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Bernadette Malgorn : « Défendre Brest et respecter le choix des Brestois »

Le conseil de Brest Métropole s’est réuni en séance le 4 octobre 2019. En ouverture du conseil la présidente du Rassemblement pour Brest, Bernadette MALGORN est intervenue pour rendre hommage  au président Jacques CHIRAC, décédé il y a huit jours, en soulignant notamment ce qu’il a apporté à Brest.

Elle est également revenu sur la situation des services publics à Brest, la crise des Urgences du CHRU et la projet de réorganisation du centre des finances publiques qui risque à terme de faire perdre à Brest 250 à 300 emplois.

Troisième point évoqué par Bernadette MALGORN, les satellites de la Métropole et la pratique récurrente de l’équipe Cuillandre qui  consiste à tenter de verrouiller les délégations de service publique  ( jusqu’en  2029  et 2031) à 6 mois des prochains élections municipales.

Retrouver ci-après l’intervention de Bernadette MALGORN

Conseil de la Métropole – 4 octobre 2019

« Monsieur le Président, chers collègues,

Il y a huit jours disparaissait le président Jacques Chirac. Au-delà des sensibilités politiques, nombreux ont salué ses positions pour la paix dans le monde notamment en refusant  en 2003 d’aligner la France sur un engagement dans la guerre d’Irak. On se souvient aussi de son alerte sur l’avenir de la planète lors du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002.

Jacques Chirac avait eu occasion comme premier ministre de soutenir le dynamisme de notre agglomération par la Charte de développement économique de 1988[1]. Comme président de la République, il a voulu lutter contre la fracture sociale en engageant des politiques pour la rénovation urbaine dont Brest a largement bénéficié.

Monsieur le président, chers collègues,

Nous nous étions quittés, à l’issue du conseil de métropole du 28 juin dernier, sur un élan quasi-unanime pour défendre des services publics menacés sur notre agglomération.

J’évoquai deux situations appelant une mobilisation de notre part : la situation des urgences du CHRU de Brest et la réorganisation envisagée de la direction des finances publiques, au détriment du site de Brest.

J’indiquais que notre groupe, après avoir dialogué avec des personnels ou leurs représentants, prenait des initiatives auprès des autorités en charge des administrations hospitalière et des finances, tant à l’échelon central qu’au niveau déconcentré. Que nous étions prêts à nous associer aux démarches que vous pourriez entreprendre en engageant une action collective de notre assemblée. Celle-ci n’est pas venue et on peut le regretter.

Mais sans doute pouvez-vous aujourd’hui nous dire ce que vous avez entrepris auprès du gouvernement et ce qui vous a été dit.

De notre côté, j’ai saisi en juin et juillet derniers, les directeurs généraux du CHRU et de l’Agence régionale de Santé sur la situation des urgences. J’ai tenu à vous en informer. J’ai saisi également la ministre des solidarités et de la santé, Mme Buzyn. La ministre m’a répondu le 26 août dernier indiquant les mesures qu’elle entendait prendre, qui restent certes en deçà des attentes, et des besoins, des acteurs du secteur de l’urgence.

Malgré les annonces de la ministre sur des dotations budgétaires supplémentaires attendues par notre CHRU, je me demande ce que le président du conseil de surveillance de l’établissement pense des intentions du président de la métropole d’augmenter le versement transport. On pourra en reparler.

Sur le projet de réorganisation territoriale des services des finances publiques qui pourrait faire perdre à notre agglomération de 250 à 300 emplois, j’ai saisi le 2 juillet le ministre de l’action et de comptes publics, M. Darmanin, et la directrice départementale des finances publiques.

Je retiens dans la réponse que le ministre m’a adressée le 27 septembre que, je cite, «  cette carte ne constitue qu’une base de départ pour nourrir la concertation qui est en cours ». Le ministre poursuit « rien n’est donc décidé, et rien ne le sera sans que vous y ayez été associée ». Si cette assurance m’est adressée, il incombe au président de l’exécutif de porter la voix de notre agglomération pour un schéma d’organisation de ce service public conforme aux besoins de la population. Nous vous renouvelons notre disponibilité pour plaider avec vous cette défense.

Monsieur le président, chers collègues,

L’ordre du jour de notre séance propose à notre approbation les rapports annuels de nos représentants au conseil d’administration d’une dizaine de nos satellites. Cela nous permet, une fois l’an, de savoir a posteriori ce qui a été fait pour le compte de la collectivité dans les domaines de l’aménagement, de l’énergie et du traitement des ordures, de l’immobilier ou de la gestion d’équipements de sport ou de loisirs. Vous comprendrez que nous ne soyons pas enclins à vous donner blanc-seing.

Vous nous proposez aussi le renouvellement de délégations de service public concernant le Quartz et Océanopolis. Sans surprise, les rapports d’analyse des offres constatent sur ces deux dossiers qu’une seule offre recevable s’est présentée : celle de la société Brest’Aim. Pour le Quartz, c’est reparti jusqu’au 31 décembre 2029 et pour Océanopolis, jusqu’au 31 décembre 2031.

Une question : pourquoi cette absence de concurrence ? Ne vient-elle pas du sentiment, à tort ou à raison, chez les concurrents éventuels que les jeux sont faits d’avance ? Sans nier la compétence de Brest’Aim, un peu d’émulation ne ferait pas de mal.

Une remarque : comme par hasard, à la veille d’échéances électorales, sonne l’heure de décisions qui structurent l’action de la collectivité pour des lustres. Pour mémoire: le 20 janvier 2014, vous faites approuver la charte de la maison commune au conseil de communauté. Vous étiez tellement pressés que vous n’aviez même pris le temps de soumettre la question au conseil municipal de Brest. Rebelote en 2015 où l’on doit de toute urgence délibérer le 29 janvier sur un contrat de territoire avec le département, à la veille des élections départementales.

Monsieur le président,

Vous avez récemment déclaré que vous n’aviez pas d’héritier. Chacun sait mon attachement aux valeurs du service public. L’un des principes est la continuité du service public. Si les Brestois nous font confiance en mars prochain, nous assumerons l’héritage, tout l’héritage, depuis Richelieu jusqu’à vous en passant par Hyacinthe-Martin Bizet. Cela ne sert à rien de chercher à verrouiller.

Je vous remercie. »

[1] Jacques Chirac était venu à Brest le 5 février 1988 signer la Charte de développement économique avec Georges Lombard et Georges Kerbrat, dotant notre agglomération de grands équipements comme le Pont de l’Iroise, les établissements d’enseignement supérieur comme l’Enib, Isamor, les infrastructures de désenclavement aéroportuaires et routières …