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Bernadette MALGORN appelle à une mobilisation pour des services publics de qualité et de proximité

A l’ouverture du conseil de Métropole  du 28 juin 2019, Bernadette MALGORN, présidente du Rassemblement pour Brest, est intervenue pour  rappeler sa conception du fonctionnement de l’intercommunalité : du bon équilibre en la Métropole et l’ensemble des commune qui la compose.

Lais elle a également appelé à une mobilisation pour des services publics de qualité et de proximité sur le territoire métropolitain.

Nous publions ci-après l’intervention de Bernadette MALGORN.

« Monsieur le président,

Ce dernier conseil de la Métropole avant la trêve estivale se tient au terme du processus de vote dans chacun de nos conseils municipaux de la nouvelle répartition des sièges au sein de l’instance métropolitaine, à compter de 2020.

Nous avons, la semaine dernière, monsieur le président, voté en conseil municipal de Brest pour la proposition que vous nous avez faite en qualité de maire de Brest, proposition coordonnée avec les autres maires de la métropole.

Nous l’avons soutenue car nous pensons que l’égalité de la représentation entre Brest d’une part et l’ensemble des autres communes de la métropole de l’autre favorise la recherche d’une gestion équilibrée, respectueuse des intérêts de l’ensemble des communes et de leurs habitants.

Il n’y a cependant là rien d’automatique. Nous pensons qu’il faut rompre avec votre volonté de contrôle des activités de tous ordres dans la métropole, le pays de Brest voire au-delà par le biais de ce que vous avez voulu ériger en une maison commune échappant au contrôle des élus municipaux.

L’écheveau des sociétés et organismes satellites, pour certains contrôlés à 100 % par la ville et la Métropole, ou fortement subventionnées, d’agences ou d’associations de paille, tendent vers une domination par votre système de secteurs entiers de l’activité économique notamment sur les marchés des services.

Nous sommes favorables à une coopération accrue dans le pays de Brest pour mieux répondre aux besoins de la population. Nous avons, dans ce cadre, adhéré aux démarches de coordination en matière de santé ou de mobilité. Mais nous récusons l’élargissement à marche forcée de la métropole. Vous avez fait peser sur la métropole la charge de multiples organismes. Vous étiez pressé de la partager. Vous ne pouviez espérer susciter l’enthousiasme.

Nos concitoyens ont besoin de proximité. Les maires, en phase sur ce point avec les gilets jaunes, l’ont exprimé dans le cadre du grand débat organisé par l’exécutif. Celui-ci a pris des engagements. Nous pouvons lui en demander compte.

Vous l’avez compris : nous ne souhaitons pas voir la collectivité étendre son emprise sur l’économie locale au détriment des entreprises et de leurs emplois. En revanche nous pensons prioritaire de défendre des services publics actuellement menacés.

J’évoquerai deux situations appelant une mobilisation de notre part :

  • Les urgences du CHRU sont au bord de la crise de nerf. Il y a un problème national dont la ministre de la santé a déclaré vouloir le traiter d’ici l’automne. Mais sans attendre, des dispositions doivent être prises pour éviter la rupture cet été. J’ai saisi les directeurs généraux du CHRU et de l’ARS en vous tenant informé ainsi que le préfet. Notre groupe est prêt à s’associer aux démarches que vous pourriez entreprendre.
  • La réorganisation envisagée de la direction des finances publiques au détriment de Brest n’est pas acceptable. Vous savez notre engagement pour la défense du commerce et de l’emploi en centre-ville : cela suffirait à nous motiver. Mais il nous semble aussi que d’autres schémas d’organisation sont possibles pour combiner proximité avec les administrés et activité dans les villes petites ou moyennes.

On ne peut plus raisonner chacun dans son coin. Si l’on veut irriguer le territoire, offrir au maximum d’habitants un service public de qualité et de proximité et améliorer la qualité de la vie des agents, il faut que chaque institution, administration, mais aussi les grands employeurs acceptent de repenser leur organisation. La métropole est bien placée pour jouer un rôle moteur. Malheureusement, comme nous avons pu le constater dans le cadre de la concertation publique sur les déplacements, on fonce sur une réponse technique avant d’avoir évalué les besoins ni mis en œuvre les initiatives de nature à les modérer.

L’enquête Ménages Déplacements dont nous venons d’avoir les premiers éléments, nous livre des constatations intéressantes. Les débats sur la LOM et la mission d’information du Sénat sur la gratuité sont aussi l’occasion de visions prospectives. La qualité du service apparaît le critère majeur.

Au moment où le thème du changement climatique imprègne désormais toutes les politiques, l’avenir réside moins dans la multiplication des kilomètres de transports en commun que dans l’économie des déplacements urbains, tendance qui commence à s’observer y compris à Brest.

Au lieu de déménager les services publics offrons à leurs agents la possibilité de travailler à distance une partie de la semaine quitte à organiser des tiers lieux avec les communes petites et moyennes à l’échelle du pays. Les autres grands employeurs pourraient être associés à une telle démarche. On peut en attendre une économie du temps de transport, la préservation de l’environnement et de meilleures articulations entre vie professionnelle et familiale.

Le digital bouleverse nos sociétés : ne restons pas inertes à subir les chocs, utilisons ces nouveaux moyens au service de nos concitoyens. »