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Les rythmes scolaires : Véronique Bourbigot dénonce le passage en force de l’équipe Cuillandre

Après des mois d’une pseudo concertation  sur la question des rythmes scolaires à Brest, l’équipe Cuillandre présentait en conseil municipal du 20 juin son Projet éducatif du territoire (PEdT)  pour la période 2019 à 2022.

On se souvient des  manœuvres de l’équipe Cuillandre pour imposer ce  projet, face à l’hostilité des équipes pédagogiques et des parents d’élèves. Le vote des conseils des écoles se dirigeant,  les uns après les autres,  pour un retour à la semaine des 4 jours,  l‘opération tournait au fiasco pour la municipalité.

L’équipe Cuillandre  mettait alors  un terme à la discussion, avant la fin des votes par l’ensembles des conseils des écoles brestoises, et présentait son projet  maintenant sa seule vision et la semaine des 4 jours 1/2 !

Lors du  Conseil municipal du 20 juin 2019,  Véronique BOURBIGOT a  dénoncé ce passage en force et a  rappelé les raisons  amenant le  Rassemblement pour Brest a voter contre ce projet.

« Monsieur le Maire,

Le Projet éducatif du Territoire 2019-2022 qui nous est soumis, s’inscrit dans une longue pratique de votre équipe :  mettre le maximum de politiques publiques dans un carcan   décidé par vous, et que vous voulez imposer à toute équipe municipale issue des urnes.

Ce fut le cas avec la charte de la maison commune en 2014 à quelques semaines des élections municipales. Vous étiez tellement pressés que vous n’avez même pris le temps de soumettre la question au conseil municipal de Brest.

Ce fut le cas en 2015 à Ville et à la métropole avec le vote du contrat de territoire avec le département… Au cas où ..

C’est le cas encore aujourd’hui, avec le PEdT pour la période 2019/2022. Juste au cas où …

Certes l’argument semble imparable : vous mettre en conformité avec la loi. Ce qui est devenu un impératif légal aujourd’hui, semblait pourtant être moins prioritaire naguère.

Depuis 2013, vous étiez sur la base d’un système dérogatoire, ce qui ne semblait poser outre mesure un obstacle dans l’accomplissement des rythmes scolaires et du temps périscolaire. La volonté est donc ailleurs : figer les rythmes scolaires pour les trois prochaines années, sur votre seule vision, peu importe qu’elle ne satisfasse que votre équipe et que votre projet soit si peu conforme à l’attente et aux besoins des familles et des équipes pédagogiques.

Lors de la mise en œuvre de la réforme Peillon en 2013, vous aviez mis en place hâtivement les Temps d’Activités Périscolaires (TAP). Notre approche était différente, plus ouverte. Je rappelle quelles étaient nos préconisations :

  • 1 : passer par une phase d’expérimentation d’une année, permettant d’évaluer avec les équipes pédagogiques et les parents les effets et les bénéfices de la réforme avant une application plus large en élémentaire ;
  • 2 : vérifier la pertinence de ces nouveaux rythmes sur les enfants de maternelle. Elle est mise en question surtout pour les petites et moyennes sections

Celles-ci étaient également plus en phase avec les pistes tracées en 2017 par le ministre Jean-Michel Blanquer.

L’évaluation des rythmes scolaires effectuée par le cabinet ENEIS en 2017, nous était apparue pour le moins mitigée et l’échantillon était trop réduit. Elle appelait une plus large concertation pour une remise à plat du système. Nous étions prêts à y apporter notre contribution, vous ne l’avez pas souhaité.

Ce processus n’a pas eu lieu et visiblement n’était pas voulu par la municipalité, enfermée dans un carcan idéologique, refusant d’entendre ce qui remontait concrètement des conseils d’écoles.

Mais sur le fond, le problème demeure sur le temps de l’enfant, sur la bonne articulation entre temps d’apprentissage des savoirs et activités périscolaires, sur l’organisation de la semaine (4 jours et demi ou 4 jours puisque la loi le permet). Aujourd’hui, selon l’association des maires de France, 85 % des communes françaises, représentant 80 % des élèves scolarisés sont repassées à la semaine de 4 jours.

Votre projet a d’emblée suscité des réactions de contestation dans nos écoles brestoises, portant tant sur les horaires de TAP que sur la méthode. Vous êtes passés en force, en faisant fi des avis des conseils d’établissement et de l’opposition exprimée par de nombreux enseignants brestois.

L’enjeu des rythmes scolaires méritaient pourtant une autre méthode. On ne construit pas une politique, encore moins lorsque qu’il s’agit des rythmes de l’enfant, sans un large consensus, sans une co-construction avec les enseignants, les personnels et les parents.

Vous avez fait le choix d’un projet imposé à tous, considérant que vous aviez raison malgré de fortes dissensions.

Nous ne vous suivrons sur cette voie. Nous voterons donc contre cette délibération. »