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Bruno SIFANTUS revient sur l’état des finances de Brest métropole

Bruno Sifantus RAssemblement pour Brest
Ouest-France

Le 30 mars dernier, le Rassemblement pour Brest avait été le seul groupe d’élus à  voter contre le budget présenté par l’équipe Cuillandre à Brest métropole.

Traditionnellement c’est au  moment  du vote budgétaire que se détermine le positionnement politique majorité/opposition.

Conseiller métropolitain, Bruno SIFANTUS   revient sur les raisons du vote du groupe Rassemblement pour Brest, présidé par Bernadette MALGORN.

Pour l’élu métropolitain,  « la présentation du projet de budget 2018 de la métropole se place de façon naturelle dans la continuité de dos orientations budgétaires de l’équipe Cuillandre. »

Il rappelle ce qu’il a dit en conseil  du 30 mars 2018 :  « Nous pourrions renouveler les appréciations que nous avons exprimées en janvier, par exemple souligner des efforts de maîtrise des charges de fonctionnement et une approche plus prudente de la gestion qui semble se rallier aux préoccupations que nous exprimons ici depuis le début du mandat. Et cela même si ces efforts sont engagés, il est vrai, sous la pression insistante de l’Etat…

Cependant, si on y regarde de plus près, on observe déjà quelques variations par rapport à ce qui était annoncé. Par exemple, si l’augmentation des dépenses réelles de fonctionnement est annoncée à 1% sur le budget consolidé, elle monte de fait à 1,4% si l’on s’intéresse au budget total.

Bien au-delà du montant de l’inflation anticipée, les autres produits des services, du domaine et ventes diverses augmentent de 16,3% en incluant notamment le produit des droits de stationnement, en augmentation brute de 1 M€. Les autres produits de gestion courante augmentent de 18,8%.

Plus généralement, la voiture est bien considérée comme une « vache à lait », même si elle reste irremplaçable dans un territoire qui ambitionne en outre de s’élargir à tout le Pays de Brest.

La capacité d’agir de la Métropole restera fortement contrainte avec une dette du budget consolidé d’un montant difficilement stabilisé au niveau élevé de 360 M€ et d’une durée résiduelle de plus de 18 ans. Les habitants, notamment ceux qui ne touchent que le SMIC ou moins encore, ces habitants seront sûrement impressionnés de voir qu’ils portent aussi chacun une dette de 1500 €.

Encore faudrait-il y ajouter leur part du montant faramineux des garanties d’emprunts affectées aux engagements hors bilan du budget principal, à hauteur de plus de 400 M€, garanties sur lesquelles votre rapport reste très discret, ce qui n’est pas pour nous étonner. »

Pour Bruno SIFANTUS, l’équipe Cuillandre semble se « féliciter d’une diminution légère de la charge de la dette, mais en réalité, cela revient à lui donner un peu d’air avant les prochaines  élections locales, en repoussant de fait les échéances, qui s’imposeront pourtant à ceux qui seront alors en responsabilité !

Le contexte économique reste encore fragile, surtout ici. Le produit des impôts et taxes économiques est en effet partout en recul dans vos prévisions. Ce n’est pas la loi de programmation militaire qui viendra à court terme y remédier ici. Et de façon plus regrettable, l’IFREMER dont nous contribuons à financer le transfert du siège de Paris à Brest, nous remercie en envoyant par le biais de son armateur GENAVIR ses navires faire leur maintenance dans les ports espagnols. Chacun appréciera…

Par ailleurs, face au retour prévisible de l’inflation que nous pouvons mesurer quotidiennement, et face à la remontée inéluctable des taux d’intérêts déjà engagée pour les emprunts à long terme qui impactera le montant des frais financiers futurs, votre recherche d’économies reste bien timide.

Dans une métropole marquée par le poids élevé de l’emploi public, la question du temps de travail des agents revient dans le débat, sous la pression notamment de la chambre régionale des comptes dans son dernier rapport annuel d’activité. Nous avions évoqué ce thème à l’occasion du DOB 2017, dans une indifférence un peu inquiète il est vrai. Nous sommes en effet plus proches ici de 33h et demi par semaine que des 35h. Depuis 2005, la collectivité se prive donc d’une cinquantaine d’équivalents temps plein (ETP) par an… C’est sans doute légal, mais est-ce vraiment pertinent dans le contexte actuel ? Si on prolonge la réflexion au thème de la réorganisation du travail c’est une réserve globale de plus de 200 ETP dont nous pourrions disposer, soit, entre parenthèses, de quoi armer plusieurs polices municipales…

La Chambre en fait un vrai sujet de préoccupation. Nous nous contenterons d’en reprendre les termes parus dans la presse locale : « L’application effective [de la durée légale] de 1607 heures par an est un outil de maîtrise de la masse salariale. Il devrait permettre d’améliorer la qualité des services proposés au public, de limiter le recrutement de personnes supplémentaires et de réduire le recours aux heures supplémentaires. »

Il reste donc encore beaucoup d’efforts à engager pour conserver une capacité d’action crédible et ne pas laisser les ambitions de « bâtisseur » que vous affichez au stade des rêves à caractère électoral. »

Ces  raisons ont amené le Rassemblement pour Brest a désapprouver le  projet de Budget 2018 Brest métropole. »