne foisonne de talents.

Qu’avez-vous fait des talents de la Bretagne ? et bien demain ils se lèveront ! »