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Une SPL de plus dans la nébuleuse brestoise

Brest Métropole vient de créer une nouvelle SPL (Société publique locale). Une de plus..

Cette  nouvelle SPL porte exactement le même nom que la SEM (Société d’économie mixte) Brest Métropole Aménagement, déjà existante.

Alors à quoi bon  ce doublon ?

Bruno SIFANTUS, élu municipal et métropolitain, membre du Rassemblement pour Brest, indique que cette création n’a pas de réelle justification. Elle ne peut s’expliquer  que par le fait qu’elle permettra,  à l’équipe Cuillandre, de faire de nouvelles dettes, et permettra de le faire sans trop de visibilité au niveau des budgets, puisque seuls apparaîtront les engagements financiers garantis par les collectivités, et encore « hors bilan » !  

Pour Bruno SIFANTUS, « nous ne mettons pas en cause la nécessité d’une rénovation énergétique des patrimoines publics – principale motivation longuement mise en avant. Elle est tout à fait légitime. Mais a-t-on besoin de ce nouvel outil ?

La véritable question est de savoir s’il est pertinent de venir encore élargir la nébuleuse de satellites qui gravitent déjà autour de Brest et de sa métropole, et qui lorgnent maintenant pour leur développement sur le Pays de Brest. Le tout dans un contexte de lent déclin démographique et économique. Il n’est pas besoin en effet de souligner les nuages qui s’accumulent sur ce dispositif, en premier lieu sur les acteurs du logement social et de l’immobilier, qui voient leur capacité à s’autofinancer gravement menacée… Quelle est la résilience de cette nébuleuse dans ces perspectives ?

Comment gèrera-t-elle ses endettements propres, garantis ou non par nos collectivités, quand il faudra mener par exemple la rénovation indispensable des patrimoines de ces mêmes collectivités.

Le montage, donné comme innovant, a par ailleurs la caractéristique de présenter d’une part du flou sur les modalités de financement qui sont renvoyées à des relations contractuelles, et d’autre part de sous estimer le risque technique par le choix de contrats de performance. On peut donc bien se demander alors pourquoi ne pas utiliser directement la SEM dans laquelle resteront les capacités nécessaires. Faut-il voir dans le souci de rester entre soi qu’exprime la création de la SPL, une certaine frilosité des autres actionnaires de la SEM à s’engager malgré ou à cause de l’ambition des objectifs ?

Il est vrai qu’une nouvelle SPL permettra de faire de nouvelles dettes pour faire face à la bosse des travaux dans les patrimoines publics ou parapubliques locaux, et permettra de la faire sans trop de visibilité au niveau des budgets, puisque seuls apparaîtront les engagements financiers garantis par les collectivités, et encore « hors bilan ».  

Faut-il rappeler enfin que nous avions fait nous-mêmes du patrimoine une  de nos priorités dès la campagne de 2014, et que nous insistons depuis sans faillir sur la fragilité du système qui monopolise de fait l’essentiel des services à la personne, dans une vision plus idéologique que pertinente. »

Pour tous ces motifs, les élus du Rassemblement pour Brest ont voté contre la création de la SPL BMA, lors de son examen en conseil de Métropole (6/10/2017) et Conseil municipal (12/10/2017).