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Sécurité, déontologie, patrimoine de la ville : les 6 ans d’immobilisme de l’équipe Cuillandre

A l’occasion  du conseil municipal de Brest du 10 octobre 2019, Bernadette MALGORN, présidente des élus Rassemblement pour Brest a pointé l’immobilisme et les incohérences de l’équipe Cuillandre  depuis le début du mandat  dans trois domaines :  la sécurité, la question de la déontologie et la gestion du patrimoine de la ville. Sur ces deux derniers points le problème est identique pour la métropole.

Nous publions ci-après son intervention :

« Monsieur le Maire, chers collègues,

Nos conseils sont depuis quelques mois le théâtre de discrètes conversions voire de troublants retournements de positions.

Faut-il y voir des prises de conscience sincères ou des effets de calendrier?

Sécurité

Au conseil du 23 avril dernier, c’était sur la sécurité et la tranquillité publique : des avancées autour de la médiation urbaine, de la protection judiciaire de la jeunesse, des rappels à l’ordre et ce que vous appeliez pudiquement renforcement de la protection des bâtiments et qui sont en fait des caméras rompant avec votre doctrine, monsieur le maire, qui nous répétiez ici que « les caméras ne courent pas après les délinquants ».

Vous avez été surpris que nous votions pour vos projets, même inaboutis. C’était un début. Pour nous, pas de surprise. Dans notre programme de 2014 et depuis lors nous n’avons cessé de plaider pour la création d’une police municipale et d’un système cohérent de vidéo-protection. Le statut des personnels et le cadre de convention avec l’Etat permet la meilleure coopération avec les services de police de l’Etat et le contrôle du procureur de la République.

Vos alliés d’hier ou d’aujourd’hui jugeaient ces dispositifs liberticides. Il est vrai qu’ils nécessitent un cadre juridique clair, une organisation rigoureuse et des contrôles. Les contrôles externes sont les meilleurs garants des libertés. C’est ce que vous n’avez pas su mettre en place à Brest.

Déontologie

Vous avez aussi refusé de laisser fonctionner les contre-pouvoirs qui pouvaient vous éviter des dérives comme celles de la gestion des indemnités des élus socialistes qui vous engluent dans des affaires judiciaires.

Après avoir refusé nos propositions de mission d’information pour essayer de tirer au clair ce qui pouvait l’être à notre niveau, voilà que vous nous proposez de nous associer à une démarche déontologique. Nous ne boudons pas l’exercice même si, là encore, il est loin de ce que nous proposons en termes de vitalité de la démocratie locale.

Patrimoine de la ville.

L’école Simone Veil sera inaugurée demain. Mme Gaelle Abily avait eu l’élégance de saluer la part que notre collègue Véronique Bourbigot avait prise dans cette dénomination en le suggérant dès la disparition de Simone Veil.

Je forme dès à présent le vœu que les services de la ville engagent une réflexion sur les lieux emblématiques, voie ou équipement municipal ou d’intérêt métropolitain auquel nous pourrions associer le nom du président Jacques Chirac, dont la disparition a donné lieu à un hommage quasi-unanime.

S’agissant de l’ex-école maternelle Lyon, vous allez proposer ce soir son déclassement, consécutivement au regroupement des écoles Lyon et Algésiras sur un seul site. Déclassement : pour quelle destination ? Nous avions suggéré une crèche quand vous avez fini par admettre que le site de l’Avenir ne convenait pas. Alors quel usage pour le site ?

Je pose cette question pour rappeler que si vous vendez des sites ou en acquérez d’autres, nous n’avons toujours pas d’inventaire du patrimoine (à la fois à la ville et à la métropole) que nous réclamons depuis 2014 ? Nous avons voté des crédits. Il nous a été annoncé et finira peut-être par arriver dans les dernières semaines du mandat municipal. Comment gérer proprement le patrimoine de la collectivité sans cet inventaire ?

Dans ce patrimoine, il y a aussi les équipements du Carré des Arts : le Musée, l’EESAB et le conservatoire.

Après six années de quasi immobilisme de votre part sur le Musée, il aura fallu attendre le legs de Monique Le Bras-Lombard pour vous entendre évoquer la nécessaire restructuration du musée comme nous le préconisons dans notre programme de 2014, comme le souhaitent aussi de longue date les Amis du Musée.

Et puis il y a les locaux de l’ex-médiathèque Neptune. Ma collègue Claudine Péron est intervenue à plusieurs reprises sur le sujet (conseil municipal du 29 mars 2018 et courriers des 15 juin et 20 juillet 2018) pour recommander, à l’instar des équipes de l’EESAB, la mise à disposition du site pour l’EESAB, afin d’assurer dans les meilleures conditions ses missions d’enseignement.

En 2018 la proposition de Claudine Péron était jugée par votre équipe irréaliste. Le 1er aout 2018, votre adjoint chargé du patrimoine lui adressait une fin de non-recevoir au motif que « dans un souci de bonne gestion du parc immobilier municipal, la ville a décidé la mise en vente de ce site » (signé Alain Masson). Et voici un revirement de plus. Ce qui était impossible il y a un an est donc aujourd’hui réalisable. On apprend d’ailleurs aujourd’hui, par un courrier de l’adjoint délégué à la culture, que « des analyses de faisabilité » incluant cette hypothèse étaient engagées depuis avril 2018. Alors pourquoi nous écrire le contraire en août 2018 ?

Cela relève soit d’un manque de coordination, soit d’une tromperie délibérée. De telles méthodes abîment la démocratie locale : elles ne doivent plus avoir cours.

Monsieur le maire, chers collègues,

Faut-il nous attendre, ce soir ou dans les semaines à venir, à vos repentirs sur le site de l’Avenir ? »