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Bruno Sifantus analyse les finances de Brest : « l’équipe Cuillandre veut rendre la vitrine présentable pour les élections »

« Le compte administratif 2018 de la ville de Brest ne nous apprend rien de bien nouveau. Il confirme l’exécution des politiques publiques mises en place depuis plusieurs mandats, sans parvenir à limiter la baisse de la population urbaine ni le déclin lent mais toujours sensible de son économie. La situation du commerce de proximité, ou la sécurité ne se sont pas améliorés en 2018. Et pourtant, tout est fait pour donner une bonne image de la ville, afin d’en faire une vitrine la plus présentable possible de ces politiques publiques. »

Pour Bruno SIFANTUS, élu Rassemblement pour Brest,  « Le phénomène semble s’accélérer à l’approche de la prochaine campagne des municipales. Les travaux et les inaugurations se multiplient, les animations gratuites aussi. Il faut reconnaître que les compétences financées par la commune ne sont pas celles qui soulèvent le plus de débats virulents, même si certains points de crispation subsistent comme la question de la scolarité en 4 jours ou  4 jours et demi, qui continue à diviser parents et professeurs.

Faut-il rappeler aussi que les questions importantes sont plutôt traitées à la métropole ou dans les nombreux satellites. Le cas des mobilités est exemplaire puisqu’il permet opportunément de faire rêver, à peu de frais à ce stade pour la ville elle-même.

Concernant l’exécution du budget 2018, on peut remarquer que, si l’endettement se réduit effectivement pour venir à un niveau raisonnable, il apparaît en revanche, grâce à la clarté des éléments présentés il faut le souligner, il apparaît que le niveau de la dette garantie par la ville reste lui stable. Et stable à un niveau beaucoup plus élevé, 155 M€, soit près de cinq fois la dette directe ! Ce sujet ne passionne guère, il est pourtant fondamental pour l’avenir.

Qu’elles soient garanties ou directes, ces dettes reportent sur enfants et petits enfants la charge des investissements actuels. L’argent est facile aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il dans les prochaines années, avec une économie mondiale qui montre de vraies fragilités, et une économie locale qui peine à se moderniser. La dette garantie soutient d’abord le logement social, qui se trouve lui-même confronté en première ligne à un environnement plus risqué…

Les récents rapports de la Cour des  comptes et du Sénat sur la CGLLS (Caisse de garantie du logement locatif social) pointent, pour l’avenir et dans un contexte marqué par la mise en place du mécanisme de la « réduction de loyer de solidarité », les risques que font peser sur les comptes des collectivités locales les garanties accordées aux bailleurs sociaux. Cette préoccupation est récente car, comme l’indique le rapport du Sénat, le fait que les garanties accordées aux bailleurs sociaux ne sont pas comptés dans le plafonnement du montant des emprunts garantis par les collectivités locales contribue à leur invisibilité.

De façon plus anecdotique, on peut noter que vous pratiquez un « amortissement progressif des emprunts ». Faut-il y voir là encore, la tentation de repousser au plus loin la charge de la dette globale qui pèse sur les ménages qui paient l’impôt. L’équipe Cuillandre se vante  de n’avoir pas augmenté ceux-ci, mais se garde de souligner que ce sont les emprunts de la ville, mais aussi de la métropole et des satellites qui permettent à, la municipalité de de poursuivre sa politique. Il y a des efforts visibles, peut-être, mais à quel prix réel, et avec quelles perspectives ? »

Bruno SIFANTUS qui rappelle que le  Rassemblement pour Brest avait voté contre le budget 2018, poursuit  : « Rien ne nous invite à changer d’avis aujourd’hui, même si tout est fait à la ville pour rendre présentable la vitrine des politiques publiques à la veille de la prochaine campagne électorale. »

C’est la raison pour laquelle les élus Rassemblement pour Brest n’ont  pas approuvé le Compte administratif 2018 , soumis au vote du conseil municipal de Brest le 20 juin 2019.